Une affiche à l'effigie du président Joseph Aoun dans une rue de Beyrouth, portant l'inscription « La décision appartient au Liban », le 24 avril 2026. Photo Anwar Amro/AFP
Le président de la République Joseph Aoun a affirmé mercredi que l'accord-cadre conclu vendredi dernier avec Israël n'était « ni une capitulation ni un renoncement » et qu'il préservait les droits « juridiques et opérationnels » du Liban.
« La formule de l'accord-cadre issue des négociations de Washington concrétise la logique de l'État à travers les dispositions qu'elle contient et préserve les droits du Liban sur les plans juridique et opérationnel », a déclaré M. Aoun devant des délégations des avocats des barreaux de Beyrouth et du Liban-Nord au palais de Baabda. Cet accord n'est « ni une capitulation ni un renoncement à nos droits », a-t-il dit.
L'article 13 de l'accord, qui dispose que les deux États s'engagent à « arrêter tous les actes hostiles ou préjudiciables dans les instances politiques ou juridiques internationales » l'un contre l'autre, a été la source d’une vive controverse dans les milieux politiques et juridiques, dénonçant une disposition privant l’État libanais de son droit de poursuivre Israël devant les juridictions internationales pour les nombreux crimes de guerre et violations du droit international présumés commis au Liban depuis le début de la guerre en octobre 2023.
Pas de limogeage de Rodolphe Haykal
Le chef de l'État a également salué les récents propos du président du Parlement Nabih Berry « visant à prévenir la discorde », après ses virulentes critiques contre l'accord-cadre, qu'il a qualifié de « pomme de discorde » entre les Libanais. « Nous sommes tous d'accord pour dire que la discorde est inacceptable et qu'il est interdit de porter atteinte à l'armée », a-t-il souligné.
M. Aoun en a profité pour démentir les « rumeurs » sur un possible limogeage du commandant en chef de l'armée, le général Rodolphe Haykal, et d'autres chefs des forces de sécurité, notamment colportées ces derniers jours par Nawaf Moussaoui, un cadre politique du Hezbollah.
Le chef de la troupe avait justement été reçu mardi par M. Aoun à Baabda, qui a souligné « son rôle essentiel pour préserver la sécurité et asseoir la souveraineté de l'État ».
« Le Liban est un État souverain qui négocie en son nom propre. Nous avons choisi la voie des négociations, car c'est la meilleure option possible après l'échec de l'expérience des guerres », a ajouté le président. Et de conclure : « Les habitants du Sud, toutes confessions confondues, ont le droit de vivre en sécurité et de ne plus avoir à payer, périodiquement, un lourd tribut fait de morts, de destructions et de déplacements ».
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Le ministre des Affaires étrangères, Joe Raggi, a quant à lui affirmé dans un communiqué que « la voie des négociations initiée par l'État est la seule et unique voie permettant d'obtenir un retrait complet d'Israël du territoire libanais et de parvenir à un accord permanent garantissant la stabilité et protégeant les droits, la souveraineté et les intérêts nationaux du Liban ».
Il a également appelé tous les partenaires internationaux du Liban à concentrer leur soutien sur cette voie, « seul cadre légitime susceptible de mener à un règlement véritable et durable » du conflit avec Israël. « Toute voie parallèle ou tout cadre alternatif cherchant à inclure la question libanaise en dehors du cadre de l'État libanais ne ferait que fragmenter la situation et affaiblir la position de négociation du Liban à ce moment critique », a-t-il ajouté, en référence au protocole d'accord conclu entre l'Iran et les États-Unis, qui inclut une cessation des hostilités « sur tous les fronts, y compris au Liban ».



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« Toute voie parallèle ou tout cadre alternatif cherchant à inclure la question libanaise en dehors du cadre de l'État libanais ne ferait que fragmenter la situation et affaiblir la position de négociation du Liban à ce moment critique ». Il est du devoir de l’état naissant de faire en sorte à ce que cela n’arrive plus. Il faut affronter nos démons et cesser de s’autoflageller en donnant le fouet à ceux qui veulent nous humilier. La souveraineté d’un pays et son indépendance ne sont pas des cadeaux que les ennemis nous offrent, il faut les défendre sans demander la permission ni se justifier
11 h 23, le 02 juillet 2026