Des membres de familles australiennes soupçonnées d’être liées aux militants de Islamic State attendent de quitter le camp de Roj camp près de Derik, en Syria, le 24 avril 2026. Photo REUTERS/Orhan Qereman
Les derniers Australiens, qui étaient encore détenus dans un camp du nord-est de la Syrie abritant des proches de jihadistes présumés du groupe Etat islamique (EI), sont partis cette semaine, a indiqué samedi à l'AFP un responsable du site.
Au total, 21 Australiens, sept femmes et 14 enfants âgés de 8 à 14 ans, ont été « remis au gouvernement syrien et transférés vers la capitale syrienne en vue de leur transfert en Australie », détaille cette source ayant requis l'anonymat. « Il ne reste plus d'Australiens à Roj », ajoute-t-elle.
Les forces kurdes contrôlent le camp de Roj, où des proches de jihadistes étrangers présumés, dont des Occidentaux, sont détenus depuis des années.
Début mai, 13 autres Australiens — quatre femmes et leurs neuf enfants — avaient été rapatriés dans leur pays après avoir quitté ce camp où elles étaient bloquées depuis la débâcle de l'EI en 2019.
Parmi ces femmes, une mère et sa fille ont été arrêtées par la justice australienne dès leur arrivée, soupçonnées d'avoir détenu une esclave chez elles. Une autre est elle poursuivie pour entrée dans une zone interdite et pour avoir rejoint une « organisation terroriste ».
L'Australie a érigé en infraction le fait de se rendre dans la province de Raqqa, bastion du groupe Etat islamique en Syrie, entre 2014 et 2017. Des ressortissants australiens avaient déjà pu quitter en 2019, 2022 et 2025 ce camp, où vivent toujours des centaines de femmes et enfants de nationalité étrangère.
Les forces kurdes avaient été le fer de lance de la lutte contre l'EI en Syrie, avec l'appui de la coalition multinationale dirigée par les Etats-Unis. Elles avaient incarcéré des milliers de jihadistes dans des prisons, alors que leurs familles étaient placées dans des camps. Nombre de ces proches ont quitté celui d'Al-Hol ces derniers mois, après le retrait des Kurdes chassés de vastes zones du nord-est par l'armée syrienne, seul le camp plus petit de Roj restant sous leur contrôle.
Des centaines de femmes de pays occidentaux ont été attirées au Moyen-Orient quand le groupe Etat islamique occupait un territoire important au début des années 2010, suivant dans de nombreux cas leurs maris, des combattants jihadistes. Ces pays sont confrontés à présent à la question du retour de leurs ressortissants.


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