Sur cette photo fournie par le service de presse d'Özgür Özel, le dirigeant politique signe les documents de création du Yeni Parti, à Ankara, le 24 juillet 2026. Photo AFP
Le chef de l’opposition turque Özgür Özel a quitté son parti historique, le CHP, dont il a été évincé, pour fonder un nouveau mouvement, a-t-il annoncé vendredi. « Puisse (cette démarche, NDLR) être bénéfique à notre pays, à notre nation, à notre parti et à nous tous », a affirmé M. Özel dans une vidéo partagée par son équipe où il est vu, portant une épingle de drapeau turc sur sa veste, en train de signer sa démission et les documents pour fonder son nouveau mouvement. Les documents pour la fondation du parti ont été remis vers midi au ministère turc de l’Intérieur.
Selon l’entourage de M. Özel, 91 députés ont quitté le CHP à sa suite pour rejoindre le comité fondateur du Yeni Parti (« Nouveau Parti » en turc), ce qui fait de lui la première force d’opposition au Parlement turc, après le parti au pouvoir du président turc Recep Tayyip Erdogan AKP qui détient 277 sièges. « Puisque l’autre camp était déterminé à bloquer toutes les voies et à ne jamais ouvrir de canaux démocratiques, il n’y avait pas d’autre choix », a affirmé M. Özel à des journalistes, vendredi.
Le CHP, parti social-démocrate historique fondé par le père de la République turque, Mustafa Kemal, voit sa représentation sérieusement entamée avec une quarantaine de députés restants. M. Özel, président depuis novembre 2023 de ce qui fut le premier parti d’opposition parlementaire, a été évincé en mai sur décision de justice et remplacé par l’ancien dirigeant du CHP, Kemal Kiliçdaroglu. Özgür Özel avait dénoncé une manœuvre du gouvernement destinée à faciliter la victoire du Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) du président Recep Tayyip Erdogan lors des prochaines élections, prévues en 2028. « L’AKP sait qu’il ne peut plus remporter d’élections démocratiques. Il sait que le peuple turc ne veut plus de lui », avait-il estimé.
Bien que M. Özel ait fait appel de la décision, la Cour suprême n’a pu examiner son recours avant sa suspension pour les vacances d’été, ce qui a déclenché sa décision de créer un nouveau parti.La décision du tribunal d’Ankara a annulé l’élection à la tête du CHP de 2023 en raison d’allégations d’achat de votes, une mesure largement perçue comme une manœuvre politique visant à faire taire les opposants d’Erdogan. Dans son dernier discours aux parlementaires lors de la réunion hebdomadaire du groupe parlementaire du CHP mardi, M. Özel a déclaré que la Turquie se trouvait à « un carrefour historique ». Quelques mois après l’élection de M.Özel à la tête du CHP, le destin de ce parti en difficulté s’est radicalement transformé, grâce à une victoire écrasante aux élections locales, où il a largement devancé l’AKP du président Erdogan. Depuis, le CHP fait face à une pression judiciaire croissante, avec l’arrestation de centaines de ses responsables pour des faits présumés de corruption, dont le maire d’Istanbul, Ekrem Imamoglu, considéré comme l’un des rares hommes politiques capables de vaincre Erdogan aux urnes. À ce jour, au moins 27 maires membres du CHP sont incarcérés.
Source : AFP


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