Un habitant marche parmi les décombres de maisons et de commerces détruits par l’armée israélienne dans le village de Bir al-Salasil, au Liban-Sud, le 24 juin 2026. Photo Fadel Itani / AFP
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a affirmé lundi, trois jours après la signature de l'accord-cadre entre Beyrouth et Tel-Aviv à Washington, que l’armée israélienne ne se retirera pas du Liban-Sud tant que le Hezbollah « ne sera pas désarmé », soulignant que cette équation sécuritaire est « inscrite dans l’annexe » de l’accord, dans des propos rapportés par le Times of Israël. Affirmant ne pas pas croire que l’armée libanaise « deviendra soudainement composée de lions fonçant sur le Hezbollah », Israël Katz lance que l’occupation israélienne du Sud sera « donc de long terme », et que les villages « chiites » de la bande frontalière « devaient disparaître ».
« Nous ne nous retirerons pas d’un millimètre »
« Les gens ne devraient pas retenir leur souffle en se demandant quel sera le prochain endroit du Liban dont Israël se retirera, car cela n’arrivera pas tant que le Hezbollah ne sera pas désarmé. Nous n’avons aucune ambition territoriale au Liban, mais tant que le Hezbollah ne sera pas désarmé, nous ne nous retirerons pas d’un millimètre », a déclaré le ministre israélien. Il affirme avoir convenu avec le commandant du Commandement central des États-Unis (Centcom), l'amiral Brad Cooper, que « l’armée israélienne ne se retirera pas des trois zones de sécurité — au Liban, en Syrie et à Gaza ».
Concernant la destruction systématique de villages libanais dans la bande frontalière occupée, Israël Katz a affirmé qu’il était « clair que les villages chiites situés le long de la ligne de contact devaient disparaître afin de protéger la frontière d’Israël ». Selon lui, dans les secteurs ouest et centre du Liban-Sud, « les villages situés le long de la ligne de contact sont détruits à près de 100 % », tandis que dans le secteur est, « 73 % des villages sont détruits ». Il affirme qu’environ 600 000 « chiites des villages du Liban-Sud ont fui », et que 700 000 autres personnes ont été déplacées de la banlieue sud de Beyrouth. Lundi, la ministre des Affaires sociales, Hanine Sayyed a annoncé que 400 000 déplacés au Liban, sur plus d’un million depuis le déclenchement de la guerre le 2 mars, étaient « retournés dans leurs région d’origine », soit « l’équivalent de 40 % des déplacés ».
M. Katz a également affirmé que l’armée israélienne avait encore « d’autres tunnels à détruire et à faire exploser », notamment un important réseau souterrain du Hezbollah situé « sous la crête de Beaufort » dans le caza de Nabatiyé, qui sera, selon lui, détruit à l’aide de « 500 tonnes d’explosifs ».
« Lien entre les fronts libanais et iranien »
Le ministre israélien de la Défense a également regretté le « lien établi entre les fronts libanais et iranien par le président (américain Donald) Trump », à la suite du mémorandum d’entente entre l’Iran et les États-Unis annoncé mi-juin et signé le 17 juin, et qui prévoit dans son premier article un cessez-le-feu au Liban.
« Lorsque le président Trump a lié les dossiers iranien et libanais, nous avons cessé de détruire des immeubles à Beyrouth. Le lien entre les deux fronts répond à un intérêt américain, et c’est l’une des contraintes de notre partenariat avec les États-Unis. S’il n’y avait pas eu de lien entre les fronts libanais et iranien, le Hezbollah se serait effondré », a ainsi dit M. Katz. Il a affirmé que l’armée israélienne était alors passé au « plan B », qu’il définit comme le fait d’ « approfondir la zone de la Ligne jaune dans le sud du Liban », c'est-à-dire les 600 km2 de territoires libanais occupés par l’armée israélienne, sur une profondeur de près de 10 kilomètres.
L’armée israélienne a progressé dans la deuxième partie de juin en direction de Nabatiyé, avec des combats particulièrement violents au niveau de la colline de Ali Taher, au sud de la ville, avant qu’un nouveau cessez-le-feu la semaine dernière n’arrête l'offensive.
Selon le ministre israélien, M. Trump a « exercé des pressions » sur le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, l'appelant cinq fois « au cours de la période ayant précédé la signature du mémorandum d’entente ». « Je n’étais pas présent lors de la cinquième conversation. Le président a exercé des pressions et c’est à l’issue de cet échange que le lien entre les deux fronts a été établi. À partir de ce moment-là, les habitants sont retournés dans le sud du Liban et le Hezbollah a également renforcé sa présence dans cette région », a-t-il dit.
L'armée israélienne viole régulièrement le cessez-le-feu au Liban-Sud, et affirme qu'elle ne se retirera pas avant le désarmement effectif du Hezbollah, comme le prévoit selon les officiels israéliens l'accord-cadre signé vendredi soir à Washington entre Beyrouth et Tel-Aviv, sous égide américaine.

