Rechercher
Rechercher

Politique - Décryptage

Pourquoi Amal et le Hezbollah ne songent pas à faire chuter le gouvernement dans la rue


À peine l’accord entre Israël et le Liban, sous le parrainage américain, était-il signé vendredi qu’un sentiment d’inquiétude a étreint certains Libanais. Beaucoup craignaient en effet la colère des partisans du Hezbollah et d’Amal, qui avaient déjà, à plusieurs reprises, exprimé leur rejet du processus en cours à Washington. Pour le moment, la réaction populaire reste contenue, mais un calme tendu règne dans le pays, et la question qui continue de planer est la suivante : le gouvernement est-il menacé ?

Dès qu’on leur pose la question, les représentants d’Amal et du Hezbollah affirment qu'ils rejettent l'accord, rappelant la déclaration du chef du Parlement Nabih Berry, sur le fait que cet accord « est mort-né et qu’il tombera de lui-même » ! Ce que ces représentants ne disent pas ouvertement, c’est que, pour eux, cet accord ne peut pas être appliqué. Par conséquent, cela ne vaut pas la peine de provoquer des troubles pour le mettre en échec, au risque d’entraîner le pays dans un nouveau cycle de violence interne, qui ferait avant tout le jeu des Israéliens. Ils estiment que le texte, en lui-même, est tellement déséquilibré en faveur d’Israël qu’il suffit de le lire pour comprendre qu’il ne profite pas aux Libanais, notamment parce qu’il ne prévoit aucun délai maximal pour le retrait israélien, tout en laissant à Israël le soin de juger si la « menace » du Hezbollah a été réellement éradiquée dans la zone choisie.

Deuxièmement, en principe, si cet accord est appelé à être reconnu, il a la valeur d’un traité sans limite de durée et n’est donc pas destiné à être renouvelé chaque année, ou plus. Par conséquent, il devrait être soumis à l’approbation du Conseil des ministres, puis à celle du Parlement. Or le débat pourrait provoquer une crise profonde au sein du gouvernement. Mais le plus important, c'est le Parlement. Or, dans le contexte actuel, il serait difficile d’obtenir un vote de la majorité du Parlement en faveur de cet accord. Et même si cela devait avoir lieu, aucune voix chiite ne l’accepterait, ce qui poserait le problème de la légitimité confessionnelle.

Enfin, ces milieux considèrent que le soudain empressement des Israéliens à accélérer la conclusion d’un accord avec le Liban visait essentiellement à court-circuiter le processus de cessez-le-feu consigné dans le mémorandum d’entente entre les Iraniens et les Américains, conclu en Suisse. Le point concernant le Liban figurant dans ce mémorandum évoquait un cessez-le-feu et un retrait israéliens complets du Liban. Pour cette raison, les Israéliens ont voulu à tout prix le saboter à leur manière en accélérant la conclusion d’un accord avec le Liban à Washington. Ils ont d’ailleurs réussi cet exploit et l’accord conclu ne mentionne pas le retrait total. Mais pour Amal et le Hezbollah, la partie qui se joue en Suisse n’est pas encore terminée. Les négociations entre l’Iran et les États-Unis doivent encore se prolonger jusqu’à la mi-août, si le délai de 60 jours n’est d’ailleurs pas prolongé avec l’accord des deux parties. D’ici là, selon la vision du Hezbollah, l’Iran pourrait bien remettre sur le tapis des négociations le point concernant le Liban et pousser les Américains à y revenir, en faisant passer au second plan l’accord de Washington. Certes, le Liban officiel poursuivrait les négociations directes avec les Israéliens à Washington, mais dans un contexte différent et sous un plafond clair. D’ailleurs, toujours selon le Hezbollah et Amal, si les Israéliens ne craignaient pas un tel scénario, ils ne se seraient pas empressés de conclure un accord avec le Liban.

Pour toutes ces raisons, le Hezbollah et Amal misent sur le temps et sur la violence destructrice israélienne pour que l'accord soit rejeté. C’est pourquoi ils n’envisagent pour l’instant ni de faire chuter le gouvernement ni de lancer un mouvement de protestation populaire. Leur regard se porte essentiellement sur« le processus d’Islamabad ».

À peine l’accord entre Israël et le Liban, sous le parrainage américain, était-il signé vendredi qu’un sentiment d’inquiétude a étreint certains Libanais. Beaucoup craignaient en effet la colère des partisans du Hezbollah et d’Amal, qui avaient déjà, à plusieurs reprises, exprimé leur rejet du processus en cours à Washington. Pour le moment, la réaction populaire reste contenue, mais un calme tendu règne dans le pays, et la question qui continue de planer est la suivante : le gouvernement est-il menacé ?Dès qu’on leur pose la question, les représentants d’Amal et du Hezbollah affirment qu'ils rejettent l'accord, rappelant la déclaration du chef du Parlement Nabih Berry, sur le fait que cet accord « est mort-né et qu’il tombera de lui-même » ! Ce que ces représentants ne disent pas...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut