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Moyen-Orient - Frappes Sur Abou Dhouhour

Netanyahu affirme qu'Israël a envoyé un message « clair » à la Turquie, Ankara dément toute présence militaire en Syrie

Tel-Aviv n'avait « aucune justification légitime » pour bombarder la base aérienne d'Abou Dhouhour, selon le chef de la diplomatie syrienne, qui confirme que des officiers turcs s'y étaient rendus « dans le cadre d'entraînements. »

La base d'Abou Dhouhour, en Syrie, le 18 août 2026. Photo REUTERS / Stringer

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, s’est prévalu mercredi d'avoir « clairement » signifié à la Turquie qu'elle ne devait pas installer une base en Syrie, reconnaissant implicitement une frappe ayant visé la veille un aéroport militaire dans le pays voisin. Dans le même temps, le chef d'état-major israélien, le général Eyal Zamir, s'est rendu auprès de troupes occupant un secteur du sud de la Syrie, déclarant que l'armée ne laisserait aucune « force hostile s'implanter » à la frontière syrienne.

« Nous ne tolérerons pas un enracinement militaire turc progressant vers le sud, car cela nous menace », a déclaré M. Netanyahu dans un entretien diffusé par la radio de l'armée. Il a affirmé qu'Israël avait d'abord envoyé un message « en termes généraux » contre une présence militaire turque sur un aérodrome près d’Alep, proche de la frontière turque. « Apparemment, ils ne l'ont pas entendu, alors nous nous sommes assurés qu’ils le comprennent plus clairement », a-t-il dit, au lendemain du bombardement par Israël de la base aérienne d'Abou Dhouhour, dans la province syrienne d'Idleb (nord-ouest). Sans revendiquer explicitement cette frappe, le bureau de M. Netanyahu avait d'abord affirmé qu' « Israël avait mis en garde à plusieurs reprises la Syrie » contre un déploiement militaire turc, « qui constituerait une menace pour la sécurité d'Israël », mais que Damas avait « choisi d'ignorer ces avertissements ».

Dans la même veine, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a déclaré que le président turc Recep Tayyip Erdogan « entraînait la Turquie dans des aventures dangereuses en Syrie » et que son pays ne « permettrait à aucune entité de menacer sa sécurité », dans un message publié sur X, repris par Reuters.

« Une escalade peut survenir sur n'importe quel front »

« Nous surveillons l'évolution de la situation sur le front syrien. Nous ne laisserons pas des forces hostiles s'implanter à nos frontières et saurons utiliser nos capacités opérationnelles précisément, où et quand il le faudra », avait pour sa part déclaré la veille le général Zamir, depuis la Syrie. Israël a lancé des centaines de frappes contre la Syrie depuis le renversement, en décembre 2024, du président Bachar el-Assad par une coalition de groupes islamistes. Il a aussi déployé des troupes dans la zone tampon placée sous surveillance de l'ONU qui séparait les forces des deux pays sur le plateau du Golan, occupé par Israël depuis 1974, affirmant vouloir y maintenir une « zone de sécurité ». « Nous sommes toujours engagés dans une guerre sur plusieurs fronts (...) une escalade peut survenir sur n'importe lequel d'entre eux, et nous devons rester en permanence prêts », a ajouté le général Zamir.

La Turquie, qui entretient des relations exécrables avec Israël depuis la guerre à Gaza, a rejeté ces allégations, niant tout projet de déploiement de troupes en Syrie et toute présence militaire de sa part sur l'aéroport syrien visé mardi. « Nous affirmons qu'il n'y avait aucune délégation militaire turque sur la base aérienne avant ou pendant l'attaque menée par Israël », a déclaré à la presse un responsable du ministère turc de la Défense. En retour, Ankara a prévenu jeudi qu'il continuera « résolument » de protéger l'intégrité et la souveraineté de la Syrie. En revanche, la présidence turque a tenu à préciser qu'elle n'envisageait pas de riposte et qu'Ankara « ne tombera pas dans le piège » tendu par le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu. « Nous sommes suffisamment expérimentés pour ne pas tomber dans le piège de personnages comme Netanyahu, qui visent à saper la paix et la stabilité dans notre région » affirme le directeur de la communication de la présidence, Burhanettin Duran, dans un entretien à l'agence étatique Anadolu. M. Duran dénonce les calculs politiques de M. Netanhyahu : ce dernier, estime-t-il, en accusant la Turquie, « s'accroche à cette position irrationnelle en raison des élections à venir, des tensions politiques internes et des craintes. Il perçoit l'hostilité envers la Turquie comme une bouée de sauvetage politique » ajoute-t-il.

La souveraineté de la Syrie

Le contre-amiral Zeki Akturk, conseiller de presse du ministère de la défense, a, lui, dénoncé les frappes qui « visent à attenter à la stabilité, à la sécurité, à l'unité et à l'intégrité de la Syrie ». « Dans ce contexte, nous poursuivrons résolument nos efforts pour protéger la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie », a-t-il prévenu.

De son côté, le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad Chaïbani, a accusé mercredi soir Israël de n'avoir « aucune justification légitime » pour avoir bombardé la base. Il a ajouté que des officiers turcs s’étaient rendus sur la base dans le cadre d’entraînements et d’une coopération militaire plus large, confirmant des informations de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), ONG basée au Royaume-Uni et disposant d'un vaste réseau de sources en Syrie, selon lesquelles une délégation militaire turque s'était récemment rendue à l'aéroport « dans le cadre des efforts en cours visant à le remettre en service ». M. Chaïbani a encore démenti tout renforcement de la présence militaire turque en Syrie. Le chef de la diplomatie syrienne a encore souligné que l'infrastructure était en grande partie vide et n'est pas encore opérationnelle.

L'ambassadeur des Etats-Unis en Turquie, Tom Barrack, également envoyé spécial du président américain en Syrie, a condamné les frappes, accusant Israël d' « escalade inutile ».

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, s’est prévalu mercredi d'avoir « clairement » signifié à la Turquie qu'elle ne devait pas installer une base en Syrie, reconnaissant implicitement une frappe ayant visé la veille un aéroport militaire dans le pays voisin. Dans le même temps, le chef d'état-major israélien, le général Eyal Zamir, s'est rendu auprès de troupes occupant un secteur du sud de la Syrie, déclarant que l'armée ne laisserait aucune « force hostile s'implanter » à la frontière syrienne.« Nous ne tolérerons pas un enracinement militaire turc progressant vers le sud, car cela nous menace », a déclaré M. Netanyahu dans un entretien diffusé par la radio de l'armée. Il a affirmé qu'Israël avait d'abord envoyé un message « en termes généraux »...
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