L'ancien gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé. Photo d’archives Joseph Eid / AFP
Le procureur général près la cour d’appel de Beyrouth, le juge Raja Hammouche, a engagé des poursuites contre l’ancien gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, et l’ancien PDG de Bank Audi, Samir Hanna, dans le cadre d’une affaire portant sur des infractions financières et monétaires, rapporte lundi l’Agence nationale d’information (ANI, officielle). Il a transmis le dossier à la première juge d’instruction de Beyrouth, Roula Osman.
Le juge Hammouche leur reproche notamment d’avoir créé des sociétés fictives, détourné des fonds appartenant à la BDL et de les avoir utilisés pour acquérir, par des moyens frauduleux, des actions et des obligations auprès de banques commerciales. Les deux hommes sont également poursuivis pour enrichissement illicite, blanchiment d’argent et corruption. La plainte déposée par l'actuel gouverneur de la BDL, Karim Souhaid, contre Riad Salamé et l'ancien PDG de Bank Audi, porte sur des placements de la banque centrale dans des sociétés, garantis par des actions de Bank Audi, qui auraient entraîné d'importantes pertes après que ces entités se sont révélées fictives ou en difficulté financière.
Le procureur général a demandé l’émission d’un mandat d’arrêt à l’encontre de Riad Salamé qui était déjà mis en garde à vue sur ordre du procureur général près la Cour de cassation, Ahmad Rami el-Hajj.
Déjà poursuivi au Liban pour un détournement présumé de fonds de la BDL et visé depuis 2023 par un mandat d'arrêt international émis par la justice française, Riad Salamé avait été emprisonné au Liban pendant un an avant d'être libéré sous caution. Le gouverneur de la BDL de 1993 à juillet 2023 nie les faits qui lui sont reprochés. Il avait été arrêté le 31 juillet à l’hôpital de Bhannès, où il s’était rendu après que le parquet près la Cour de cassation, n’ayant pas pu confirmer les raisons médicales invoquées pour justifier son absence à une audition, eut émis la veille un mandat de recherche à son encontre.
D’abord détenu à la prison de Roumié sur ordre du procureur général el-Hajj, l’ancien gouverneur de la BDL a été transféré lundi dernier à l’hôpital gouvernemental de Dahr el-Bachek. Mardi, sa famille a réitéré sa demande de le transférer à l’hôpital de Bhannès pour des raisons de santé, affirmant que, dans son lieu de détention actuel, il était « enchaîné et soumis à des actes d’humiliation » et que « sa vie est en danger ». Une source judiciaire de haut rang, contactée mardi par L’Orient-Le Jour, avait démenti ces accusations. Le parquet près la Cour de cassation a répondu mercredi, dans un communiqué, aux accusations de mauvais traitements.

