Le président libanais Joseph Aoun (au centre), est entouré du garde des Sceaux, Gérald Darmanin et du ministre libanais de la Justice, Adel Nassar. Photo fournie par la présidence libanaise.
En visite à Beyrouth pour renforcer la coordination judiciaire entre la France et le Liban, le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, a insisté lors de ses réunions avec les dirigeants sur l'importance des réformes « courageuses » entreprises par le gouvernement de Nawaf Salam, estimant qu'elles sont « essentielles pour renforcer l'indépendance et la souveraineté du Liban ».
Lors d'une réunion avec le président libanais, Joseph Aoun, M. Darmanin a salué les réformes entamées par la justice et notamment l'abolition de la peine de mort, votée en août. Il a souligné que Paris est prêt à accompagner le Liban dans le « courageux processus de réforme » qu’il a choisi. Il a dans ce cadre estimé que ces réformes constituent une « condition essentielle au renforcement de l’indépendance et de la souveraineté du Liban. »
De son côté, le président Aoun a salué le soutien « constant » de la France au Liban, et notamment les « sacrifices des soldats français engagés au sein de la Force intérimaire de l'ONU dans le Sud », dont deux ont été tués dans des attaques au cours de la dernière escalade entre le Hezbollah et Israël. Il a affirmé que le ministère de la Justice « suit ce dossier en coopération avec la justice militaire. » Il a vivement condamné les attaques israéliennes des trois derniers jours sur la région de Nabatiyé, estimant qu'elles « sapent » les efforts pour un cessez-le-feu durable et qu'elles ne permettront pas de protéger les citoyens israéliens.
Pour sa part, le ministre libanais de la Justice, Adel Nassar, a évoqué la question de la double explosion du 4 août 2020 au port de Beyrouth, rappelant que l'enquête du juge d'instruction près la cour de justice, Tarek Bitar, a été transmise au parquet général près la Cour de cassation, afin qu'il présente ses réquisitions, avant la publication de l'acte d'accusation. « Nous nous attendons à ce que cette étape soit achevée au cours du mois d’octobre, ou à la fin du mois de septembre », a-t-il indiqué.
M. Darmanin a également été reçu par le Premier ministre, Nawaf Salam, et le chef du Législatif, Nabih Berry, à Aïn el-Tiné. « Les discussions ont porté sur la situation générale au Liban et dans la région, ainsi que sur les relations bilatérales entre le Liban et la France. », s’est contentée de dire l’Agence nationale d’information (Ani), sans plus de précisions. Dimanche soir, à son arrivée à Beyrouth, le garde des Sceaux avait indiqué sur X que sa visite avait pour objectif de développer la coopération judiciaire entre la France et le Liban dans la lutte contre la délinquance économique et financière et dans la lutte contre le terrorisme. Il a ajouté que sa présence au Liban visait aussi à « soutenir le Liban « pays frère » dans ses projets de réformes judiciaires dans ce contexte difficile ». « Il s’inscrit dans la suite des travaux engagés par le président de la République française pour soutenir et aider le Liban », a-t-il souligné. La coopération judiciaire entre la France et le Liban « se décline aussi en matière civile et dans la formation des professionnels du droit. A cette fin, plusieurs réunions de travail se tiendront avec mon homologue libanais et ami Adel Nassar à la suite de ses deux déplacements à Paris » a encore noté M. Darmanin.
Le ministre français de la Justice doit encore s'entretenir avec des membres de la société civile libanaise.


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