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Dernières Infos - Syrie

« Ils perdent leur temps dans des amourettes » : une école de Damas sépare les filles des garçons


Des personnes à l'entrée de l'Institut Laïque, connu localement sous le nom d'Institut Al-huriya, à Damas le 5 juillet 2026. Photo LOUAI BESHARA / AFP

Un établissement de renom de Damas, où le président déchu Bachar el-Assad a fait ses études, a décidé de séparer les filles des garçons à partir du collège, ravivant les craintes d'une islamisation de la société syrienne.

Dans un communiqué mis en ligne sur Facebook lundi, la direction de l'Institut Al-Hurriya a annoncé que dans « l'intérêt des élèves », « les garçons et les filles avaient été séparés au sein de l'établissement ». Elle a précisé que des salles de classe et des cours de récréation distinctes avaient été aménagées, à l'exception du primaire. Le ministère de l'Education, dont relève l'établissement, n'a pas commenté.

Dans une publication ultérieure, la direction a justifié cette décision par « de nombreux problèmes » liés « au harcèlement et à l'intimidation des filles », ainsi que par une baisse des résultats scolaires après que « de nombreux garçons et filles ont perdu leur temps dans des amourettes ». Elle a également évoqué des disputes dont certaines auraient dégénéré en « violences graves » pour des motifs de jalousie. L'école ajoute enfin que la proportion de filles par rapport aux garçons a baissé, alors que des élèves ont été transférées vers d'autres établissements.

Ouvert en 1925, du temps du mandat français, par la Mission laïque, l'ancien lycée franco-arabe a formé l'élite syrienne et a même accueilli Bachar el-Assad, le président renversé en décembre 2024 par une coalition islamiste. Au milieu des années 1960, l'établissement, comme les autres écoles étrangères, avait été nationalisé par le parti Baas qui avait pris le pouvoir et rebaptisé Al-Hurriya (la liberté). Il avait ensuite brièvement pris le nom de Bassel el-Assad, frère aîné de Bachar el-Assad, décédé dans un accident de voiture en 1994.

La décision de l'établissement a suscité un vif débat sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes défendant la séparation entre garçons et filles au nom des préceptes islamiques, et d'autres exprimant la crainte d'une influence croissante des courants religieux conservateurs avec la prise de pouvoir des islamistes.

Interrogée par l'AFP en marge d'une rencontre à laquelle elle participe à Rome, la ministre syrienne des Affaires sociales et du Travail Hind Kabawat s'est élevée contre cette décision de l'école qu'elle a elle-même fréquentée. « Ce n'est pas bien, ils ne devraient pas le faire. Les gens qui ne veulent pas que leurs filles et leurs garçons soient dans la même classe peuvent aller dans d’autres écoles », a dit la ministre, seule femme et seule chrétienne du gouvernement de transition dirigé par le président Ahmad el-Chareh.

En avril 2025, la direction de l'hôpital al-Mouwassat, à Damas, avait décidé de séparer les hommes et les femmes dans les bus transportant le personnel, avant de revenir sur cette décision face aux protestations.

Dans un communiqué commun publié le mois dernier, quatre organisations féministes et de la société civile avaient critiqué de récentes décisions des nouvelles autorités, estimant qu'elles avaient « restreint les libertés individuelles et publiques et imposé des formes de tutelle sociale, qui ont particulièrement affecté les femmes ».

Un établissement de renom de Damas, où le président déchu Bachar el-Assad a fait ses études, a décidé de séparer les filles des garçons à partir du collège, ravivant les craintes d'une islamisation de la société syrienne.Dans un communiqué mis en ligne sur Facebook lundi, la direction de l'Institut Al-Hurriya a annoncé que dans « l'intérêt des élèves », « les garçons et les filles avaient été séparés au sein de l'établissement ». Elle a précisé que des salles de classe et des cours de récréation distinctes avaient été aménagées, à l'exception du primaire. Le ministère de l'Education, dont relève l'établissement, n'a pas commenté.Dans une publication ultérieure, la direction a justifié cette décision par « de nombreux problèmes » liés « au harcèlement et à...