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Politique - Décryptage

Quand Trump évoque des « contacts » avec le Hezbollah


Que s’est-il donc passé au cours des 48 dernières heures ? Lundi matin, les Libanais étaient frappés par l’annonce d’un feu vert américain accordé aux frappes israéliennes sur la banlieue sud de Beyrouth. D’ailleurs, à peine la nouvelle avait-elle été diffusée que des milliers d’habitants de la banlieue sud se sont empressés de fuir leurs maisons dans lesquelles ils venaient à peine de rentrer. Les Libanais ont retenu leur souffle toute la journée... jusqu’à ce qu’ils entendent le président américain annoncer lui-même que les Israéliens ont renoncé à exécuter de nouveaux bombardements sur Beyrouth, avant d’ajouter qu’il a eu « une conversation très fructueuse avec le Hezbollah via des représentants de haut niveau ».

Une déclaration étonnante à plus d’un titre. D’une part, le président américain semble mettre sur le même plan les autorités israéliennes et en particulier le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le Hezbollah, en évoquant ses contacts avec ces deux parties pour aboutir à une désescalade. D’autre part, il reconnaît ouvertement avoir eu des contacts avec un groupe classé terroriste et placé sous sanctions, laissant de côté les autorités libanaises officielles, qui mènent pourtant les négociations avec les Israéliens sous le parrainage américain.

Les autorités libanaises ont ainsi préféré occulter cette phrase de Donald Trump, en insistant sur les négociations qui se déroulent mercredi et jeudi. Du côté américain, on se contente de préciser que c’était une manière pour le président américain de montrer qu’il implique toutes les parties dans la décision prise. Quant au Hezbollah, il hésite entre deux attitudes : d’une part, il veut mettre en avant le fait d’avoir été directement cité dans les contacts du président américain, ce qui constitue pour lui une sorte de reconnaissance même indirecte de son rôle et de son poids. D’autre part, il ne peut pas se vanter d’être cité par Donald Trump alors que dans tous ses médias, il place les Américains et les Israéliens dans le camp des « ennemis ».

Mais s’il dément ouvertement la version de Trump, le Hezbollah perdrait cette nouvelle dimension politique qu’elle lui donne. Toutefois, des sources bien informées au sein de ce parti précisent qu’en réalité, il n’y a pas eu de contact direct entre le Hezbollah et le président américain. Selon ces mêmes sources, après avoir longtemps empêché les Israéliens de bombarder la capitale et la banlieue sud, le président américain a finalement donné son feu vert à des attaques limitées pour porter un grand coup au Hezbollah. C’est donc ce qui a été divulgué lundi matin et qui a permis aux Israéliens de lancer leurs ordres d’évacuation de la banlieue sud de Beyrouth. Mais, à peine l’information publiée, les Iraniens auraient envoyé un message très ferme aux Américains en disant que si les Israéliens exécutent leurs menaces, ils sont prêts à bombarder non seulement les localités du Nord mais aussi Tel-Aviv. De même, les houthis ont annoncé être prêts à entrer en guerre, ajoutant qu’ils pouvaient fermer le détroit de Bab el-Mandeb. En fait, les Iraniens ont estimé que le feu vert américain accordé aux Israéliens est essentiellement dirigé contre eux.

Pour les Iraniens, en donnant leur feu vert à Netanyahu, les Américains chercheraient à faire d’une pierre deux coups : lui permettre d’avancer de façon significative sur le terrain au Liban et, en même temps, porter le coup de grâce au fameux « axe de la résistance », en montrant que les Iraniens ne volent pas au secours du Hezbollah. Pour cette raison, les Iraniens ont rapidement réagi en envoyant ce message musclé aux Américains. Selon cette version, Donald Trump a aussitôt cherché à empêcher l’effondrement du processus d’Islamabad. Il a donc contacté l’ambassadrice du Liban à Washington, Nada Hamadé, pour proposer l’arrêt des frappes du Hezbollah sur le nord d’Israël, moyennant la renonciation des Israéliens à bombarder la banlieue sud de Beyrouth. L’ambassadrice a aussitôt contacté le président Joseph Aoun pour lui communiquer cette proposition et ce dernier l’a transmise au Hezbollah par les canaux habituels.

De son côté, le président du Parlement, Nabih Berry, a pris une initiative en affirmant que si Israël accepte un cessez-le-feu total, il se charge d’obtenir l’approbation du Hezbollah. M. Berry a contacté l’ambassadeur des États-Unis au Liban pour lui transmettre sa proposition, et il aurait même mobilisé un ami commun afin de lui adresser le même message. Mais le Hezbollah n’a pas été directement impliqué. Pour lui, l’équation de la banlieue sud de Beyrouth contre le nord d’Israël (et donc la poursuite des destructions au Sud) ne peut pas être acceptée, puisqu’il réclame un cessez-le-feu total. Mais les sources précitées restent évasives quant à la question de savoir s’il va reprendre les attaques contre le nord d’Israël, car le parti est lui aussi dans une situation difficile. Les Israéliens pourraient utiliser cela comme prétexte pour frapper la banlieue sud de Beyrouth, ce qui serait forcément exploité par la communauté internationale et par les adversaires du Hezbollah à l’intérieur du pays. Il préfère donc attendre les résultats des négociations de Washington, tout en gardant un œil attentif sur le processus d’Islamabad, convaincu qu’en définitive, le sort du cessez-le-feu au Liban reste lié à l’évolution des relations entre l’Iran et les États-Unis. La situation reste donc très complexe, et dans ce tableau sombre, la petite phrase de Donald Trump ne change rien à la réalité. Elle peut toutefois montrer que les positions les plus antagonistes peuvent évoluer.


Que s’est-il donc passé au cours des 48 dernières heures ? Lundi matin, les Libanais étaient frappés par l’annonce d’un feu vert américain accordé aux frappes israéliennes sur la banlieue sud de Beyrouth. D’ailleurs, à peine la nouvelle avait-elle été diffusée que des milliers d’habitants de la banlieue sud se sont empressés de fuir leurs maisons dans lesquelles ils venaient à peine de rentrer. Les Libanais ont retenu leur souffle toute la journée... jusqu’à ce qu’ils entendent le président américain annoncer lui-même que les Israéliens ont renoncé à exécuter de nouveaux bombardements sur Beyrouth, avant d’ajouter qu’il a eu « une conversation très fructueuse avec le Hezbollah via des représentants de haut niveau ».Une déclaration étonnante à plus d’un titre. D’une part, le président...
commentaires (4)

Très chère Hacker Marilyn, Trump serait incapable de trouver les Etats-Unis sur une carte, comme, selon des sondages fiables, le seraient 40% des lycéens aux écoles américaines au niveau du bac ("high school diploma"). Par contre Trump sait bien que Toronto est en Italie plutôt qu’au Canada, comme ces mêmes 40%.

OUSSAMA NASR

23 h 01, le 04 juin 2026

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Commentaires (4)

  • Très chère Hacker Marilyn, Trump serait incapable de trouver les Etats-Unis sur une carte, comme, selon des sondages fiables, le seraient 40% des lycéens aux écoles américaines au niveau du bac ("high school diploma"). Par contre Trump sait bien que Toronto est en Italie plutôt qu’au Canada, comme ces mêmes 40%.

    OUSSAMA NASR

    23 h 01, le 04 juin 2026

  • tRump serait incapable de trouver le Liban sur une carte, et a moins d’expertise en diplomatie que feu mon grand-père, épicier de son état ….

    Hacker Marilyn

    10 h 13, le 03 juin 2026

  • Quand on prend ses rêves pour des réalités. Mon Dieu, quel bla bla pour ne rien dire

    Ras le bol

    08 h 47, le 03 juin 2026

  • Trump l’imprévisible, c’est bien ce qui donne des sueurs froides à tous ses interlocuteurs. Dahyé est donc, pour le moment, sauvée par le grand satan. Ce n’est pas le hezbollah qui va l’avouer, alors il fait la petite bouche. Trump donne l’impression que tout celà commence à l’ennuyer et qu’il veut passer à autre chose, cuba par exemple. De son côté natenyahu le déchaîné n’est pas connu pour être trop docile aux injonctions américaines. Bien fort est celui qui peut prévoir la suite.

    NG

    08 h 00, le 03 juin 2026

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