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Campus - Conférence

AUBMUN 2026 : la jeunesse libanaise choisit l’espoir

Placée sous le thème des objectifs de développement durable onusiens et de l’autonomisation des jeunes, cette édition a mis en lumière la résilience d’une génération qui poursuit son parcours académique et son engagement citoyen malgré les défis qui pèsent sur le pays.

Photo de groupe avec l’équipe AUBMUN et Sahar Baassiri, épouse du Premier ministre Nawaf Salam, invitée d’honneur.

Dans un pays aussi complexe que le Liban, marqué par les crises, les guerres, les divisions et les incertitudes, la jeunesse demeure l’un des derniers remparts de l’espoir et la voix de l’avenir.

La 9e édition de la conférence AUBMUN en a été une illustration éclatante. Initialement interrompue en raison de la guerre au Liban, la conférence a fait preuve d’une remarquable ténacité. Contre vents et marées, elle s’est finalement tenue les 23 et 24 mai à l’Université américaine de Beyrouth. Placée sous le thème des objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies et de l’autonomisation des jeunes, cette édition a mis en lumière la résilience d’une génération qui poursuit son parcours académique et son engagement citoyen malgré les défis qui pèsent sur le pays. De nombreux étudiants issus de différentes régions du Liban et de la région, aux côtés de 35 délégués internationaux ont pris part à cet événement d’envergure. Comme l’a souligné le président de l’AUB Fadlo Khuri, l’impact d’une telle initiative « dépasse largement le simple symbole » et « contribue à renforcer le tissu civique de la société ».

Rana el-Masri, responsable des relations publiques et coordinatrice des délégués internationaux.

Un espace de dialogue face aux crises

Selon le président de l’AUB, la conférence AUBMUN permet aux étudiants d’acquérir des compétences essentielles dans un contexte marqué par l’instabilité. Les participants y apprennent notamment « comment se construisent les opinions, comment se négocient les compromis » et découvrent que « le langage lui-même peut avoir le pouvoir soit d’attiser les tensions, soit de les apaiser ». Des enseignements qui trouvent un écho particulier dans les témoignages des étudiants ayant porté cette édition.

« Participer à l’AUBMUN avait pour moi une signification beaucoup plus profonde qu’une simple participation à une conférence. Notre génération refuse de rester paralysée par les crises », affirme Rana el-Masri, 21 ans, étudiante en science politique et administration publique à l’AUB, qui voit dans l’engagement des étudiants une forme de « résistance positive ». Selon elle, les jeunes Libanais continuent de « penser, débattre, construire et croire en l’avenir de leur pays ». Convaincue que « la seule manière d’avancer, au Liban comme ailleurs, reste la négociation et le dialogue », la responsable des relations publiques et coordinatrice des délégués internationaux de la conférence AUBMUN souligne que la capacité à s’exprimer, à écouter l’autre et à rechercher des solutions communes est « un droit humain fondamental ».

Dans le même esprit, Marco Lamah, 20 ans, étudiant en biologie, estime que l’AUBMUN permet aux étudiants de ne plus être de simples observateurs des crises, mais de réfléchir à des solutions concrètes. « Personne ne pense qu’un projet de résolution (draft resolution) va changer le monde à lui seul, mais l’exercice de la négociation demeure profondément formateur », souligne-t-il. Le directeur général de l’AUBMUN y voit également un acte symbolique fort : « Continuer à organiser quelque chose d’aussi ambitieux dans le Liban actuel, c’est refuser la résignation intellectuelle et le fatalisme. »

Dana al-Hachem, secrétaire générale de l’AUBMUN.

Dana al-Hachem, secrétaire générale de l’AUBMUN et étudiante en études politiques, 21 ans, explique que l’équipe a dû repenser entièrement cette édition après le déclenchement de la guerre : « Nous avons appris que la jeunesse libanaise est résiliente. » Pour elle, l’enjeu dépassait l’organisation d’un événement étudiant : « Ce que nous faisons au MUN reflète ce que nous espérons voir les jeunes accomplir dans la société libanaise : faire entendre leur voix et devenir des décideurs. »

Au-delà des débats, le moment le plus marquant pour Dana al-Hachem fut son discours de clôture, qui mettait un terme à huit années d’engagement dans le Model United Nations. Elle confie avoir ressenti « un sentiment d’humilité et de fierté », particulièrement en découvrant que son parcours avait pu transmettre à d’autres étudiants « l’espoir de voir le bon côté des choses et de s’émanciper ». Marco Lamah retient quant à lui le moment où des mois de préparation sont devenus réalité. Voir « les salles pleines, les débats avancer et les équipes coordonner des centaines de participants » lui a rappelé le chemin parcouru entre une idée et sa concrétisation. De son côté, Rana el-Masri a été marquée par la qualité des échanges entre des étudiants issus d’horizons différents. Voir des jeunes débattre « avec autant de passion et de respect, malgré leurs divergences » lui a rappelé la force du dialogue et l’« impact immense » que peuvent avoir ces espaces d’échange.

Marco Lamah, directeur général de l’AUBMUN. Photos AUB

Une confiance renouvelée dans la jeunesse libanaise

Si la conférence AUBMUN a permis aux participants de débattre des grands enjeux mondiaux, l’expérience semble surtout avoir renforcé leur confiance dans la capacité de la jeunesse à agir. Marco Lamah affirme être devenu « beaucoup moins fataliste quant à ce que notre génération est capable de construire ici », une conviction résumée dans les derniers mots de son discours : « Remain ambitious. Remain disciplined. Remain difficult to discourage. Especially now. Especially here. » (Restez ambitieux. Restez disciplinés. Restez difficiles à décourager. Surtout maintenant. Surtout ici.)

Dana al-Hachem voit dans cette expérience un « phare d’espoir pour l’avenir », tandis que Rana el-Masri confie que sa vision du Liban est devenue « plus réaliste mais aussi plus optimiste » après avoir vu des jeunes « proposer des idées, collaborer et prendre des initiatives malgré toutes les difficultés ».

Mais comment faire en sorte que ces espaces ne demeurent pas de simples parenthèses de réflexion ? « La différence réside dans le fait que l’expérience s’achève avec la séance de clôture ou qu’elle se prolonge sous la forme d’un engagement durable », explique le président de l’AUB. Selon lui, les écoles et les universités ont un rôle essentiel à jouer en créant des occasions pour les jeunes de poursuivre leur engagement à travers des projets communautaires, le service public, la recherche ou des espaces permanents de débat. « Les compétences acquises ne prennent véritablement tout leur sens que lorsqu’elles sont appliquées concrètement », souligne-t-il.

Fadlo Khuri insiste également sur la responsabilité individuelle des participants. Si la conférence leur fournit les outils nécessaires, c’est « l’usage qu’ils en feront, avec intégrité et détermination au-delà de l’événement, qui en déterminera la portée réelle ». À ses yeux, la conférence AUBMUN ne devrait pas être une finalité mais un point de départ.

Dans un Liban souvent travaillé par les crises et les fractures, l’AUBMUN a rappelé une vérité essentielle : lorsque les jeunes disposent d’un espace pour s’exprimer, collaborer et imaginer des solutions, ils deviennent bien plus que les leaders de demain. Ils sont déjà les bâtisseurs du présent.

Dans un pays aussi complexe que le Liban, marqué par les crises, les guerres, les divisions et les incertitudes, la jeunesse demeure l’un des derniers remparts de l’espoir et la voix de l’avenir.La 9e édition de la conférence AUBMUN en a été une illustration éclatante. Initialement interrompue en raison de la guerre au Liban, la conférence a fait preuve d’une remarquable ténacité. Contre vents et marées, elle s’est finalement tenue les 23 et 24 mai à l’Université américaine de Beyrouth. Placée sous le thème des objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies et de l’autonomisation des jeunes, cette édition a mis en lumière la résilience d’une génération qui poursuit son parcours académique et son engagement citoyen malgré les défis qui pèsent sur le pays. De nombreux étudiants issus de...
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