Un des ponts détruits par l'aviation israélienne au-dessus du fleuve Litani, au Liban-Sud. Photo envoyée par l'Office du Litani
Malgré l’entrée en vigueur du cessez-le-feu il y a deux jours, l'armée israélienne a poursuivi ses opérations au Liban-Sud samedi, et affirmé y avoir établi une « Ligne jaune » de démarcation, comme dans la bande de Gaza.
« Au cours des dernières 24 heures, les forces (israéliennes déployées) au sud de la Ligne jaune, dans le sud du Liban, ont repéré des terroristes qui violaient les arrangements du cessez-le-feu et s'étaient approchés des forces à partir de zones au nord de la ligne jaune d'une manière présentant une menace immédiate », a indiqué dans un communiqué de l'armée israélienne. « Immédiatement après leur identification, et afin de faire disparaître cette menace, l'armée de l'Air et les forces sur le terrain ont attaqué les terroristes en plusieurs secteurs du sud du Liban », ajoute le texte, mentionnant également « des tirs d'artillerie (israéliens) pour appuyer les forces terrestres opérant dans la zone ». L'armée a aussi indiqué qu'elle agit conformément aux directives reçues du gouvernement israélien et qu'elle « est autorisée à prendre les mesures nécessaires à la légitime défense face aux menaces [...] les actions de défense et de neutralisation des menaces n'étant pas limitées pendant la période de cessez-le-feu ».
Dans la bande de Gaza, la « Ligne jaune » est le nom donné à la ligne de démarcation entre la zone sous contrôle du Hamas et celle tenue par l'armée israélienne, qui représente plus de 50% de ce petit territoire après le repli des troupes israéliennes dans le cadre du cessez-le-feu très fragile en vigueur depuis octobre 2025.
Dans ce contexte, l'armée israélienne a affirmé samedi sur X avoir agi contre « des saboteurs qui ont violé le cessez-le-feu » au Liban-Sud. « Au cours des dernières 24 heures, les forces de l’armée israélienne opérant au sud de la Ligne jaune, dans le sud du Liban, ont repéré des saboteurs qui ont violé le cessez-le-feu et se sont approchés de la zone au nord de la Ligne jaune en direction des forces », a écrit le porte-parole arabophone de la troupe Avichay Adraee sur X. « L’armée de l’air et les forces ont mené des frappes visant les saboteurs dans plusieurs zones du sud du Liban. Des tirs d’artillerie ont également été effectués pour soutenir les forces terrestres opérant dans la zone et des infrastructures terroristes ont été détruites afin de faire face aux menaces », a-t-il ajouté.
Un Casque bleu français tué au Liban-Sud
Samedi matin, un tir d’artillerie a atteint les environs de Kounine, village situé juste au nord de la ville de Bint Jbeil, dans laquelle l'armée israélienne a mené des combats acharnés contre le Hezbollah, selon notre correspondant Mountasser Abdallah. Des rafales de mitrailleuses israéliennes ont également visé la localité de Aïtroun (caza de Bint Jbeil). Des explosions provoquées par les forces israéliennes étaient audibles dans plusieurs localités frontalières, notamment Taybé, Qantara, Deir Seriane et Khiam.
Vendredi soir, l’artillerie israélienne a bombardé Houla, dans le caza Marjeyoun. Houla, largement détruite par les Israéliens depuis 2024, est située à quelques centaines de mètres de la frontière, dans le périmètre que l'État hébreu veut transformer en « zone tampon ». Après minuit, l’armée israélienne a dynamité des quartiers résidentiels à Khiam, de manière répétée, et Qantara (Marjeyoun), à Chamaa et Naqoura (Tyr) ainsi que Bint Jbeil. De puissantes explosions ont été entendues dans la nuit dans les régions de de Tyr, Nabatiyé, Hasbaya, Iqlim el-Kharroub, Jezzine et Saïda.
Par ailleurs, la Finul a été victime d’une nouvelle attaque au Liban-Sud samedi, dont a résulté un bilan humain lourd : un Casque bleu français tué à Ghandouriyé et trois autres blessés et hospitalisés. Le président Emmanuel Macron a mis en cause le Hezbollah. Le parti chiite a toutefois nié toute implication dans l'incident.
Construction d’un pont temporaire au-dessus du Litani
Pour faciliter le retour des déplacés, l'Office national du Litani, en collaboration avec le département d’ingénierie de l'armée libanaise, a entrepris la construction d'un pont à travées mobiles au-dessus du cours du fleuve, dans la région de Tayr Filsay (Tyr), afin « d'assurer la liaison vitale entre les rives nord et sud du fleuve ». « Cette initiative s'inscrit dans le cadre d'une série de mesures d'urgence adoptées par les autorités officielles pour reconnecter les zones sinistrées et garantir la continuité de la circulation, afin de répondre aux besoins humanitaires et économiques en cette période critique », a-t-il indiqué. L’armée israélienne avait bombardé tous les ponts qui relient le sud du Litani au nord du fleuve, durant son offensive au Liban.
En outre, la route Zrariyé–Bourj Rahal (Saïda) a rouvert dans les deux sens après avoir été précédemment fermée en raison de dommages causés par une frappe sur le pont pendant de la guerre.
L’Office des eaux du Liban-Sud procède aux réparations nécessaires
De son côté, l’Office des Eaux du Liban-Sud a envoyé ses équipes d'ingénieurs au Liban-Sud pour procéder à l'inspection et à l'évaluation des pannes et des dégâts subis par les installations, les stations et les puits, rapporte notre correspondant. Les puits de Khartoum, de Marouaniyé et de Kawtharia al-Sayad ont été inspectés, et le compresseur de la station de Nabeh al-Tassé -Jarjouaa a été réparé. L’Office des Eaux a également entamé une coordination avec Électricité du Liban (EDL, pourvoyeur officiel) afin de remédier à certaines pannes liées aux transformateurs électriques ou aux lignes de services publics.
Des opérations de déblaiement se sont aussi déroulées dans le quartier résidentiel de Tyr, précisément dans un immeuble de 12 étages, où les équipes de secours, en coopération avec la municipalité, ont réussi à extraire la dépouille d'une victime, tandis que les recherches se poursuivent pour retrouver 8 disparus.
Dans ce contexte tendu, les habitants des villages frontaliers du Liban-Sud ont appelé dans un communiqué l’État et la communauté internationale à mettre fin aux bombardements israéliens.



Naïm Kassem, a estimé que le cessez-le-feu entre le Liban et Israël n'aurait pas été possible « sans la lutte des résistants » tout en assurant que ses combattants « resteront sur le terrain ». Il a dénoncé les « humiliations » subies, selon lui, par le Liban, lors de négociations directes avec l'État hébreu. - Et les presque deux mille morts et plus de trois mille blesses, et les centaines de villes et villages rases ? Resistants ou suppots du diable ? Ou la malediction qui frappe notre pauvre pays ?
13 h 19, le 19 avril 2026