Des mannequins à l'intérieur d'un magasin de vêtements à la vitrine détruite par une frappe israélienne, à Tyr, le 5 juillet 2026. Photo REUTERS/Zohra Bensemra
Dans une journée marquée par des tirs et dynamitages sporadiques au Liban-Sud, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a déclaré que les forces de son pays « continueront à rester » dans la zone contrôlée par l'armée israélienne au Liban « jusqu'au désarmement du Hezbollah ». La « zone tampon », qui s'étend sur environ 620 km2 et comprend des dizaines de villages, « sera débarrassée de ses habitants » et toutes les infrastructures du Hezbollah « en surface comme en sous-sol » seront démolies, a encore lancé M. Katz. Il avait affirmé il y a dix jours qu’environ 600 000 « chiites des villages du Liban-Sud avaient fui ».
Réagissant aux propos du président américain Donald Trump, qui avait dit penser que les Israéliens se retireraient du Liban-Sud, le ministre israélien a déclaré : « Nous n'avons demandé la permission à personne d'entrer au Liban, et nous n'avons besoin de la permission de personne pour y rester. » Soulignant qu'Israël a établi une « solide zone de sécurité » dans la région, il a rappelé qu'elle s'étend du littoral, à l'ouest, jusqu'au château du Beaufort et « aux contreforts du mont Hermon à l'est ». De son côté, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé durant une cérémonie militaire que l'armée israélienne « est déployée dans des zones de sécurité à Gaza, au Liban et en Syrie » et qu'elle « ne s'en retirera pas », selon des propos rapportés par le Jerusalem Post. « Il est de notre droit et de notre devoir de protéger les habitants de la Galilée (le nord d'Israël, Ndlr) et les citoyens d'Israël contre les ennemis jihadistes qui cherchent à détruire l'État d'Israël », a-t-il dit.
Une réserve de cèdres menacée près du château de Beaufort
Par ailleurs, le président de la municipalité d'Arnoun, Fawaz Qatbay, a fait part à notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah, de son « inquiétude » de voir l'armée israélienne procéder au défrichage de la réserve naturelle d'Arnoun, située précisément au pied du château de Beaufort, dont l'armée israélienne avait pris le contrôle dans le caza de Nabatiyé fin mai. Établie il y a plus de vingt ans, cette réserve de cèdres est l'un des principaux sites environnementaux et symboliques du village. M. Qatbay a indiqué avoir observé ce jour des engins et des bulldozers israéliens en train d'effectuer des travaux de terrassement dans la zone. Il a toutefois estimé qu'il était encore trop tôt pour évaluer l'ampleur des dégâts ou déterminer si ces travaux toucheront l'ensemble de la réserve ou seulement une partie, pour des raisons militaires. Il a cependant précisé avoir reçu des photos montrant le début des opérations de terrassement, sans qu'elles permettent d'en mesurer précisément l’ampleur.
La réserve abrite 220 cèdres, chacun portant le nom d'un soldat de l'armée libanaise tué lors des combats du camp palestinien de Nahr el-Bared en 2007, qui ont opposé pendant un mois la troupe et le groupe jihadiste Fateh el-Islam, ce qui lui confère une forte valeur nationale et symbolique. Elle s'étend sur près de 6 hectares et comprend également un terrain de football ainsi que des bosquets d'oliviers, d'eucalyptus et de noyers. M. Qatbay a enfin appelé les autorités concernées à « intervenir rapidement et à entreprendre les démarches nécessaires pour faire cesser ces travaux avant qu'ils ne causent des dommages importants à la réserve, en raison de son importance environnementale et nationale pour les habitants d'Arnoun et de la région ».
À Majdel Zoun, village du caza de Tyr victime il y a dix jours d'une puissante explosion ayant « coupé le village en deux », selon un habitant, l'armée israélienne a annoncé jeudi avoir détruit « deux tunnels supplémentaires », d’une longueur totale « d’environ 200 mètres » et d’une profondeur « d’environ 20 mètres », sans préciser la date de l'opération. Elle précise y avoir « découvert des dizaines de moyens de combat » ainsi que dans la zone « un dépôt d'armes contenant des obus de mortier, des lanceurs et des roquettes RPG ». « Les forces de la 91e division poursuivent leurs opérations dans le « village terroriste » de Majdel Zoun, situé à l'intérieur de la « zone de sécurité », afin d'éliminer les menaces dirigées contre l'État d’Israël », a écrit le porte-parole Avichay Adraee. Contacté par notre correspondant au Liban-Sud, le président de la municipalité du village, Youssef Chehimi, a précisé ne disposer d’aucune information concernant la date à laquelle la vidéo de la détonation à Majdel Zoun, publiée par l’armée israélienne, a été filmée. Il a toutefois indiqué que des personnes connaissant « bien » la région lui avaient confirmé que les images provenaient « très probablement » de la localité.
Sur le terrain, l'armée israélienne a dynamité des maisons à Khiam, dans le caza de Marjeyoun, ce jeudi matin. Pendant la nuit, les forces occupantes avaient effectué un dynamitage de très grande ampleur dans le village de Haddatha (Bint Jbeil) rapporte notre correspondant. Haddatha et Khiam sont tous les deux situés dans la « zone tampon ». Un drone a en outre lancé deux bombes sonores sur Bouyout el-Sayyed, sur le littoral du caza de Tyr, juste au nord de la « Ligne jaune ».


Il reconnaît lui-même la planification d'un crime de guerre.
05 h 40, le 10 juillet 2026