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Politique - Guerre Au Liban

Baïssariyé fait ses adieux à Amal Khalil, à Beyrouth journalistes et proches promettent : « Nous resterons sur le terrain »

La diplomate libanaise à Genève appelle l’ONU à enquêter sur les attaques visant des journalistes.

Baïssariyé fait ses adieux à Amal Khalil, à Beyrouth journalistes et proches promettent : « Nous resterons sur le terrain »

Un homme brandissant l'édition du jour du journal al-Akhbar, avec la photo d'Amal Khalil, lors d'un sit-in dans le centre-ville de Beyrouth, le 23 avril 2026. Photo Matthieu Karam / L'Orient-Le Jour

Les funérailles de la journaliste Amal Khalil, tuée la veille dans une frappe israélienne au Liban-Sud, ont rassemblé jeudi une foule nombreuse dans son village natal de Baïssariyé, dans le caza de Saïda, tandis qu’un sit-in organisé à Beyrouth a réuni des confrères venus lui rendre hommage et réaffirmer leur présence sur le terrain malgré les risques.

A Baïssariyé, le cortège funèbre a traversé les rues de la localité au rythme de slogans scandés par les participants, parmi lesquels « Mort à l’Amérique », « Mort à Israël » et « Labayka ya Hussein » (« À tes ordres, Hussein »). Les habitants ont jeté du riz et des fleurs sur le cercueil tout au long du parcours, rapporte notre correspondant sur place, Mountasser Abdallah. Le cercueil a été porté à dos d’hommes, au milieu d’une foule nombreuse composée d’habitants du village et des localités voisines, en présence de plusieurs journalistes.

Les funérailles d'Amal Khalil à Baïssariyé, le 23 avril 2026. Photo L'Orient-Le Jour/Mohammad Yassine


La journaliste avait été tuée la veille dans une frappe israélienne ayant visé une maison où elle s’était réfugiée à Tiri, un village situé dans la zone dite « tampon » qu’Israël cherche à établir au Liban-Sud. Cette frappe est intervenue après d’autres raids sur la localité, dont l’un avait fait deux autres victimes. Les forces israéliennes ont empêché pendant plusieurs heures l’accès des secouristes au village, alors même qu’un cessez-le-feu est officiellement en vigueur au Liban depuis le 17 avril.

Plus tôt dans la journée, environ 150 personnes ont observé un sit-in au centre-ville de Beyrouth en mémoire de la journaliste. À l’appel de l’Union des journalistes au Liban, confrères et consœurs se sont rassemblés sur la place des Martyrs.

Au micro, Elsy Moufarrej, coordinatrice du Syndicat alternatif de la presse, a raconté que, la dernière fois qu'elle a parlé à Amal Khalil, « on évoquait tous ces martyrs (de la presse), les uns après les autres... Maintenant, c’est elle qui est tombée en martyr. Il semble que cela était inévitable ». Elle a dénoncé un « crime israélien » et affirmé que cette affaire est « entre les mains de l'Etat », appelant à ce qu'elle soit transférée devant la Cour pénale internationale, « qu’Israël craint plus que tout »

Interrogé par notre journaliste Matthieu Karam dans le centre-ville de Beyrouth, Mohammad Zanaty, un reporter qui a largement couvert ce conflit et le précédent, et qui était un ami d’Amal Khalil, a dénoncé un « crime caractérisé ». « Les Israéliens savaient qu’elle était journaliste. Ils l’ont visé une fois, deux fois… », accuse-t-il. Il explique que, lors de l'attaque sur Tiri, il se trouvait « à Tebnine, non loin d'elle, mais nous ne pouvions pas accéder au lieu de l’attaque pour l’aider (…) ». Il refuse toutefois de baisser les bras : « Son meurtre ne va pas nous décourager. Si cela devait être le cas, nous aurions arrêté de faire notre métier après le meurtre de Issam Abdallah, de Ali, de Fatima… mais nous continuerons à être sur le terrain », a-t-il lancé, mentionnant les noms du journaliste de Reuters tué par un obus d'artillerie israélien le 13 octobre 2023 au Liban-Sud, ainsi que de Ali Choeib et Fatima Ftouni, correspondants pour les chaînes al-Manar et al-Mayadeen, tués dans une frappe de drone à Jezzine fin mars 2026.

La diplomate libanaise à Genève appelle l’ONU à enquêter

Depuis la reprise des combats entre le Hezbollah et l’armée israélienne le 2 mars, au moins huit journalistes ont été tués par Israël, dont certains, comme Amal Khalil, ont été directement ciblés. C’était notamment le cas du reporter d’Al-Manar, Ali Choeib, dont la voiture a été frappée par un drone le 28 mars 2026, alors qu’il circulait à Jezzine avec deux autres journalistes.

C’est dans ce cadre que l’ambassadrice du Liban à Genève, Caroline Ziadé, a appelé le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, à intervenir au sujet des attaques israéliennes visant des journalistes au Liban depuis le 2 mars. Elle a indiqué que le ministère libanais de l’Information a documenté des frappes répétées contre des travailleurs des médias, notamment Ghada al-Dayekh de « Sawt el-Farah », ainsi que Suzanne Khalil de la radio « Al-Nour » et de la chaîne « Al-Manar ».

Caroline Ziadé a indiqué que ces incidents constituent de graves violations du droit international humanitaire, invoquant les protections accordées aux civils et aux journalistes par les Conventions de Genève, leurs protocoles additionnels et le Statut de Rome. Elle a ajouté que 28 journalistes libanais ont été tués depuis octobre 2023 sans qu’aucune responsabilité n’ait été établie, soulignant la nécessité urgente de protéger les professionnels des médias dans les zones de conflit. Elle a appelé à une « intervention de l’ONU afin de garantir des enquêtes, la reddition de comptes et le respect du droit international par Israël ».


Les funérailles de la journaliste Amal Khalil, tuée la veille dans une frappe israélienne au Liban-Sud, ont rassemblé jeudi une foule nombreuse dans son village natal de Baïssariyé, dans le caza de Saïda, tandis qu’un sit-in organisé à Beyrouth a réuni des confrères venus lui rendre hommage et réaffirmer leur présence sur le terrain malgré les risques.A Baïssariyé, le cortège funèbre a traversé les rues de la localité au rythme de slogans scandés par les participants, parmi lesquels « Mort à l’Amérique », « Mort à Israël » et « Labayka ya Hussein » (« À tes ordres, Hussein »). Les habitants ont jeté du riz et des fleurs sur le cercueil tout au long du parcours, rapporte notre correspondant sur place, Mountasser Abdallah. Le cercueil a été porté à dos d’hommes, au milieu d’une foule nombreuse...
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