Des navires naviguent dans le détroit d'Ormuz, au large de la plage de Bandar Abbas, en Iran, le 30 juin 2026. Photo Amirhosein Khorgooi/ISNA/via WANA (West Asia News Agency)/via REUTERS.
Le cessez-le-feu avec l'Iran « est terminé », a martelé ce 8 juillet le président américain Donald Trump. « Pour moi, c'est terminé. Je ne veux plus avoir affaire à eux », a-t-il déclaré avant un sommet de l'OTAN dans la capitale turque, Ankara. « Ce sont des ordures. Ce sont des gens malades. Ils sont dirigés par des gens malades », a-t-il ajouté aux côtés du secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte.
Depuis cette nuit, la situation s'est en effet dégradée après que les États-Unis ont frappé plus de 80 cibles en Iran en riposte à des tirs iraniens sur des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz - déclenchant à leur tour mercredi des représailles de Téhéran qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.
Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien après les attaques de navires. Les deux camps s'accusent de violer leur protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique.
Ce texte prévoit notamment la réouverture du détroit d'Ormuz - par où transitent en temps normal 20% du brut et du gaz liquéfié (GNL) mondial et dont la fermeture par Téhéran avait fait vaciller l'économie mondiale et flamber les prix - ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.
Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d'Ormuz, a rapporté mardi l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO. Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l'Iran. L'Arabie saoudite a condamné mardi « le ciblage par la République islamique d'Iran du pétrolier saoudien Wedyan » qui transitait dans le détroit d'Ormuz, ainsi que celui « du méthanier qatari Al-Rakayyat », dénonçant « une atteinte à la sécurité de la navigation internationale et à la sécurité des approvisionnements énergétiques mondiaux ». Le Qatar avait annoncé avoir convoqué le chargé d'affaires iranien, exigeant « des explications sur cette attaque » ; le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Esmaïl Baghaï dénonçant une mise en cause « inacceptable » de la part du Qatar.
Dénonçant des « attaques iraniennes » et une « violation flagrante du cessez-le-feu », l'armée américaine a lancé une série de « frappes puissantes » contre l'Iran, affirmant avoir touché « plus de 80 cibles », dont « des systèmes iraniens de défense antiaérienne », a détaillé le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dans un communiqué.
« Mesures décisives » de Téhéran
L'Iran, où les médias ont fait état d'explosions mardi sur des sites proches du détroit d'Ormuz, a aussitôt mis en garde les Etats-Unis contre cette « violation » du protocole d'accord, prévenant qu'il « prendrait des mesures décisives pour protéger ses intérêts et sa sécurité nationale », dans une déclaration de son ministère des Affaires étrangères.
Quelques heures plus tard, mercredi, les Gardiens iraniens de la Révolution ont annoncé avoir frappé 85 installations sur des bases militaires des Etats-Unis au Koweït et à Bahreïn, selon la télévision d'Etat.
« En première riposte » aux frappes américaines, « la Marine et la Force aérospatiale du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC) ont mené une opération conjointe à l'aide de missiles et de drones, frappant 85 installations militaires américaines stratégiques » et abattant un drone MQ-9, indique un communiqué diffusé par la télévision officielle Irib.
Les sirènes d'alerte aérienne ont retenti à Bahreïn, a annoncé le ministère de l'Intérieur de ce pays du Golfe, sans plus de détails. Et l'armée du Koweït a indiqué mercredi réagir à des attaques de drones et de missiles, sans préciser leur origine.
Hausse du cours du pétrole
« Les agissements de l'Iran dans le détroit sont totalement inacceptables aux yeux des Etats-Unis et ne resteront pas impunis », avait déclaré un responsable gouvernemental américain sous le couvert de l'anonymat, après la publication d'un document par le ministère des Finances interdisant les « nouvelles transactions » d'hydrocarbures iraniens à compter de mardi.
Les cours du pétrole ont bondi après les déclarations du président Donald Trump affirmant mettre fin au cessez-le-feu avec l'Iran. Vers 08H30 GMT (10H30 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, s'envolait de 5,26% à 78,06 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, grimpait de 5,32% à 74,19 dollars.
Cette montée des tensions intervient alors que l'Iran organise depuis samedi des funérailles nationales de six jours pour son guide suprême, Ali Khamenei, tué au premier jour de la guerre par des frappes israélo-américaines, dont le corps vient d'arriver en Irak pour des processions à Najaf et Kerbala, deux villes abritant les sanctuaires les plus vénérés des musulmans chiites.




bravo le Francophone, vous avez tous bien résumé mais qui va prendre les armes contre les Mollahs ? les Kurdes ?
14 h 00, le 08 juillet 2026