Saisie de substances utilisées pour la fabrication de drogue à Baalbeck. Photo d’archives armée libanaise
Le parquet du Mont-Liban a démantelé, la semaine dernière, un réseau de trafic de drogue présumé, dirigé depuis la Belgique par un ressortissant belge d’origine palestinienne, a indiqué, lundi, une source sécuritaire à L’Orient-Le Jour.
Ce dernier, qui se serait rendu plus d’une fois au Liban pour coordonner les activités clandestines de l’organisation, serait actuellement hors du territoire libanais, selon plusieurs médias. Le procureur général près la Cour de cassation, Ahmad Rami el-Hajj, devait constituer un dossier judiciaire en vue de demander un mandat d’arrêt international à son encontre. D’après nos informations, le directeur présumé du réseau serait également à la tête d’une société spécialisée dans l’événementiel.
La source sécuritaire interrogée a également indiqué à L’OLJ que le réseau suspect avait installé des laboratoires de fabrication de substances stupéfiantes dans des locaux situés à Bchémoun (caza de Aley). L’unité d’investigation au sein des Forces de sécurité intérieure (FSI) y a saisi des fioles et diverses matières narcotiques, ainsi que des équipements utilisés dans les différentes étapes de transformation, notamment pour convertir certaines matières à l’état solide ou végétal en produits liquides destinés à être consommés au moyen de cigarettes électroniques. Des équipements servant au conditionnement et à l’emballage des produits auraient également été saisis. La source précitée affirme que des bouteilles d’alcool importées ont de même été découvertes, à l’intérieur desquelles des produits utilisés dans la fabrication de substances stupéfiantes auraient été dissimulés.
L’organisation suspecte occupait, en outre, plusieurs appartements dans un quartier résidentiel d’Achrafieh (Beyrouth), à proximité de l’Hôtel-Dieu de France. Ces logements auraient servi à entreposer des matières très dangereuses, destinées à être distribuées et commercialisées sur le marché clandestin interne. Parmi ces substances figureraient du LSD, de la marijuana et du haschisch, indique la source interrogée, soulignant que tous les locaux perquisitionnés ont été placés sous scellés.
La même source évoque des ramifications présumées du réseau dans plusieurs régions, notamment à Hazmieh, à Mazraa et dans le Metn, affirmant que les investigations ont conduit à plusieurs arrestations dans le cadre de cette affaire, sans être en mesure, à ce stade, d’en préciser le nombre exact. Parmi les personnes appréhendées figurerait notamment un ancien infirmier qui avait été licencié d’un poste qu’il occupait dans un établissement d’Achrafieh, après avoir été soupçonné d’y avoir dérobé un produit anesthésiant. Plusieurs femmes auraient également été arrêtées. La majorité des personnes interpellées sont instruites et maîtrisent notamment la langue anglaise, ajoute la source interrogée.
Ces derniers temps, la lutte contre le trafic de drogue est intensifiée, notamment sous la pression des pays du Golfe, en particulier l’Arabie saoudite. En juin dernier, l’armée avait perquisitionné une usine de fabrication de drogues et quatre fourgons aménagés en laboratoires mobiles. En septembre 2025, elle avait annoncé la saisie d’environ 64 millions de comprimés de Captagon dans la Békaa, soulignant qu’il s’agissait de l’une des plus importantes opérations jamais menées contre cette substance au Liban.


