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Claude Mythos, l’IA d’Anthropic, met à l’épreuve les mécanismes qui sécurisent internet

Les paiements en ligne et les communications chiffrées reposent sur des algorithmes cryptographiques. Anthropic affirme que son IA Claude Mythos Preview en a découvert de nouvelles failles théoriques.


Claude Mythos, l’IA d’Anthropic, met à l’épreuve les mécanismes qui sécurisent internet

Des figurines miniatures et le logo de Claude sont visibles sur cette illustration réalisée le 20 juillet 2026. Photo d’illustration Dado Ruvic/Reuters

L’intelligence artificielle (IA) vient peut-être de franchir une nouvelle frontière : celle de la cryptographie, l’un des piliers de la sécurité numérique mondiale.

Anthropic, le créateur de l’assistant d’IA Claude, a annoncé mardi que son prototype Claude Mythos Preview était parvenu à découvrir de nouvelles failles théoriques dans deux algorithmes cryptographiques. Une avancée qui, selon l’entreprise, illustre les progrès rapides de l’IA dans un domaine jusqu’ici dominé par les spécialistes. Si ces travaux ne menacent pas les systèmes actuellement utilisés, ils montrent que les modèles d’IA sont désormais capables de contribuer à la recherche en cryptographie, jusqu’ici réservée aux experts.

La cryptographie repose sur des « cadenas numériques » qui protègent les données numériques sur internet, en les rendant illisibles pour toute personne non autorisée. Elle est au cœur du fonctionnement d’internet, sécurisant les transactions bancaires, les communications sur des applications comme WhatsApp, les e-mails ou encore la confidentialité des fichiers stockés en ligne. Sans ces mécanismes de chiffrement, les données pourraient être interceptées, consultées ou modifiées par des tiers malveillants.

Concrètement, lorsqu’un utilisateur effectue un paiement en ligne, les informations de sa carte bancaire sont automatiquement transformées en un code incompréhensible avant d’être transmises. Même si elles étaient interceptées, elles ne pourraient être lues sans la clé de déchiffrement appropriée. Selon Anthropic, les modèles les plus avancés pourraient désormais contribuer à détecter les erreurs humaines dans des algorithmes cryptographiques, en s’attaquant aux « fondements mathématiques » avant même leur adoption à grande échelle.

Des attaques jusqu’à «800 fois» plus rapides

Le premier résultat concerne HAWK, un système cryptographique numérique conçu pour résister aussi bien aux ordinateurs classiques qu’aux ordinateurs quantiques, qui est actuellement évalué par le National Institute of Standards and Technology (NIST). Si HAWK n’a même pas encore été déployé officiellement et reste à l’étude depuis 2024 en vue d’une éventuelle standardisation par le NIST, Claude Mythos Preview en a déjà trouvé la brèche. « Bien que HAWK ait résisté à deux séries d’examens approfondis menés par des experts humains pendant deux ans, Mythos a réussi à perfectionner la meilleure méthode d’attaque connue contre lui (...), divisant pratiquement par deux sa robustesse cryptographique », dévoile Anthropic.

L’entreprise est allée plus loin. La seconde faiblesse détectée vise une version simplifiée de l’advanced encryption standard (AES), l’un des algorithmes de chiffrement les plus utilisés au monde pour protéger le trafic internet, les réseaux sans fil et le stockage des données. Les chercheurs utilisent régulièrement des versions allégées d’AES pour tester sa robustesse. Anthropic affirme que son modèle a développé une nouvelle méthode d’attaque contre cette version expérimentale, permettant d’exécuter « les meilleurs attaques connues jusqu’à 800 fois plus rapidement ».

« Temporiser » la sortie des modèles d’IA

Anthropic insiste toutefois sur un point : « Ces travaux ne compromettent aucun système actuellement utilisé. » HAWK n’a pas encore été déployé et l’attaque contre AES ne concerne qu’une version simplifiée de l’algorithme, employée uniquement dans le cadre de recherches. Les transactions bancaires, les services de messagerie ou les communications sécurisées ne sont donc pas menacés. Pour l’entreprise, cette avancée montre surtout que les modèles d’IA deviennent capables de mener des travaux de recherche de haut niveau en cryptographie. Les attaques ont été communiquées aux auteurs de HAWK, examinées par des cryptographes indépendants et transmises au gouvernement américain ainsi qu’à plusieurs partenaires industriels avant leur publication.

Cette annonce intervient alors que les capacités des modèles d’IA suscitent des inquiétudes croissantes. Un millier d’employés d’entreprises à la pointe de l’IA, notamment le patron d’Anthropic, Dario Amodei, et des dirigeants d’OpenAI, Meta et Google ont ainsi demandé mardi au gouvernement américain d’aider à « temporiser » la sortie des modèles d’IA les plus avancés, inquiets d’une possible accélération incontrôlée.

Début avril, Anthropic a décidé de ne diffuser son nouveau modèle, Mythos, qu’à un groupe restreint d’organisations à des fins de sécurisation d’internet, le jugeant trop dangereux pour être commercialisé à grande échelle. La start-up californienne a mis en ligne une version bridée de Mythos, Fable 5, mais le gouvernement américain l’a rapidement contrainte à la retirer, citant des risques pour la sécurité nationale. Il a finalement donné son feu vert fin juin, après des modifications. Puis, mi-juillet, deux modèles d’OpenAI, lors d’une phase de tests, sont sortis de leur espace dédié, théoriquement confiné, pour rejoindre internet de leur propre initiative et faire intrusion sur la plateforme Hugging Face, une bibliothèque de modèles IA.


L’intelligence artificielle (IA) vient peut-être de franchir une nouvelle frontière : celle de la cryptographie, l’un des piliers de la sécurité numérique mondiale.Anthropic, le créateur de l’assistant d’IA Claude, a annoncé mardi que son prototype Claude Mythos Preview était parvenu à découvrir de nouvelles failles théoriques dans deux algorithmes cryptographiques. Une avancée qui, selon l’entreprise, illustre les progrès rapides de l’IA dans un domaine jusqu’ici dominé par les spécialistes. Si ces travaux ne menacent pas les systèmes actuellement utilisés, ils montrent que les modèles d’IA sont désormais capables de contribuer à la recherche en cryptographie, jusqu’ici réservée aux experts. La cryptographie repose sur des « cadenas numériques » qui protègent les données numériques sur...
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