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Politique - Diplomatie

« Le Liban peut être un paradis sur terre » : la lettre d'adieu de la coordinatrice de l'ONU à la fin de son mandat

Malgré la sévérité de son constat, la responsable onusienne refuse tout fatalisme.

« Le Liban peut être un paradis sur terre » : la lettre d'adieu de la coordinatrice de l'ONU à la fin de son mandat

Vue sur Beyrouth et son port. Photo d'illustration Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour

En quittant Beyrouth après deux années à la tête du Bureau de la Coordinatrice spéciale des Nations unies pour le Liban (UNSCOL), Jeanine Hennis-Plasschaert n'a pas choisi la prudence diplomatique. Dans son message d'adieu, elle dresse un bilan politique des deux ans agités de son action au Liban, un diagnostic des blocages et un appel pressant à saisir la fenêtre d'opportunité qui s'est ouverte avec le nouveau mandat présidentiel, début 2025. Mme Hennis-Plaschaert a quitté le Liban et doit passer le relais à Jean Arnault, un diplomate onusien chevronné et expert de la médiation, nommé vendredi directeur par intérim du bureau.

Le texte s'ouvre sur une déclaration empreinte d'émotion pour le pays du Cèdre, dans lequel elle revient sur le vivre-ensemble inter-religieux, la richesse patrimoniale « nichée au cœur d'une architecture moderne » et « l'hospitalité libanaise qui ne connaît pas de limites ». Le ton bascule ensuite avec des « leçons plus dures » qu'elle a apprises au cours des deux dernières années.

Un diagnostic sans détour et une « occasion historique »

La diplomate décrit d'abord le drame humain de la crise économique. « C'est une chose de lire que l'économie libanaise s'est effondrée ; c'en est une autre de parler avec quelqu'un qui ne peut plus accéder aux économies de toute une vie », écrit-elle en allusion aux dépôts bloqués en banque depuis 2019. Elle dit avoir en outre observé de « profondes lignes de fracture confessionnelles, et le pragmatisme et l'empathie reculer derrière des lignes partisanes rigides » ou encore « la colère se cristalliser sous l'effet des dysfonctionnements politiques, de la corruption et de l'impunité. » Mme Hennis-Plaschaert affirme mieux comprendre « la complexité et l'impact dévastateur des armes non étatiques sur la société libanaise ; d'un État dans l'État. » A ce sujet, elle estime que le débat doit être élargi hors du seul cadre militaire.

Malgré la sévérité de son constat, la responsable onusienne refuse tout fatalisme. Selon elle, le pays dispose aujourd'hui d'une véritable possibilité de rebond. Le nouveau président et le gouvernement, écrit-elle, ont « porté des programmes courageux et ambitieux, brisant des tabous et dessinant la vision d'un État libanais fort et souverain ». Elle voit également un signe encourageant dans les négociations directes avec Israël à Washington, qui visent à consolider le cessez-le-feu après plus de deux ans de guerre entre le Hezbollah et l'Etat hébreu. « L'accord-cadre qui en est issu montre que le Liban est capable d'ouvrir de nouvelles voies », estime-t-elle, tout en rappelant qu'il « ne constitue qu'une partie d'un ensemble beaucoup plus vaste ». « Il n'y a pas de meilleur moment que maintenant pour lancer un appel fort à se rassembler derrière le drapeau libanais ! », souligne-t-elle.

Selon Jeanine Hennis-Plasschaert, la transformation de l'Etat ne pourra réussir que si l'ensemble de la classe politique accepte de changer de logique de fonctionnement. « Tous les dirigeants et responsables politiques devront faire passer l'intérêt supérieur de l'État avant les intérêts partisans ou confessionnels. » « Le Liban a beaucoup donné au monde. Il est désormais temps qu'il se donne à lui-même. Qu'il devienne pleinement le pays qu'il peut être. Un pays qui n'est rien de moins, franchement, qu'un paradis sur terre. »

En quittant Beyrouth après deux années à la tête du Bureau de la Coordinatrice spéciale des Nations unies pour le Liban (UNSCOL), Jeanine Hennis-Plasschaert n'a pas choisi la prudence diplomatique. Dans son message d'adieu, elle dresse un bilan politique des deux ans agités de son action au Liban, un diagnostic des blocages et un appel pressant à saisir la fenêtre d'opportunité qui s'est ouverte avec le nouveau mandat présidentiel, début 2025. Mme Hennis-Plaschaert a quitté le Liban et doit passer le relais à Jean Arnault, un diplomate onusien chevronné et expert de la médiation, nommé vendredi directeur par intérim du bureau.Le texte s'ouvre sur une déclaration empreinte d'émotion pour le pays du Cèdre, dans lequel elle revient sur le vivre-ensemble inter-religieux, la richesse patrimoniale «...
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