De la fumée s'élèvant du château de Beaufort après une frappe israélienne, vue de Marjeyoun, au Liban-Sud, le 27 mai 2026. Photo Stringer/Reuters
Les abords du château de Beaufort, forteresse médiévale connue localement sous le nom de Qalaat al-Chaqif, ont été ciblés par une série de frappes lourdes israéliennes, et le ministre de la Culture, Ghassan Salamé, a relayé sur son compte X une vidéo diffusée par le collectif Green Southerners, montrant un épais panache de fumée s’élevant des lieux.
Pour le moment, il n'a pas été possible d'établir une évaluation officielle des dégâts collatéraux qu’a pu subir ce site historique, inscrit sur la liste des biens culturels sous protection renforcée par l’Unesco, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture.
« En raison des opérations militaires en cours, la dangerosité des routes empêche la Direction générale des Antiquités (DGA) d’accéder au site », explique l’architecte et conseiller du ministre de la Culture Jad Tabet, ajoutant qu’une équipe de l’Unesco suit par satellite l’état des sites protégés par le protocole de l’Organisation onusienne, dans le sud du Liban.
La guerre, qui brûle des milliers d’hectares de terres agricoles et détruit les villages ainsi que les infrastructures, va-t-elle aussi effacer les repères historiques du pays ?
Dans le sud du Liban, cinq forteresses — le château de Beaufort, Qalaat Tibnin, Qalaat Chakra (également connue sous le nom de Qalaat Doubieh), Qalaat Deir Kifa et Qalaat Chamaa, aujourd’hui quasiment dévastée — constituent, selon l’Unesco, « de remarquables exemples d’échanges culturels et architecturaux au Proche-Orient durant la période médiévale ». Ensemble, elles représentent un témoignage rare et authentique de l’évolution de l’architecture fortifiée sur près de neuf siècles, ces places fortes étant restées en usage jusqu’à la fin du XIXe siècle.
Le fleuron reste cependant Qalaat al-Chaqif, inscrite sur la liste indicative du patrimoine mondial sous le dossier « Les châteaux du Mont-Amel ». Toujours selon l’agence de l'ONU, elle est reconnue comme « l’une des forteresses de l’époque des Croisades les mieux conservées du Proche-Orient (…) et constitue un archétype remarquable de l’architecture militaire médiévale, particulièrement associée aux ordres militaires ».
Une situation géostratégique
Construit vers 1137 par le roi de Jérusalem, puis agrandi et modifié par les Ayyoubides, les Mamelouks et les gouverneurs féodaux de la famille Al-Saabi, le château de Beaufort se dresse sur un éperon rocheux à une altitude de 710 mètres. Il domine un paysage s’étendant sur tout le sud jusqu’au nord d’Israël. En raison de sa position géostratégique, il a toujours été âprement disputé depuis l’époque des Croisades.
Le XXe siècle ne l’a pas épargné. À la fin des années 1970, l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) y avait établi l’une de ses principales bases. Puis, lors de l’opération « Paix en Galilée », qu'elle a lancée en juin 1982, l’armée israélienne a soumis la forteresse à d’intenses bombardements, provoquant d’importants dégâts, avant de l’occuper et d’y rester jusqu’en l'an 2000.
Depuis sa libération, un important projet de conservation et de mise en valeur a été entrepris par la Direction générale des Antiquités, dans le cadre d'une initiative soigneusement conçue pour préserver l’authenticité et l’intégrité du château, conformément aux normes internationales en matière de conservation du patrimoine culturel. Son exécution, qui s’est étalée entre 2002 et 2015, a été confiée au Conseil du développement et de la reconstruction (CDR). Les financements attribués par l’État libanais s’étant avérés insuffisants, le budget des travaux, initialement estimé aux alentours de 2 millions de dollars, a rapidement explosé. Il a donc fallu faire appel au Fonds de développement du Koweït, devenu le principal contributeur du projet.


Comment voulez-vous que ces animaux respectent un site archéologique, eux-mêmes, qui ont si peu de culture, qu'ils n'hésitent pas à s'attribuer celle des autres, tout comme les terres qu'ils continuent à voler !
16 h 33, le 30 mai 2026