Le hall de l'aéroport international de Beyrouth le 19 décembre 2025. Photo d'archives Philippe HAGE BOUTROS/L'Orient-Le Jour
Les Émirats arabes unis permettront à leurs ressortissants de se rendre au Liban à compter de lundi, a annoncé le jour même l’agence de presse officielle WAM.
Les citoyens émiratis prévoyant de se rendre au Liban devront s’inscrire via un service officiel, une plateforme d’urgence et de soutien mise en place par le ministère des Affaires étrangères, avant leur départ, a précisé l’agence.
Le ministère émirati précise dans un message publié sur son site internet que « l’inscription au service « Tawajudi » (service fourni par le ministère des Affaires étrangères pour faciliter la communication avec les ressortissants des Émirats arabes unis à l'étranger notamment en cas de rapatriement, Ndlr) est obligatoire avant le voyage et qu’il n’est pas possible de quitter le territoire par les points de passage de l’État avant d’avoir effectué cette inscription, afin d’éviter toute suspension des procédures de voyage ou toute poursuite légale ». « Les citoyens émiratis sont également tenus d’informer les autorités compétentes de leur retour par l’intermédiaire du service « Tawajudi » et de mettre à jour leurs informations en cas de changement », précise le ministère.
Le 30 avril, les Émirats arabes unis avaient interdit à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak, et avaient exhorté les Émiratis présents dans ces pays à les quitter immédiatement et à rentrer chez eux, invoquant l’évolution de la situation régionale.
« Un message de confiance »
Dans la foulée de l'annonce, le ministre libanais des Affaires étrangères, Joe Raggi (Forces libanaises), a réagi sur son compte X, saluant un « message de confiance envers un État qui a repris en main sa décision politique et sécuritaire », trois jours après que l'État libanais a signé un accord-cadre avec Israël prévoyant le désarmement du Hezbollah parallèlement au retrait israélien du Sud. « À mesure que l’État renforce sa présence, consolide sa souveraineté et poursuit sa trajectoire de stabilité et de réformes, les pays frères et amis se rallient davantage à lui, et les États renouent avec le Liban en toute confiance, convaincus que l’avenir de ce pays se construit à travers un État fort et une décision nationale unique », a poursuivi le ministre.
Samedi, le président des Émirats arabes unis, Mohammad ben Zayed Al-Nahyane (MBZ), avait affirmé au président libanais, Joseph Aoun, « le soutien » d'Abou Dhabi à Beyrouth, ainsi qu' « aux positions adoptées par le chef de l'État et le gouvernement libanais ». Il a également assuré que son pays était « prêt à aider le Liban sur les plans politique, économique et social » afin de lui permettre de « surmonter les difficultés qu'il traverse ».
En 2021, les Émirats, l’Arabie saoudite, Bahreïn et le Koweït avaient rappelé leurs diplomates à la suite de propos polémiques de l’ancien ministre de l’Information Georges Cordahi sur la guerre menée par l’Arabie saoudite au Yémen contre les rebelles houthis, et pour marquer leur désapprobation de l’influence du Hezbollah sur la politique libanaise. Les tensions se sont apaisées avec l’arrivée au pouvoir de Joseph Aoun en janvier 2025 et la formation du gouvernement de Nawaf Salam le mois suivant, qui s'étaient engagés dès leur prise de fonction à désarmer le Hezbollah.

