Le moment a été couronné de déceptions. Pendant près de neuf heures vendredi, les délégations militaires libanaise et israélienne ont discuté au Pentagone, en présence des Américains, non seulement sans enregistrer la moindre percée, mais en montrant au contraire l’ampleur du fossé entre elles. Certes, nul ne pouvait s’attendre à une solution à la suite de ce contact direct, mais les Américains espéraient au moins qu’il se déroulerait dans un climat de bonne volonté pour paver la voie à des entretiens plus fructueux. Mais les choses ne se sont pas déroulées ainsi.
Le Liban est ainsi arrivé à la réunion en réclamant un cessez-le-feu complet. Les Israéliens, de leur côté, voulaient imposer une coordination sur le terrain avec l’armée libanaise pour désarmer le Hezbollah et éliminer sa présence au Sud. Quant aux Américains, ils pouvaient se déclarer satisfaits par la tenue même de cette rencontre entre les deux armées à cause de son symbolisme, mais ils n’ont pas réussi à aller plus loin, même en revenant à la théorie du « pas contre pas ».
Dans les détails des négociations de 9 heures, selon des sources diplomatiques concordantes et proches des autorités libanaises, les Israéliens sont arrivés à la réunion avec des dossiers épais et détaillés sur la géographie du Sud et sur les installations potentielles du Hezbollah dans cette zone. Ils considéraient qu’ils étaient déjà d’accord avec les autorités libanaises sur la nécessité de désarmer le Hezbollah et voulaient donc qu’un plan détaillé soit mis en place pour mener à bien ce processus. Ils proposaient aussi de créer un organisme commun de coordination entre les deux armées pour réaliser ce désarmement et échanger les informations nécessaires. Les Israéliens auraient aussi réclamé un calendrier pour le désarmement du Hezbollah et ils auraient même proposé la création d’une zone d’essai au Sud, par laquelle les deux armées commenceraient leur mission.
Par contre, du côté libanais, il n’était pas question de commencer à étudier ces détails avant de parvenir à la conclusion d’un vrai cessez-le-feu. Mais au moment même où les pourparlers devaient commencer, les Israéliens ont augmenté leurs bombardements au Sud, rendant difficile, voire impossible, pour le Liban de discuter en profondeur du processus. D'autant que Beyrouth avait au préalable demandé à ne pas discuter « sous la pression du feu ». Face à ces visions contradictoires, il était évidemment difficile de faire avancer le débat. Malgré cela, le Liban a aussi réclamé aux Israéliens de renoncer à leur politique de vider les localités du Sud, tout en suggérant la préparation d’un plan de retrait progressif des zones récemment occupées. Il a aussi proposé de réactiver le fameux comité de surveillance de l’application du cessez-le-feu, appelé « le mécanisme », lancé dans l’accord du 27 novembre 2024. À ce sujet, il faudra tenir compte du fait que la mission de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), membre de ce mécanisme, s’achève à la fin de cette année, et qu’il faudra donc voir si elle sera remplacée.
En face, la position israélienne exige une coordination avec l’armée avant l’entrée en vigueur du cessez-le-feu. Selon les Israéliens, un cessez-le-feu ne devrait d’ailleurs pas les empêcher d’agir dès qu’ils se sentent menacés. Sollicités à cet égard, les Américains ont rappelé que ce sont eux qui ont demandé aux Israéliens de ne pas frapper Beyrouth et ses environs, ainsi que les quelques ponts restants au Sud. Mais ils ont ajouté qu’Israël a le droit de se protéger.
Face à ces positions figées et sur fond d’embrasement au Sud et dans la Békaa-Ouest, il est clair que les négociations sécuritaires et militaires techniques ne pouvaient pas avancer et se sont terminées vendredi dans la nuit sur le constat de divergences profondes. D’ailleurs, le Premier ministre Nawaf Salam a bien fait remarquer, dans son discours de samedi aux Libanais, que les résultats de ces négociations ne sont pas garantis, mais qu’elles restent moins coûteuses pour les Libanais que leur absence.
De son côté, le Hezbollah, qui n’a jamais caché son opposition à la tenue des négociations directes avec les Israéliens, n’est pas mécontent. Une fois de plus, pour lui, la parole est donc au terrain. Il considère à cet égard que plus les Israéliens avancent en territoire libanais, plus ils deviennent des cibles faciles à atteindre. Les Israéliens, eux, profitent du temps qui leur est accordé en attendant des décisions fermes pour au moins renforcer et accroître leurs cartes, en avançant et en détruisant un maximum de localités, qui deviennent ainsi inhabitables.


Israel ne veut pas désarmer le hzb, qu'elle utilise comme prétexte pour détruire le Liban. Israel cherche à torpiller tout accord américain avec l'iran, semer le chaos et provoquer une nouvelle guerre civile au Liban. La communauté international doit condamner Israel haut et fort pour violation du droit international et de la souveraineté du pays, imposer des sanctions sévères et être mise aux bans des nations comme état voyou et génocidaire.
17 h 29, le 01 juin 2026