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Société - Conflit

Journaliste tuée par Israël au Liban-Sud : concert de condamnations, Salam promet de saisir la justice internationale

Aoun et le Hezbollah dénoncent une volonté israélienne de « dissimuler les crimes » perpétrés au Liban-Sud.

Journaliste tuée par Israël au Liban-Sud : concert de condamnations, Salam promet de saisir la justice internationale

La journaliste Amal Khalil. Photo tirée de son compte LinkedIn

Le président Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam ont dénoncé jeudi le ciblage, par Israël, des journalistes au Liban-Sud, après la mort de la journaliste d'al-Akhbar, Amal Khalil, tuée le 22 avril dans une frappe israélienne sur Tiri, dans le caza de Bint Jbeil. La journaliste se trouvait dans cette localité en compagnie d'une photographe, Zeinab Faraj, lorsqu’une frappe israélienne a eu lieu dans l’après-midi, suivie d’une seconde, qui l’a ensevelie sous les décombres d’une maison où elle s'était réfugiée. Empêchés pendant plusieurs heures par Israël de se rendre à Tiri, l'armée libanaise et la Croix-rouge libanaise ont finalement pu arriver sur les lieux et, après de longues heures de recherche dans les décombres, extraire la dépouille de la journaliste en fin de soirée.

« Le ciblage délibéré et direct des journalistes par Israël vise à dissimuler la vérité sur ses actes d'agression contre le Liban. Ces actes constituent des crimes contre l'humanité, punissables en vertu du droit international et des conventions internationales, et devraient inciter la communauté internationale à intervenir et à y mettre fin », a déclaré le chef de l'Etat dans un communiqué. Le président Aoun a présenté ses condoléances à la famille de la journaliste ainsi qu'à la rédaction du journal al-Akhbar, une publication proche du Hezbollah. Il a par ailleurs souhaité un prompt rétablissement à sa collègue Zeinab Faraj, blessée lors de la même attaque et opérée à l'hôpital de Tebnine.

Le président du Parlement, Nabih Berry, a présenté ses condoléances à la famille de la journaliste Amal Khalil et s’est également entretenu par téléphone avec Ibrahim el-Amine, rédacteur en chef du journal al-Akhbar, pour lequel la victime travaillait. M. Berry a condamné « un crime prémédité, perpétré par les forces d'occupation contre la presse et la liberté d'expression ».

« Crimes de guerre »

Nawaf Salam a estimé pour sa part que « cibler les journalistes, entraver l’arrivée des équipes de secours et même s’en prendre à nouveau à leurs positions après l’arrivée de ces équipes constituent des crimes de guerre ». « Le ciblage par Israël des journalistes dans le sud du pays, alors qu’ils exercent leurs fonctions, n’est plus un incident isolé, mais une politique avérée que nous condamnons et rejetons, conformément au droit et aux normes internationales. Le Liban ne ménagera aucun effort pour que ces crimes soient poursuivis devant les instances internationales compétentes », a écrit le Premier ministre sur X.

Durant la journée de mercredi, malgré la trêve que Beyrouth devrait demander de prolonger de deux mois jeudi, l’armée israélienne a mené plusieurs attaques meurtrières au Liban-Sud, tout en poursuivant ses opérations de destructions dans la zone frontalière qu’elle cherche à transformer en « zone tampon ». Amal Khalil couvrait le conflit à Tiri, dans cette zone établie de facto par l'Etat hébreu, avec sa collègue photographe Zeinab Faraj lorsqu’elles ont été prises au piège sous les bombardements israéliens.

« Mépris flagrant du droit international »

Après une frappe ayant visé un véhicule qui se trouvait devant elle et fait deux morts, Amal Khalil et Zeinab Faraj n’ont pas pu être évacuées. Dans la foulée, l’armée israélienne a interdit l’accès de la zone aux ambulances, à la Croix-Rouge et à l’armée libanaise. Les deux journalistes ont assisté à plusieurs tentatives de secours successives. Une première équipe de la Croix-Rouge a pu récupérer les corps des victimes. Une seconde tentative d’évacuation des journalistes a ensuite été interrompue par une frappe de drone israélien.

Le ministère de la Santé a publié un communiqué présentant ses condoléances à la famille d'Amal Khalil et à l'ensemble de la communauté médiatique libanaise. Le communiqué qualifie par ailleurs l'événement d'« horrible et infâme », expliquant que les forces israéliennes l'ont poursuivie jusque dans la maison où elle s'était réfugiée. « Le ministère condamne avec la plus grande fermeté ce crime odieux, qui s'ajoute à la longue liste des crimes commis par l'ennemi israélien contre des civils, notamment des journalistes et des secouristes, démontrant ainsi son mépris flagrant du droit international et des valeurs humanitaires », indique le texte.

Coordonner les déplacements avec l'armée

Le ministre de l'Information, Paul Morcos, a de son côté rendu hommage à la journaliste, lors d'un entretien sur la LBCI, et fait état de contacts, notamment avec l'Unesco et le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, pour déposer une plainte formelle devant les instances internationales contre les attaques israéliennes visant les journalistes. Il a souligné qu'il porterait à nouveau cette question devant le Conseil des ministres, qui doit se réunir à 15h, pour faire suite aux procédures de plainte. Il a encore évoqué des contacts avec l'ONU, l'Union européenne, l'Unesco et la Finul pour « relancer un mécanisme permettant aux journalistes de signaler leur entrée dans des zones dangereuses », tout en soulignant que cela « n’offre aucune véritable garantie de sécurité ».

L'Ordre des rédacteurs a également condamné l'attaque ayant tué Amal Khalil, indiquant que 27 journalistes ont été tués dans des frappes israéliennes depuis le début du conflit, en octobre 2023. « Nous conseillons aux journalistes de se coordonner avec l’armée et les forces de sécurité légitimes dans les zones exposées aux attaques de l’occupation (israélienne), ainsi que la Finul et la Croix-Rouge libanaise, afin d’éviter toute aventure mortelle », indique un communiqué.

« Volonté de faire taire les médias »

Le Hezbollah a fermement condamné l'assassinat de la journaliste « alors qu’elle accomplissait son devoir dans le sud du Liban ». Il a dénoncé un « crime de guerre manifeste et une tentative de faire taire les médias libres et nationaux », rappelant que l'armée israélienne a également empêché les secours d'arriver immédiatement sur les lieux de la frappe, dans la zone tampon que Tel-Aviv établit de facto dans le sud du Liban. Le député du parti-milice Ibrahim Moussaoui, qui préside la commission parlementaire des Médias et des Télécoms, a également condamné la frappe, soulignant « ne pas être surpris face à ce crime ». « Nous appelons toutes les institutions médiatiques, les organisations humanitaires et les instances juridiques internationales à condamner fermement l'agression sioniste contre le Liban et à poursuivre cet ennemi et ses dirigeants devant les tribunaux internationaux et les instances juridiques compétentes », a-t-il dit. De son côté, le Hamas au Liban a « fermement condamné » le meurtre de la journaliste libanaise dans une attaque israélienne « lâche ». « Ce crime constitue une violation flagrante de la liberté de la presse et du droit international, visant à faire taire la vérité » sur la situation dans le sud du pays, selon le mouvement palestinien. « Le ciblage des journalistes n’arrêtera pas le message de la résistance ni la quête de justice », a ajouté le communiqué du Hamas.

Le Courant patriotique libre (CPL) a, pour sa part, appelé les autorités libanaises à « organiser des campagnes diplomatiques et médiatiques d’envergure contre les crimes israéliens, pour empêcher qu’ils ne se reproduisent et protéger les journalistes, ainsi que les équipes d’ambulanciers et de protection civile qui demeurent vulnérables ». Le Parti socialiste progressiste (PSP, joumblattiste) a pour sa part dénoncé le « nouveau crime commis par Israël, qui a également entravé l'accès des secouristes » sur le lieu des frappes, « en violation flagrante de toutes les lois et conventions internationales ».

Réagissant à cette attaque, l'armée israélienne a affirmé mercredi avoir frappé dans le secteur de Tiri deux véhicules à bord desquels se trouvaient des « terroristes », qui avaient « franchi la ligne de défense avancée » de ses troupes dans le sud du Liban. Elle a démenti avoir « empêché les équipes de secours d'accéder à la zone ». Sollicité par l'AFP jeudi, un porte-parole de l'armée israélienne a expliqué que « l'incident était toujours en cours d'examen ».

L'armée israélienne a ciblé plusieurs journalistes lors de la dernière escalade. Fin mars, l'armée israélienne avait ciblé et tué Ali Choeib, le correspondant de la chaîne al-Manar, ainsi que la journaliste Fatima Ftouni d'al-Mayadeen, et le frère de cette dernière, un caméraman. D'autres frappes ont visé des ambulances et des équipes médicales, tuant des secouristes.

Une trêve de dix jours, qui expire dimanche, est entrée en vigueur le 17 avril après une première rencontre entre les ambassadeurs du Liban et d’Israël, deux pays toujours en état de guerre. Le Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans le conflit régional aux côtés de l’Iran le 2 mars en lançant une attaque contre Israël, s’oppose à ces discussions. Depuis cette date, les frappes israéliennes sur le Liban ont fait 2.454 morts et plus d’un million de déplacés, selon le dernier bilan officiel.

Le président Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam ont dénoncé jeudi le ciblage, par Israël, des journalistes au Liban-Sud, après la mort de la journaliste d'al-Akhbar, Amal Khalil, tuée le 22 avril dans une frappe israélienne sur Tiri, dans le caza de Bint Jbeil. La journaliste se trouvait dans cette localité en compagnie d'une photographe, Zeinab Faraj, lorsqu’une frappe israélienne a eu lieu dans l’après-midi, suivie d’une seconde, qui l’a ensevelie sous les décombres d’une maison où elle s'était réfugiée. Empêchés pendant plusieurs heures par Israël de se rendre à Tiri, l'armée libanaise et la Croix-rouge libanaise ont finalement pu arriver sur les lieux et, après de longues heures de recherche dans les décombres, extraire la dépouille de la journaliste en fin de soirée. ...
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Et vous voulez faire la PAIX avec ces monstres ????

Emile

11 h 36, le 23 avril 2026

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Commentaires (1)

  • Et vous voulez faire la PAIX avec ces monstres ????

    Emile

    11 h 36, le 23 avril 2026

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