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Moyen-Orient - Dans La Presse

Luna Chebel « creusait sa propre tombe » : nouvelles révélations sur la mort trouble de l'ex-conseillère d’Assad

Liaison amoureuse avec l'ex-dictateur syrien, espionnage... une enquête de « The Observer » revient sur les rumeurs qui circulent et apporte de nouveaux éléments en faveur de la thèse de l'assassinat.

Luna Chebel « creusait sa propre tombe » : nouvelles révélations sur la mort trouble de l'ex-conseillère d’Assad

Luna Chebel, à l'occasion de sa participation à la délégation du régime Assad à la conférence Genève II, en janvier 2014. Photo Philippe Desmazes/AFP

Une liaison amoureuse présumée avec Bachar el-Assad, une rivalité féroce avec son épouse Asma, des menaces de révéler les secrets du palais, des soupçons d’espionnage au profit d’Israël... Plus de deux ans après la mort de Luna Chebel, ancienne conseillère spéciale du dictateur syrien déchu, une enquête publiée dimanche par l’hebdomadaire britannique The Observer apporte de nouveaux éléments sur la spectaculaire disgrâce de celle qui fut longtemps au cœur du système Assad, et les circonstances troubles de sa mort le 5 juillet 2024, dans un accident de voiture près de Damas.

Les éléments du journal renforcent l’hypothèse selon laquelle la mort de l’ancienne figure de la propagande du régime syrien n’aurait rien eu d’accidentel. Une issue que certains, dans l’entourage du pouvoir syrien, auraient même pressentie plusieurs mois auparavant. « Nous attendions l’annonce de son assassinat », confie à The Observer une source anonyme proche des cercles de l’ancien régime, tout en ajoutant que Luna « creusait sa propre tombe. »

C’est sur les circonstances mêmes de la mort de l’ancienne présentatrice vedette d’al-Jazeera que l’enquête apporte de nouveaux éléments : un témoin arrivé sur les lieux quelques instants après l’accident, affirme à The Observer que les traces observées sur le véhicule semblaient indiquer que celui-ci avait été « volontairement percuté » et « poussé hors de la chaussée ». Plus troublant encore, l’escorte chargée de la sécurité de Luna Chebel aurait été retardée dans la circulation au moment des faits, selon ce témoin.

Un téléphone dans une poubelle

The Observer dit avoir pu consulter une radio cérébrale de la victime, réalisée à l’hôpital al-Chami de Damas le jour même. Selon le journal, celle-ci semble compatible avec un traumatisme provoqué par un objet contondant plutôt qu’avec une lésion cérébrale résultant de l’accident. Un autre élément reste inexpliqué : le téléphone personnel de la conseillère spéciale aurait ensuite été retrouvé jeté dans une poubelle, tandis qu’un second appareil, utilisé pour son travail, aurait disparu et ne figurait pas parmi les effets personnels apportés à l’hôpital. L’hebdomadaire britannique affirme également avoir visionné une vidéo montrant le chauffeur de Luna Chebel et les membres de son escorte être emmenés hors de l’établissement, menottés, par des agents des renseignements syriens.

La thèse d’un assassinat n’est pas nouvelle. The Observer revient notamment sur un sujet qui alimentait depuis longtemps les rumeurs dans les cercles du pouvoir syrien : la nature de la relation entre Luna Chebel et Bachar el-Assad. Selon Ibrahim Hamidi, journaliste syrien cité par l’hebdomadaire, « ils entretenaient une relation sexuelle intime. Elle était sa petite amie ». Cette dernière se serait également accommodée de « l’appétit sexuel du président » et aurait été chargée de lui « amener des filles », assure le journaliste syrien. Des allégations corroborées par Amira, – un pseudonyme –, une ancienne employée du bureau de la Première dame, Asma el-Assad.

« Je suis la vraie Première dame »

À mesure que la conseillère se rapprochait du président, ses rapports avec la Première dame se seraient en revanche considérablement détériorés. Abdo al-Dabbagh, cousin d’Asma el-Assad, décrit au journal britannique une situation devenue intenable : « Imaginez : vous êtes assise avec votre mari et sa maîtresse et vous ne pouvez rien faire contre elle. »

Quelque soit la nature exacte de sa relation avec Bachar el-Assad, la protection dont bénéficiait Luna Chebel semble s’être progressivement érodée. Selon l’enquête, sa marginalisation aurait commencé au début de l’année 2023. Elle aurait alors commencé à menacer l’entourage d’Assad, affirmant « tout savoir » et être prête à parler. Elle aurait même dit : « Je suis la vraie Première dame. »

Luna Chebel aurait également été soupçonnée par l’Iran, soutien d’Assad, d’être une espionne, écrit The Observer. « Elle en savait trop sur tout », dit Ibrahim Hamidi à l’hebdomadaire. Le 1er avril 2024, une frappe israélienne contre le consulat iranien de Damas tue sept membres des gardiens de la révolution. Le frère de Luna Chebel, général syrien, et son épouse, sont alors arrêtés, renforçant les soupçons autour de l’ex-conseillère.


Une liaison amoureuse présumée avec Bachar el-Assad, une rivalité féroce avec son épouse Asma, des menaces de révéler les secrets du palais, des soupçons d’espionnage au profit d’Israël... Plus de deux ans après la mort de Luna Chebel, ancienne conseillère spéciale du dictateur syrien déchu, une enquête publiée dimanche par l’hebdomadaire britannique The Observer apporte de nouveaux éléments sur la spectaculaire disgrâce de celle qui fut longtemps au cœur du système Assad, et les circonstances troubles de sa mort le 5 juillet 2024, dans un accident de voiture près de Damas.Les éléments du journal renforcent l’hypothèse selon laquelle la mort de l’ancienne figure de la propagande du régime syrien n’aurait rien eu d’accidentel. Une issue que certains, dans l’entourage du pouvoir syrien, auraient...
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