Rechercher
Rechercher

Technologies - Législation

Le Royaume Uni s'apprête à interdire l'accès des réseaux sociaux aux moins de 16 ans

À ce stade, plusieurs pays, dont l'Australie, pionnière en la matière, ou encore l’Indonésie, ont mis en place cette interdiction.

Le Royaume Uni s'apprête à interdire l'accès des réseaux sociaux aux moins de 16 ans

L’écran d’un téléphone portable affichant les icônes des applications de réseaux sociaux Facebook, Twitter et Instagram, prise à Manchester le 22 mars 2018. Photo d'illustration Oli SCARFF / AFP

Le Royaume-Uni va interdire l'accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 16 ans, a annoncé lundi le Premier ministre Keir Starmer, emboîtant le pas à plusieurs pays ayant déjà durci leur législation. La mesure entrera en vigueur au printemps 2027.

« Aujourd'hui, je peux annoncer que le gouvernement interdira l'accès aux réseaux sociaux à tous les enfants de moins de 16 ans », a déclaré le chef du gouvernement, défendant une « étape importante » pour le pays et les familles. « Les réseaux sociaux rendent les enfants malheureux. Ils facilitent le harcèlement et les abus », a encore déclaré Keir Starmer. Il a précisé vouloir faire adopter une loi en ce sens « avant Noël » afin que l'interdiction entre en vigueur « au début de l'année prochaine, probablement au printemps ».

À ce stade, plusieurs pays, dont l'Australie, pionnière en la matière, ou encore l’Indonésie, ont mis en place cette interdiction. Le Canada a annoncé jeudi son intention de faire de même, tandis qu'un projet de loi en ce sens est à l'étude au Parlement français pour les moins de 15 ans. Keir Starmer a également indiqué que son gouvernement allait prendre « des mesures inédites à l'échelle mondiale concernant les plateformes de jeux vidéo et de streaming, où actuellement des inconnus peuvent contacter n'importe quel enfant sans aucun contrôle ».

Pas de solution miracle

« La façon dont nous protégeons les enfants en ligne est l'un des plus grands débats de notre époque », avait déclaré M. Starmer en amont de cette prise de parole, selon un communiqué de Downing Street. Cette décision intervient à l'issue d'une consultation nationale sur le sujet. Lancée en janvier, celle-ci s'est achevée fin mai et a recueilli environ 116 000 contributions, dont celles d'adolescents, ce qui en fait la deuxième plus vaste consultation de l'histoire du pays, selon Downing Street. Plus de 83 % des parents ayant répondu à cette consultation ont déclaré que les risques des réseaux sociaux l'emportaient sur leurs avantages pour les enfants, et 91 % d'entre eux soutiennent un âge minimum de 16 ans avant que les plateformes ne puissent proposer leurs services aux mineurs.

Interrogée dimanche sur la BBC, la ministre de la Culture Lisa Nandy a reconnu que l'interdiction des réseaux sociaux n'était pas « une solution miracle », tandis que le sujet divise familles et associations. Ian Russell, dont la fille Molly s'est suicidée à 14 ans après avoir visionné des contenus faisant l'apologie du suicide, s'est toujours dit opposé à une interdiction. À l'inverse, Esther Ghey, la mère de Brianna Ghey, adolescente transgenre dont le meurtre par deux adolescents en 2023 a suscité une vague de choc dans le pays, y est favorable.

Le gouvernement britannique avait sommé le 8 juin les géants de la tech, tels qu'Apple et Google, de déployer dans les trois mois des outils bloquant l'envoi et la réception d'images sexuellement explicites par des mineurs » faute de quoi il légiférera en ce sens.

Les autres mesures

Si les plateformes comme TikTok, Facebook et Snapchat indiquent que les utilisateurs doivent avoir au moins 13 ans pour devenir membres, les mesures limitant l'accès des réseaux sociaux aux mineurs varient d'un pays à l'autre. Plusieurs États, comme le Danemark, la Slovénie, la Suède, la France, l'Espagne, la Pologne ou les États-Unis, ont entamé le processus de modification de leur législation.

L'Australie est devenue en décembre le premier pays au monde à interdire les réseaux sociaux aux enfants de moins de 16 ans, leur bloquant l'accès à des plateformes comme TikTok, YouTube, Instagram et Facebook.

La Chine a mis en place un programme baptisé « mode mineur », qui impose des restrictions au niveau des appareils et des règles spécifiques aux applications afin de limiter le temps d'écran selon l'âge de l'utilisateur. Le processus a été mis en place en plusieurs étapes entre 2019 et 2024.

En Allemagne, les mineurs de 13 à 16 ans peuvent utiliser les réseaux sociaux uniquement avec l'accord de leurs parents, une mesure découlant du Règlement général sur la protection des données, adopté par l'Union européenne et entré en vigueur le 25 mai 2018.

La Malaisie a commencé depuis le 1er juin à interdire l'inscription des moins de 16 ans sur les réseaux sociaux.

Le Parlement turc a adopté le 24 avril une loi interdisant l'utilisation des réseaux sociaux aux enfants de moins de 15 ans et introduisant de nouvelles règles pour les plateformes numériques, y compris les éditeurs de logiciels de jeux vidéo.

En Italie, les enfants de moins de 14 ans doivent obtenir le consentement parental pour créer un compte sur les réseaux sociaux, tandis qu'au-delà de cet âge, aucun consentement n'est requis.

En Norvège enfin, le gouvernement a proposé en 2024 de relever de 13 à 15 ans l'âge auquel les enfants peuvent consentir aux conditions requises pour utiliser les réseaux sociaux, même si les parents peuvent toujours donner leur accord en leur nom s'ils sont en dessous de cette limite.

Le Royaume-Uni va interdire l'accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 16 ans, a annoncé lundi le Premier ministre Keir Starmer, emboîtant le pas à plusieurs pays ayant déjà durci leur législation. La mesure entrera en vigueur au printemps 2027.« Aujourd'hui, je peux annoncer que le gouvernement interdira l'accès aux réseaux sociaux à tous les enfants de moins de 16 ans », a déclaré le chef du gouvernement, défendant une « étape importante » pour le pays et les familles. « Les réseaux sociaux rendent les enfants malheureux. Ils facilitent le harcèlement et les abus », a encore déclaré Keir Starmer. Il a précisé vouloir faire adopter une loi en ce sens « avant Noël » afin que l'interdiction entre en vigueur « au début de l'année prochaine, probablement au printemps ». Lire...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut