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Moyen-Orient - point actu

Point de 13h : Salam à Nabatiyé ; 10 000 troupes US supplémentaires en route pour le Moyen-Orient


Point de 13h : Salam à Nabatiyé ; 10 000 troupes US supplémentaires en route pour le Moyen-Orient

Le Premier ministre Nawaf Salam devant le Sérail de Nabatiyé, au Liban-Sud, lors d'une visite dans la ville le 2 octobre 2026. Photo publiée sur le compte X du Grand Sérail

L'info du jour

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam effectuait vendredi une tournée dans la région de Nabatiyé, dans le sud du Liban, à quelques kilomètres de la « zone tampon » occupée et dans un secteur qui reste quotidiennement la cible de frappes et de destructions de l'armée israélienne. À l'occasion de son troisième déplacement à Nabatiyé depuis sa prise de fonctions en février 2025, M. Salam a notamment annoncé le lancement de plusieurs projets de réhabilitation des infrastructures détruites par les bombes israéliennes au cours de la guerre, tout en concédant que l'État ne pourra assumer seul le coût du chantier colossal de la reconstruction, estimé à près de 27 milliards de dollars.

« Je suis ici aujourd’hui pour réaffirmer le retour des institutions de l’État à leur fonctionnement normal, et que la sécurité dans le Sud est la condition essentielle au retour des habitants », a déclaré le chef du gouvernement, avant de poser la première pierre du nouveau quartier général de la Défense civile de la ville, rasé par un bombardement israélien en mai 2026, de rendre visite aux unités de gendarmerie de Kfar Joz ou encore de rencontrer l'imam de la ville. Parallèlement, des habitants de la localité voisine de Nabatiyé el-Faouqa ont profité du calme relatif dans la zone pour inspecter leur village, que les Israéliens contrôlent par le feu.

Pourquoi c'est important

Après avoir enchaîné les rencontres diplomatiques pendant deux semaines aux États-Unis, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies, afin de mobiliser le soutien international pour le renforcement de l'armée et la reconstruction, M. Salam s'est ainsi rendu vendredi dans le Sud accompagné des ministres des Finances, Yassine Jaber, et de l'Intérieur, Ahmad Hajjar. Il s'est également entretenu avec des habitants venus l'interpeller dans les rues de Nabatiyé. Sans être venu « vendre des illusions », selon ses dires, il les a assurés avoir porté leurs « besoins et préoccupations » à la connaissance des partenaires internationaux du Liban au cours de son séjour à New York et Washington.

Cette tournée s'inscrit aussi, note-t-on, dans la volonté des autorités de montrer leur engagement vis-à-vis du Sud, où elles doivent désarmer le Hezbollah, alors que la crainte d'une nouvelle escalade israélienne continue de planer sur le pays. Depuis la prise et la démolition par Israël d'infrastructures du Hezbollah sous la colline de Ali Taher, qui surplombe la région de Nabatiyé, plusieurs décisions ont été prises pour renforcer la présence de l’État dans cette ville, avec notamment des déploiements sécuritaires et militaires, ainsi que l'annonce de la réouverture prochaine du palais de Justice local.

Ce sur quoi il faut garder un œil

Les tensions continuent de gronder au Moyen-Orient. Un tanker a été pris pour cible par des tirs vendredi matin alors qu'il traversait le détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO, après un mois d'accalmie dans le Golfe, où les États-Unis n'ont pas frappé l'Iran depuis le 1er septembre. Dans le même temps, Washington s’apprête à renforcer considérablement sa présence militaire autour de l'Iran. Dans le sillage du déploiement d’un troisième porte-avions, l'USS Theodore Roosevelt, vers le Moyen-Orient, l'armée américaine a entamé l'envoi de jusqu’à 10 000 militaires supplémentaires, dont plusieurs unités de Marines à bord du groupe amphibie USS Makin Island, rapporte le Wall Street Journal. De quoi porter à près de 60 000 le nombre de militaires américains stationnés dans la région, précise le média, qui indique que l'arrivée de ces troupes et bâtiments supplémentaires est prévue pour fin novembre, soit au moment où Donald Trump menace de reprendre les bombardements, après les élections de mi-mandat aux États-Unis.

Selon des sources du Pentagone citées par le WSJ, cette concentration massive de forces doit permettre au président américain de disposer d’un éventail plus large d’options « sur la table » face à l’Iran, quelle que soit l’issue des discussions avec Téhéran.

Dans le reste de l'actualité

  • Le Liban-Sud a été au centre d'une réunion du président Joseph Aoun, qui a reçu une délégation de Deir Mimas, village chrétien, toujours habité malgré qu'il soit situé dans la zone d'occupation. M. Aoun a salué lors de cette rencontre leur « attachement » à leurs terres, qui illustre un « acte de foi dans le Liban et un noble message national ». « La présence persistante des habitants dans les villages frontaliers constitue la première ligne de défense de la souveraineté », a-t-il insisté, affirmant que l'Etat les « protégera et n’abandonnera aucun pouce de votre territoire. »
  • L'Arabie saoudite a accusé les houthis d'avoir attaqué la ville sainte de Médine, après des frappes saoudiennes contre Sanaa, la capitale du Yémen. Cette attaque de drone contre la ville sainte de l'islam, près de la mosquée contenant le tombeau du prophète Mahomet, a suscité une vague d'indignation à travers le monde musulman et la région. Le ministère libanais des Affaires étrangères a « condamné l'attaque de drone de la milice houthie sur une station électrique de Médine ».
  • La compagnie israélienne El Al a annoncé l'annulation de ses vols prévus vendredi pour rapatrier des Israéliens bloqués à Dubaï, après la suspension des liaisons de la compagnie émiratie Flydubai, appliquée à la suite du déroutage d'un de ses avions en route vers Tel-Aviv.
  • Le dirigeant d'un parti arabe israélien, Sami Abou Chehadeh, a été contraint d'annoncer le retrait de sa candidature aux élections législatives qui se tiendront le 27 octobre en Israël, après des pressions en ce sens de la Cour suprême israélienne.


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