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Culture - En Librairie

Karl Soued : des histoires racontées à ses fils naît un roman jeunesse

Entre univers fantastique, créatures mystérieuses et mondes parallèles, « Les aventures de Nicolas et Alexandre » invite les jeunes lecteurs à renouer avec le plaisir d’imaginer.

Karl Soued : des histoires racontées à ses fils naît un roman jeunesse

La couverture des « Aventures de Nicolas et Alexandre ». Photo fournie par l'auteur

Avant d’être un livre, Les aventures de Nicolas et Alexandre (Éditions Artliban-Calima) était une habitude du soir. Des histoires racontées à voix basse, chapitre après chapitre, à la demande de deux petits garçons qui attendaient chaque soir avec impatience d’en connaître la suite.

De cette habitude est né un roman jeunesse porté par une idée simple : redonner aux enfants le droit de rêver dans un monde qui avance trop vite. Karl Soued a passé plus de dix ans dans les secteurs de la banque et de la finance avant de réorienter sa carrière vers l’enseignement, guidé par sa passion pour la transmission du savoir. Aujourd’hui doctorant en Business Administration, il semblait pourtant loin de tout parcours d’écrivain. L’idée du livre n’est pas née dans une maison d’édition, mais dans les histoires qu’il inventait chaque soir pour ses deux fils, Nicolas, 8 ans, et Alexandre, 3 ans.

Le livre, illustré par Jihad Khatib, diplômé de l’ALBA, entraîne le lecteur dans les aventures de deux frères, entre terrain de football magique, univers parallèles et créatures fantastiques. Après avoir lu le manuscrit, l’illustrateur a choisi de créer des personnages universels, dans lesquels tous les enfants peuvent se reconnaître, plutôt que de reproduire les véritables traits de Nicolas et d’Alexandre. « Je voulais surtout que leur caractère soit visible », explique-t-il. Nicolas apparaît ainsi plus calme et posé, tandis qu’Alexandre se distingue par son énergie, son sourire malicieux et son pansement, soulignant son tempérament de casse-cou. L’illustrateur a cherché à traduire cette dualité dans ses dessins, tout en montrant leur complémentarité. Mais Karl Soued insiste sur le fait que Nicolas et Alexandre ne sont pas de simples personnages inspirés de ses enfants : ils ont aussi participé, à leur manière, à la création même du récit. « J’écrivais le chapitre et je voyais un peu leurs réactions. Je voyais s’ils aimaient, s’ils n’aimaient pas, et j’essayais, à partir de là, de continuer l’histoire », raconte-t-il.

Derrière les fées, les monstres et les mondes imaginaires, Karl Soued ne cherche pourtant pas seulement à divertir. À travers la lecture, il revendique le droit de laisser aux enfants un espace où l’imagination peut encore s’exprimer librement. Interrogé sur ce qu’il aimerait que ses fils retiennent en relisant ces pages dans une vingtaine d’années, l’auteur ne répond ni par une leçon de vie ni par une morale : « J’aimerais, finalement, qu’ils continuent à rêver, quel que soit leur âge. Qu’ils continuent à imaginer, à développer leur curiosité et à sortir des sentiers battus. »

Les illustrations colorées de Jihad Khatib prolongent l’imaginaire du roman et invitent les jeunes lecteurs à l’aventure. Avec l'aimable autorisation de l'artiste


Le plaisir d'imaginer en lisant

Le roman cherche ainsi à redonner aux jeunes, par la lecture, toute la place que les écrans laissent parfois de moins en moins à l’imagination.

« C’était aussi une belle façon de leur redonner un peu de leur enfance (...), mais aussi le plaisir d’imaginer en lisant, et non pas de regarder la télévision », explique-t-il. À travers Les aventures de Nicolas et Alexandre, Karl Soued ne raconte donc pas seulement une aventure : il propose un autre rapport à l’imaginaire, plus lent, plus personnel et plus créatif. Car, estime-t-il, « les enfants sont trop sur les réseaux sociaux (...) les enfants sont trop adultes aujourd’hui ». Face à cette réalité, la fantasy cesse d’être un simple genre littéraire pour devenir un espace où les jeunes peuvent encore explorer, inventer et s’émerveiller, loin des préoccupations qui occupent déjà leur quotidien. Les illustrations participent à cette même démarche. Jihad Khatib a imaginé un univers coloré et dynamique, inspiré des codes de la fantasy. « Je voulais que les dessins attirent l’attention des enfants tout en laissant apparaître, pour les lecteurs plus âgés, quelques détails plus subtils, qui rappellent que l’histoire aborde aussi des sujets sérieux », explique-t-il.

Ce qui rend le livre encore plus singulier, c’est qu’il est difficile de ne pas avoir le sentiment que son auteur s’est lui-même laissé emporter par son propre univers. Cette impression de retrouver une part de son âme d’enfant en écrivant, Karl Soued ne la nie pas. « J’essaie de ne pas me prendre trop au sérieux. J’essaie de m’amuser, de rigoler, de sortir un peu du quotidien et de l’ambiance morose que nous vivons en ce moment. » Une légèreté qui n’empêche pas le récit de transmettre certaines valeurs, à commencer par la persévérance. « Il ne faut jamais abandonner. Il faut continuer à se battre, à avancer, en gardant le sourire », résume-t-il.

L’épilogue laisse la porte ouverte à une nouvelle aventure. Mais, au fond, rien n’a vraiment changé. Comme au premier chapitre, l’histoire continue de s’écrire sous l’impulsion de Nicolas. Reste à savoir si cette nouvelle aventure quittera un jour le cercle familial pour rejoindre, elle aussi, les rayons des librairies.


*Signature le mercredi 22 juillet, de 18h30 à 20h30, à la Bibliothèque municipale de Beyrouth Assabil, rue Monnot.

Avant d’être un livre, Les aventures de Nicolas et Alexandre (Éditions Artliban-Calima) était une habitude du soir. Des histoires racontées à voix basse, chapitre après chapitre, à la demande de deux petits garçons qui attendaient chaque soir avec impatience d’en connaître la suite.De cette habitude est né un roman jeunesse porté par une idée simple : redonner aux enfants le droit de rêver dans un monde qui avance trop vite. Karl Soued a passé plus de dix ans dans les secteurs de la banque et de la finance avant de réorienter sa carrière vers l’enseignement, guidé par sa passion pour la transmission du savoir. Aujourd’hui doctorant en Business Administration, il semblait pourtant loin de tout parcours d’écrivain. L’idée du livre n’est pas née dans une maison d’édition, mais dans les histoires qu’il...
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