Le drapeau israélien hissé sur la colline de Ali al-Taher, au Liban-Sud. Photo fournie par notre correspondant Mountasser Abdallah et prise par le photojournaliste Ali Omeis
Le drapeau israélien a été hissé dernièrement sur la colline Ali al-Taher au Liban-Sud, selon des images obtenues par notre correspondant Mountasser Abdallah. C’est l’information la plus saillante parvenue du terrain au terme d’une journée de mardi marquée par un calme précaire. Des véhicules militaires israéliens ont été aperçus non loin de cette colline stratégique que l’armée israélienne a tenté de prendre pendant plusieurs jours avant la signature de l’accord-cadre le 26 juin entre le Liban et l’État hébreu.
Cet accord fixe une feuille de route devant idéalement mener au retrait de l’armée israélienne des territoires qu’elle occupe au Liban-Sud et au désarmement du Hezbollah. Les négociations directes sous parrainage américain devraient se poursuivre la semaine prochaine à Rome, comme l’a confirmé le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar, qui a réaffirmé qu’Israël n’avait « pas d’ambitions territoriales au Liban ». Lundi, l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Yechiel Leiter, avait évoqué les dates des 14 et 15 juillet au cours d’une intervention devant le Council on Foreign Relations à Washington.
La tenue de ce nouveau round de discussions a été saluée par le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, qui a rappelé que Rome avait exprimé au mois d’avril dernier aux gouvernements libanais et israélien sa volonté « d’accueillir les négociations ». Le coordinateur spécial des Nations unies pour le Liban récemment nommé par intérim, Jean Arnault, a entamé pour sa part mardi une visite officielle en Israël, où il doit discuter de l’importance de consolider le cessez-le-feu et de la mise en œuvre de la résolution 1701 du Conseil de sécurité, adoptée en 2006.
Les réalités sur le terrain
Au Liban, la légitimité de l’accord-cadre et des négociations directes continue de diviser. Le ministre des Affaires étrangères Joe Raggi a affirmé mardi que le Liban poursuivra les négociations avec Israël, estimant que le pays n’avait pas « d’autre choix », tout en se disant « prudemment optimiste ». Il s’exprimait aux côtés du vice-ministre arménien des Affaires étrangères Vahan Kostanyan, en visite à Beyrouth pour remettre une aide humanitaire de 150 000 dollars de la part du gouvernement arménien.
Le président de la République Joseph Aoun, qui se prépare à une rencontre avec le président américain Donald Trump d’ici fin juillet, a une nouvelle fois reconnu dans une déclaration publique que l’accord-cadre n’était « pas idéal ». Il a cependant ajouté que celui-ci se justifiait par un certain nombre de réalités sur le terrain, notamment un rapport de forces dans le Sud qui penche actuellement en faveur d’Israël. Il a néanmoins estimé que cela ne devrait pas empêcher le Liban de défendre ses droits et de récupérer les territoires occupés.
Au cours d’une réunion à Baabda avec le chef de l’État, une délégation du Bloc national conduite par son secrétaire général Michel Hélou, a affirmé entre-temps son soutien « au processus de négociation qui a abouti à l’accord-cadre tripartite, considéré comme une porte d’entrée pour régler les dossiers en suspens, en particulier le retrait israélien complet, l’exercice de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national et la restauration du monopole des armes aux mains des institutions légitimes ». Plus tôt dans la journée, les Kataëb avaient affirmé « la nécessité d’accélérer la mise en œuvre de l’accord-cadre ».
À l’inverse, le député du Hezbollah Hussein Hajj Hassan a une nouvelle fois critiqué l’accord, lui reprochant de court-circuiter le protocole d’accord conclu entre Téhéran et les États-Unis au cours du mois de juin. Dans ce document, l’Iran avait demandé l’arrêt des hostilités au Liban comme l’une des conditions pour accepter de négocier une cessation durable des hostilités. Le leader druze Walid Joumblatt a quant à lui qualifié l’accord-cadre « d’accord unilatéral imposé par Israël à une équipe libanaise, qui dispose d’une expertise limitée en matière de droit et de diplomatie ».
Recevant à Téhéran le vice-président du Conseil supérieur islamique chiite au Liban, le cheikh Ali el-Khatib, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a pour sa part affirmé mardi qu’aucun accord entre Téhéran et Washington ne sera conclu avant le retrait des forces israéliennes du Liban, assurant que les négociations avec les États-Unis ne reprendront pas « tant que le premier volet du protocole d’accord consacré au Liban n’aura pas été mis en œuvre ». Enfin, le ministre allemand des Affaires étrangères, en visite à Jérusalem, a exhorté mardi les autorités libanaises à mettre un terme au « contrôle » exercé par le Hezbollah sur le Liban-Sud.
Photos prise il y a une semaine
Sur le terrain, les opérations militaires israéliennes se sont poursuivies à un rythme sporadique, avec notamment des dynamitages dans les localités de Deir Seriane et Kounine ainsi que des tirs d’artillerie sur Beit Yahoun, tandis que le mystère au sujet des photos du drapeau israélien à Ali al-Taher restait entier.
Les photos du drapeau israélien envoyées par notre correspondant ont été prises il y a environ une semaine par le photojournaliste Ali Omeis. On ignore si le drapeau israélien est encore présent sur place. Des informations antérieures faisaient état d’une présence des forces israéliennes aux abords de cette colline. Selon les informations disponibles, rien ne confirme à ce stade que des soldats israéliens ont occupés les installations du Hezbollah dans le secteur. Des sources informées ont indiqué que celles-ci avaient auparavant été la cible de frappes aériennes, qui auraient bloqué ou provoqué l’effondrement de leurs entrées. Il est donc difficile de déterminer leur état actuel, de savoir si elles ont été entièrement évacuées ou si des personnes s’y trouvent encore.
Concernant le drapeau israélien, des sources interrogées par notre correspondant évoquent deux hypothèses. La première est qu’une unité d’infanterie israélienne aurait atteint le site et hissé le drapeau. Selon la seconde, le drapeau aurait été déposé par un drone.
Fin juin, l’armée israélienne avait affirmé avoir encerclé ce complexe souterrain du Hezbollah sur la colline Ali al-Taher, piégeant à l’intérieur des dizaines de combattants. Cette colline revêt une importance à la fois symbolique et stratégique. Située au nord du fleuve Litani, elle est considérée comme un point-clé puisqu’elle surplombe une grande partie du Sud-Est libanais, notamment le château médiéval de Beaufort et la vallée voisine, ainsi que le caza de Nabatiyé, l’Iqlim al-Touffah et Jabal Rihane dans le caza de Jezzine. Fin mai, l’armée israélienne avait affirmé s’être emparée du château de Beaufort à Nabatiyé, et y avoir hissé le drapeau israélien.
Enfin, des obsèques ont été organisées pour les trois femmes récemment tuées dans une frappe israélienne de drone à Nabatiyé el-Faouqa, le 7 juillet 2026. Le Premier ministre Nawaf Salam a présenté ses condoléances aux habitants de Nabatiyé.



"" l'accord-cadre est nul et non avenu "" chantent avec orgueil et fierte les serfs de l'iran,les niais et aveugles. tout autant que sera nulle et non avenue la milice iranienne, un jour pas tres lointain. tout autant sera le Liban en entier dans le cas contraire.
09 h 21, le 08 juillet 2026