L'ancien ministre Amine Salam. Photo Dalati et Nohra
La première juge d’instruction de Beyrouth, Roula Osman, a émis jeudi son acte d’accusation contre l'ancien ministre de l'Économie Amine Salam, son frère Karim, ainsi qu’Elie Abboud, qui dirigeait le syndicat des comptables agréés, pour détournement de fonds, gaspillage de fonds publics, faux et usage de faux, chantage, pots-de-vin et enrichissement illicite. La juge a demandé qu’ils soient déférés devant la cour criminelle.
Amine Salam est notamment soupçonné d’avoir conclu des contrats avec des entreprises étrangères pour des montants exorbitants en comparaison des services rendus au ministère de l’Économie et d’avoir utilisé à des fins personnelles des fonds de la Caisse de cotisations des sociétés d’assurances, placée sous sa tutelle. M. Salam avait rejeté à plusieurs reprises ces accusations, affirmant, en mai 2025, à L’Orient-Le Jour, que ces fonds « ont été affectés au paiement des salaires des employés du ministère », dans un contexte de crise financière à partir d’octobre 2019.
S’agissant de soupçons portant sur des faits criminels, le dossier doit d’abord passer d’office devant la chambre d’accusation qui, selon l’avocat des frères Salam, Samer Hajj, décidera soit d’un non-lieu – auquel cas ils ne seront pas déférés devant la cour criminelle –, soit de retenir certains ou l’ensemble des chefs d’accusation et de les renvoyer devant la cour criminelle.
Amine Salam avait été placé en détention préventive entre juin et décembre 2025, avant d’être libéré sous caution d’un montant équivalant à 100 000 dollars. Son frère avait été arrêté en avril 2025 et déféré devant la cour criminelle de Beyrouth pour chantage contre une société d’assurance. La cour avait accepté, en décembre, sa remise en liberté tout en poursuivant le procès, qui n’est pas encore arrivé à son terme. Son implication actuelle concerne le dossier plus large portant sur les chefs d’accusation cités plus haut.
Un quatrième mis en cause, Fadi Tamim, conseiller d’Amine Salam, a bénéficié d’un non-lieu prononcé par Roula Osman, mais le parquet a fait appel de la décision de la magistrate. Son sort sera décidé par la chambre d’accusation.