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Politique - guerre au liban 2026

Pour les souverainistes, l’accord-cadre négocié à Washington mène au retrait israélien et à un État fort

Samir Geagea, Samy Gemayel et Michel Moawad ont réaffirmé leur soutien au chef de l’État et au gouvernement pour la poursuite des négociations. Le Hezbollah continue de crier à la « capitulation ».

Pour les souverainistes, l’accord-cadre négocié à Washington mène au retrait israélien et à un État fort

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio (C) s’exprimant lors d’une réunion avec l’ambassadrice du Liban aux États-Unis, Nada Hamadé Mouawad (2e à droite), et l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Yechiel Leiter (2e à gauche), au département d’État à Washington, le 14 avril 2026. Photo d'archives Oliver Contreras / AFP

L’accord-cadre signé par les délégations libanaise et israélienne aux négociations directes à Washington vendredi dernier continuait de susciter jeudi des réactions diamétralement opposées au sein de la classe politique libanaise, qui montrent la claire division autour du dernier conflit lancé par le Hezbollah au Liban-Sud, et ses conséquences sur le pays.

Du côté des partis dits souverainistes, on défend l’accord sans ambiguïté. Le chef des Forces libanaises (FL), Samir Geagea, a affirmé que « l’accord-cadre ouvre la voie au rétablissement d’un État véritable et à la fin d’un conflit durable qui a épuisé le Liban durant des décennies ». Pour lui, le texte « a consacré une équation claire qui repose sur un retrait israélien total et la conclusion du chapitre d’une situation militaire imposée par le Hezbollah ».

Le parti chiite avait ouvert un front de soutien à l’Iran en lançant des missiles contre le nord d'Israël le 2 mars dernier, moins de trois ans après avoir ouvert un front de soutien à Gaza en 2023. Ces deux guerres laissent le pays exsangue et une large partie du Liban-Sud désormais sous occupation et détruite par l’armée israélienne.

Dans une interview au journal italien Corriere Della Serra, M. Geagea a estimé que « le changement tangible apporté par cet accord consiste dans la fermeture définitive des frontières du sud », rappelant que l’État libanais avait été neutralisé lorsque le Sud s’était transformé en scène de combats pour les groupes armés non-étatiques. Interrogé sur la possibilité d’un désarmement du Hezbollah dans la conjoncture actuelle, le chef des FL a estimé que « cet accord représente une opportunité sérieuse et crédible pour la fermeture du dossier des armes illégales » de ce parti.

Gemayel et Moawad à Baabda

Deux autres chefs de partis souverainistes sont montés au créneau pour défendre le processus de négociations directes et l’accord qui en a résulté, tous les deux en marge d’entretiens avec le président Joseph Aoun au palais de Baabda.

Le chef du parti Kataëb Samy Gemayel a déclaré que la visite de la délégation phalangiste « a pour objectif de soutenir la légalité représentée par le chef de l’État Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam, en vue de rétablir la souveraineté de l’État ». Pour lui, l’accord-cadre « lance un processus en vue du retrait israélien du Sud et du recouvrement de la souveraineté libanaise, sans guerre ». « Ceux qui rejettent cet accord, par conséquent, ne veulent pas la libération du Sud, et appellent à ce que l’État reste otage d'une guerre perpétuelle », a-t-il ajouté.

Interrogé sur la proposition de faire passer l’accord-cadre au Parlement, M. Gemayel a estimé que le texte « ne comporte que des points en accord avec la Constitution et les lois, comme le retrait israélien et le recouvrement de la souveraineté libanaise, et non des points qui nécessitent de passer par les institutions, à l’instar d’un changement de frontières ou la signature d’un accord de paix, par exemple ».

Le député Michel Moawad, président du Mouvement de l’indépendance, s’est lui aussi rendu à Baabda à la tête d’une délégation, annonçant « son soutien à la légalité libanaise qui mène, sous le commandement du président Joseph Aoun et du gouvernement, une bataille nationale difficile et complexe, avec pour objectifs le retrait israélien et le recouvrement de la souveraineté ». Pour M. Moawad, « ce n’est pas le moment des surenchères, l’État libanais ne fait que rectifier le tir par les négociations, après les erreurs commises précédemment », en référence aux guerres menées par le Hezbollah depuis 2023.

Fadlallah accuse les autorités d’avoir « bradé la souveraineté »

De l’autre côté de l'échiquier politique, le député du Hezbollah Hassan Fadlallah a réitéré ses attaques contre l’accord-cadre, rejeté en bloc par son parti, préférant voir les négociations sur le Liban incluses dans le processus de négociations d’Islamabad entre les États-Unis et l’Iran. Dans une déclaration au Parlement, M. Fadlallah a qualifié le texte d’ « accord de capitulation », assurant que son rejet « ne constitue pas une simple divergence d'opinion politique avec les autorités, mais reflète plutôt un désaccord fondamental entre ceux qui sont attachés à un Liban jouissant de sa souveraineté nationale sur l'ensemble de son territoire, et des autorités ayant signé un acte de reddition ».

Le député chiite s’est dit convaincu que les autorités libanaises ont « bradé une souveraineté et des droits légitimes auxquels ni l'Accord de Taëf, ni la Constitution, ni les lois libanaises, ni le droit international ne permettent à une quelconque autorité de renoncer, notamment le droit de libérer le territoire et le droit des habitants de retourner dans leurs villages ». Il faisait notamment référence à l’article 13 de l’accord qui stipule que l’État libanais n’engagerait pas de poursuites contre Israël devant des instances internationales pour crimes de guerre.

M. Fadlallah a appelé les autorités libanaises à « abandonner la voie des concessions et se tourner à nouveau vers le peuple, en se conformant aux impératifs du Pacte et de la Constitution, faute de quoi ces autorités passeront le reste de leur mandat constitutionnel à ne récolter que des échecs ».

Le président Joseph Aoun avait affirmé mercredi que l'accord-cadre conclu avec Israël n'était « ni une capitulation ni un renoncement » et qu'il préservait les droits « juridiques et opérationnels » du Liban.

L’accord-cadre signé par les délégations libanaise et israélienne aux négociations directes à Washington vendredi dernier continuait de susciter jeudi des réactions diamétralement opposées au sein de la classe politique libanaise, qui montrent la claire division autour du dernier conflit lancé par le Hezbollah au Liban-Sud, et ses conséquences sur le pays. Du côté des partis dits souverainistes, on défend l’accord sans ambiguïté. Le chef des Forces libanaises (FL), Samir Geagea, a affirmé que « l’accord-cadre ouvre la voie au rétablissement d’un État véritable et à la fin d’un conflit durable qui a épuisé le Liban durant des décennies ». Pour lui, le texte « a consacré une équation claire qui repose sur un retrait israélien total et la conclusion du chapitre d’une situation militaire imposée...
commentaires (6)

Vivre sous la menace d’une milice armée par un pays étranger ne ressemble en rien à une souveraineté que certains veulent nous vendre. S’ils veulent vivre dans la peur et avec les menaces de mourir sans jamais avoir à redire, ils n’ont qu’à aller chez les mollahs, ils seront servis. Le Liban est un pays libre qui respecte ses citoyens patriotes et son pouvoir veut être le seul garant de leur sécurité. Que trouvent ils d’illogique dans l’histoire? Ils ont pris l’habitude de préférer ceux qui les asservissent à ceux qui prônent leur liberté et leur droit à vivre en paix? Pas nous en tout cas.

Sissi zayyat

15 h 17, le 03 juillet 2026

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Commentaires (6)

  • Vivre sous la menace d’une milice armée par un pays étranger ne ressemble en rien à une souveraineté que certains veulent nous vendre. S’ils veulent vivre dans la peur et avec les menaces de mourir sans jamais avoir à redire, ils n’ont qu’à aller chez les mollahs, ils seront servis. Le Liban est un pays libre qui respecte ses citoyens patriotes et son pouvoir veut être le seul garant de leur sécurité. Que trouvent ils d’illogique dans l’histoire? Ils ont pris l’habitude de préférer ceux qui les asservissent à ceux qui prônent leur liberté et leur droit à vivre en paix? Pas nous en tout cas.

    Sissi zayyat

    15 h 17, le 03 juillet 2026

  • Fadlallah et ses compères sont les derniers à être autorisés à parler de souveraineté puisqu’ils veulent garder notre pays sous la dictature des mollahs. Ils parlent de capitulation comme s’ils avaient jamais gagné une guerre. Toutes les guerres qu’ils ont menées ont abouties à un cessez-le-feu,quémandé par eux, qui leur permettait de crier victoire sur nos ruines. Pas cette fois-ci. Les israéliens n’ont pas l’intention de les laisser s’en sortir avec un semblant de triomphe comme leurs maîtres ont eu avec Trump. Le s vendus veulent voir notre pays basculer dans le chaos pour pouvoir en profit

    Sissi zayyat

    15 h 10, le 03 juillet 2026

  • On est en plein orwell aujourd'hui, les souverainistes devenus, depuis l'accord, anti-souverainistes, cet accord piétinant la souveraineté du pays et ceux qui étaient accusés de la piétiner, en sont devenus les défenseurs le plus ardents. Entre ces deux camps, c'est la souveraineté du pays qui fout le camp. L'état est dans tous ses états, ça fait pitié et c'est désespérant

    MeK

    11 h 04, le 03 juillet 2026

  • “Les souverainistes” dites -vous????!!!!…….

    Nemer Salam

    09 h 36, le 03 juillet 2026

  • « Ceux qui rejettent cet accord, par conséquent, ne veulent pas la libération du Sud, et appellent à ce que l’État reste otage d'une guerre perpétuelle ». Bien sûr! Le Hezbollah a toujours été très clair là-dessus: il refuse totalement toute idée de paix. Si jamais elle était signée , il ne se sentirait pas concerné et poursuivrait ses agressions-provocations contre l’État hébreux. Il ne souhaite pas non plus, la fin de l'occupation, pas plus qu'en 2000 où il avait véhémentement protesté (avant de s'en attribuer, par la suite, le mérite) contre le retrait israélien.

    Yves Prevost

    08 h 12, le 03 juillet 2026

  • Au fadlallah il faudrait rappeler que l’accord entre les EU et l’Iran s’est fait en l’absence du Liban. Alors que celui avec Israël se fait avec le Liban. Sauf si fadlallah et ses troupes considèrent l’Iran comme la vraie patrie. Il juge les négociations comme une capitulation ? Il n’a rien compris cet ahuri, il s’agît simplement de récupérer ce qu’il a offert gratuitement au voisin ! C’est bien lui qui a attaqué le voisin, et c’est lui qui a été vaincu. Mais c’est à nous de sauver ses plumes, et à ses conditions bien sûr ! Bravo pour ceux qui ne sont pas de son avis et qui le disent.

    NG

    07 h 16, le 03 juillet 2026

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