Un adolescent pose en tenant un téléphone mobile affichant un message de TikTok alors qu’une loi interdisant les réseaux sociaux aux utilisateurs de moins de 16 ans entre en vigueur en Australie, à Sydney (Australie), le 10 décembre 2025. Photo d’archive/ Hollie Adams / Reuters
Les plateformes de réseaux sociaux comme Instagram et TikTok doivent agir pour empêcher les jeunes utilisateurs de passer des heures à faire défiler sans réfléchir des vidéos interminables, a déclaré lundi le Premier ministre britannique Keir Starmer lors d'un entretien à la BBC radio.
L’« infinite scrolling », comme il est appelé en anglais, est un modèle d’interface utilisateur appliqué aux pages de résultats de recherche d’une plateforme ou d’un moteur, qui charge du contenu en continu au fur et à mesure que l’utilisateur fait défiler vers le bas, sans limite visible. Il élimine le besoin de pagination, c’est-à-dire la division du contenu en plusieurs pages, selon la définition donnée par le Nielsen Norman Group, une entreprise de recherche et de conseil spécialisée en expérience utilisateur considérée comme une référence dans le domaine.
Les avantages du défilement infini consistent principalement à rendre la navigation plus fluide et à augmenter le temps pendant lequel un utilisateur est susceptible d’utiliser l’interface. Mais il a aussi des défauts, comme celui de rendre la navigation plus chaotique et moins lisible, ou de poser des problèmes performances de l’application ou de la plateforme en chargeant trop de données si les défilements sont trop longs.
L’« infinite scrolling » est un outil à travers lequel certains utilisateurs font du « doomscrolling » (défilement de contenus négatifs ou anxiogènes, selon une traduction imparfaite en français), un comportement qui consiste à utiliser cette fonctionnalité à l’excès, au détriment de leur état de fatigue ou de leur santé, en perdant la notion du temps, notamment en recherchant des contenus à connotation négative. Les effets du « doomscrolling » sur la santé mentale des enfants et des adultes sont observés par plusieurs études réalisées par des experts et universitaires.
Interdire les réseaux sociaux
Le Royaume-Uni, à l’instar d’autres pays, envisage de restreindre l’accès des enfants aux réseaux sociaux et teste des interdictions, des couvre-feux et des limites de temps d’utilisation des applications afin d’évaluer leurs effets sur le sommeil, la vie familiale et le travail scolaire. « Nous consultons sur la possibilité d’interdire l’accès aux moins de 16 ans », a encore déclaré Keir Starmer. « Mais je pense qu’il est tout aussi important de s’attaquer aux mécanismes de défilement addictifs, qui posent selon moi un réel problème. Ils doivent disparaître. » Le Premier ministre britannique a ajouté que les plateformes de réseaux sociaux ont conçu des algorithmes destinés à encourager des comportements addictifs, et les parents demandent au gouvernement d’intervenir.
En décembre, l’Australie est devenue le premier pays au monde à interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans, tandis que la Grèce et l’Indonésie ont également adopté des mesures similaires.
Plus de 45 000 personnes ont déjà répondu à la consultation sur la sécurité des enfants en ligne, a indiqué le gouvernement britannique, ajoutant qu’il était encore possible de participer avant la date limite du 26 mai. « Nous voulons entendre les mères et les pères qui s’inquiètent du temps que leurs enfants passent en ligne et de ce qu’ils regardent », a déclaré lundi la secrétaire à la Technologie, Liz Kendall. « Nous voulons entendre les adolescents, qui savent mieux que quiconque ce que signifie grandir à l’ère des réseaux sociaux. Et nous voulons connaître l’avis des familles sur les couvre-feux, les chatbots d’IA et les fonctionnalités addictives. »



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