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Politique - Décryptage

« Contrôle opérationnel » de Ali Taher : une victoire symbolique pour Netanyahu ?


Le silence assourdissant du Hezbollah au sujet de ce qui s’est passé dans les hauteurs de Ali Taher soulève de nombreuses questions, aussi bien dans les milieux politiques que chez les experts militaires. La formation, si prompte en général à publier des communiqués pour exprimer ses positions, s’est cette fois abstenue de faire le moindre commentaire, ni pour confirmer la chute de ce lieu entre les mains des Israéliens ni pour la démentir. Et ce silence constitue en lui-même une énigme sujette à diverses interprétations.

Il y a ainsi, d’une part, ceux qui y voient une confirmation indirecte de la chute de ce site, considéré comme stratégique, et, d’autre part, ceux qui, au contraire, sont convaincus que le fait de ne rien dire est une façon de montrer que l’épisode Ali Taher n’est pas encore clos et qu’il faudrait donc s’attendre à d’autres développements. Il y a aussi ceux qui considèrent que le silence du Hezbollah est une façon indirecte de minimiser l’importance de la prise de cette colline, en souhaitant vivement passer à une autre actualité.

Une source diplomatique arabe s’arrête ainsi sur les termes choisis par le Premier ministre israélien pour qualifier la situation à Ali Taher, lorsqu’il a parlé d’un « contrôle opérationnel » israélien sur ce secteur. Pour la source précitée, le contrôle opérationnel est donc moins qu’un contrôle total et, en tout cas, il ne s’agit pas d’une occupation de ce secteur, sinon Netanyahu aurait utilisé un terme plus précis comme celui de « la chute » de Ali Taher entre les mains de l’armée israélienne.

En tout cas, les indicateurs sur le terrain montrent que ce secteur n’est pas encore totalement sous le contrôle des Israéliens, puisque depuis la déclaration de Netanyahu, les bombardements s’y poursuivent. Toujours selon la source diplomatique arabe, en réalité, Ali Taher n’est pas une simple colline mais des hauteurs qui s’étendent sur plusieurs kilomètres. Sans oublier les tunnels creusés dans leurs entrailles par le Hezbollah. C’est pourquoi on peut difficilement parler d’un contrôle total. Cette source affirme aussi que les Israéliens auraient ainsi découvert huit tunnels et qu’ils auraient déjà détruit les ouvertures de deux d’entre eux. Mais il y en a probablement bien plus, et le processus pour aboutir à un contrôle total peut prendre beaucoup de temps, d’autant que les Israéliens ne savent pas vraiment ce qu’ils peuvent trouver et si les combattants du Hezbollah ont réellement quitté les lieux, ou au contraire s’ils leur préparent des pièges.

Que s’est-il donc passé pour que ce changement ait pu se produire sans les combats féroces auxquels de nombreux médias s’attendaient ? La source diplomatique arabe précitée parle d’un compromis qui aurait été négocié par le Qatar en particulier, avec la contribution d’autres partenaires arabes et régionaux. Les Américains ne sont pas opposés à ce que Benjamin Netanyahu puisse marquer un point militairement, mais à condition que cela ne pousse pas à un élargissement de la confrontation, notamment à l’entrée en guerre des Iraniens. Ceux-ci avaient en effet envoyé des messages clairs selon lesquels la prise de Ali Taher par les Israéliens entraînerait forcément une intervention militaire de leur part dans les combats, un peu comme cela s’était passé en juin, lorsque les Israéliens avaient bombardé la banlieue sud de Beyrouth, provoquant une riposte de la part des Iraniens contre le Nord israélien. Un scénario que l’administration de Donald Trump voudrait éviter, surtout à la veille des élections de mi-mandat aux États-Unis.

De même, les Iraniens ne souhaitent pas vraiment un élargissement de la confrontation, même s’ils se sentent tenus d’intervenir si le Hezbollah est dans une situation très critique. L’idée aurait donc été avancée de permettre aux Israéliens de marquer un point sans qu’il s’agisse pour autant d’un contrôle total des hauteurs de Ali Taher, qui serait bien plus difficile à réaliser. C’est ainsi que « le contrôle opérationnel » a été trouvé, et il ne devrait pas nécessiter de riposte de la part de l’Iran. La confrontation resterait donc limitée au Sud, entre les protagonistes traditionnels, à savoir l’armée israélienne et le Hezbollah.

Ce compromis tacite et indirect serait en réalité, selon la même source, la raison du silence du Hezbollah. Mais cela ne signifie pas que l’histoire de Ali Taher s’arrête là. La suite dépendra en fait de la position qu’adoptera Netanyahu. Ce dernier va-t-il se contenter de cet « acquis » et essayer de l’exploiter lors des élections israéliennes prévues le 27 octobre ? Ou bien compte-t-il profiter de ce premier compromis pour avancer vers d’autres hauteurs, au mont Rihane par exemple, et consolider ainsi ses acquis sur le terrain ? La source diplomatique précitée affirme être convaincue que les confrontations actuelles demeurent encadrées.

Netanyahu n’a pas totalement les coudées franches au Liban, car il y a encore le frein américain, qui cherche à éviter une intervention directe iranienne dans les évolutions sur le terrain, au moins jusqu’aux échéances électorales. Mais en dépit de cette conviction, la source diplomatique arabe précise que dans cette région en plein bouleversement, tous les scénarios restent possibles. Après leurs élections, les Israéliens pourraient même être tentés d’aller plus loin.

Le silence assourdissant du Hezbollah au sujet de ce qui s’est passé dans les hauteurs de Ali Taher soulève de nombreuses questions, aussi bien dans les milieux politiques que chez les experts militaires. La formation, si prompte en général à publier des communiqués pour exprimer ses positions, s’est cette fois abstenue de faire le moindre commentaire, ni pour confirmer la chute de ce lieu entre les mains des Israéliens ni pour la démentir. Et ce silence constitue en lui-même une énigme sujette à diverses interprétations.Il y a ainsi, d’une part, ceux qui y voient une confirmation indirecte de la chute de ce site, considéré comme stratégique, et, d’autre part, ceux qui, au contraire, sont convaincus que le fait de ne rien dire est une façon de montrer que l’épisode Ali Taher n’est pas encore clos et qu’il...
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