Le président de la République Joseph Aoun (à gauche) et le Premier ministre Nawaf Salam, réunis à Baabda le samedi 18 avril 2026. Photo ANI
Le président de la République Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam ont discuté samedi des négociations à venir entre le Liban et Israël, alors que s'accentue la fracture avec le Hezbollah, qui rejette toute logique de désarmement et dénonce une orientation des autorités vers « des projets contre l’intérêt du pays ».
Samedi matin, Joseph Aoun a reçu M. Salam au palais de Baabda, pour un « tour d’horizon des derniers développements aux niveaux sécuritaire et diplomatique », selon un message de la présidence sur son compte X. Les deux hommes « ont évalué la période qui suit l’entrée en vigueur du cessez-le-feu (du 16 avril), ainsi que les efforts en cours pour le consolider, notamment les contacts effectués par M. Aoun auprès du président américain Donald Trump, du secrétaire d’État Marco Rubio et de plusieurs dirigeants arabes », poursuit le communiqué.
MM. Aoun et Salam ont également discuté des dispositions de l’État libanais en vue des négociations prévues avec Israël, ainsi que du suivi des décisions du Conseil des ministres, notamment celle d’étendre la souveraineté de l’État sur l’ensemble du territoire qui, note-t-on, implique le monopole des armes aux mains des institutions étatiques et, par conséquent, le désarmement du Hezbollah.
Le gouvernement libanais a pris la décision de désarmer les milices depuis août 2025, mais les efforts de l’armée libanaise en vue d’étendre sa souveraineté au sud du Litani ont été neutralisés par l’ouverture, par le Hezbollah, d’un front de soutien avec l’Iran le 2 mars dernier, ce qui a réintroduit le Liban dans une spirale de violence, de mort et de déplacement de populations. Dès le début du conflit, le président Aoun a proposé des négociations directes avec Israël en vue de mettre fin à ce cercle vicieux de guerres, mais cette proposition ne s’est matérialisée que mardi dernier, lors d’une réunion des ambassadeurs des deux pays à Washington. Le Hezbollah, lui, continue de refuser l’option de rendre ses armes, et ses milieux rejettent de manière irrévocable les pourparlers directs avec Tel-Aviv, préférant confier ce dossier au parrain iranien dans ses pourparlers avec les Américains.
Vendredi soir, le chef de l’État s’est exprimé dans un message à la nation, affirmant son attachement aux négociations en vue de sauver le pays et le soustraire à toute influence étrangère, en référence à l’Iran, sans le nommer. « Je suis prêt à aller partout où il le faudra pour libérer ma terre, protéger mon peuple et sauver mon pays », a-t-il déclaré. Le président américain Donald Trump a déjà évoqué sa volonté d’organiser une rencontre entre Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, mais aucune décision sur le futur round de négociations n’a encore été prise.
Le président Joseph Aoun s'est par ailleurs entretenu samedi soir au téléphone avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. Ce dernier a affirmé son soutien aux mesures prises pour enrayer l'escalade avec Israël, notamment les négociations bilatérales directes visant à mettre fin aux hostilités, à obtenir le retrait des forces israéliennes des zones occupées du Sud et à déployer l'armée libanaise à la frontière, selon un communiqué de la présidence libanaise.
M. Aoun a remercié son homologue égyptien pour son soutien au Liban, ainsi que pour l'aide humanitaire envoyée par l'Égypte au Liban ces derniers jours.
« Le pouvoir œuvre en vue de projets contre l’intérêt du pays »
Les réactions au message du président Aoun n'ont pas tardé à fuser. Le vice-président du Conseil politique du Hezbollah, Mahmoud Comati, connu pour ses prises de position intempestives, a affirmé que « les contacts sont rompus avec le président depuis son dernier discours ». Il a aussi estimé que « suite à la victoire (du Hezbollah selon lui), l’État est face à deux possibilités : présenter ses excuses au peuple et revenir sur ses décisions contre le Hezbollah ou faire face à une colère populaire 'pacifique' qui pourrait conduire à sa chute ».
M. Comati, qui s’exprimait sur la chaîne locale al-Jadeed, fait référence au cessez-le-feu annoncé par Washington, qui est considéré par son parti comme une victoire de ses miliciens sur le terrain et le fruit des efforts de l’Iran, qui mène ses propres pourparlers avec Washington. Et ce, malgré le fait que l'armée israélienne ne s'est pas retirée du Liban-Sud après le cessez-le-feu et poursuit ses frappes et destructions.
De son côté, le député du Hezbollah, Hassan Fadlallah, a déclaré à la même chaîne que « le pouvoir libanais œuvre en vue de projets contre l’intérêt du pays ». « Nous avons informé les dirigeants iraniens des violations israéliennes » depuis le cessez-le-feu, a-t-il ajouté.
De son côté, le député Hussein Hajj Hassan, chef du bloc parlementaire de Baalbeck–Hermel, a critiqué les négociations directes avec Israël, les qualifiant d' « humiliantes » et avertissant qu’elles conduiraient à de nouvelles concessions. Il a exhorté le gouvernement à s’appuyer sur l’unité interne et ses « sources de force » plutôt que sur une médiation externe, en particulier celle des États-Unis.
Geagea : Le cessez-le-feu doit servir de test pour l’État
Pour sa part, le ministre de l’Information Paul Morcos a assuré que « le Liban est face à une opportunité diplomatique unique vu les efforts américains et arabes en cours, qu’il ne devrait surtout pas rater ». S’exprimant dans une interview à ABC News, il a expliqué que « l’État libanais veut entreprendre un processus de négociations propre à lui, sans être au menu de discussions régionales », dans une référence aux pourparlers irano-américains.
Du côté des partis souverainistes favorables aux prises de position du président, plusieurs voix se sont exprimées. Le chef des Forces libanaises (FL) Samir Geagea a estimé que le pays se trouve à un moment décisif de son histoire, « qui ne peut souffrir d’atermoiements », affirmant que « cette période de cessez-le-feu (dix jours) doit servir de test pour l’État libanais dans sa capacité à étendre sa souveraineté sur le territoire ». Selon lui, « la priorité absolue doit être le désarmement des milices illégales, parce qu’aucun État ne peut détenir la décision de guerre et de paix sans cela ».
« Sans le Hezbollah et ses armes, nous n’aurions pas besoin de cessez-le-feu, il n’y aurait pas d’occupation israélienne, pas de prisonniers ni de déplacés, et nous n’aurions pas été contraints de reconstruire. Tant qu’il conservera ses armes, nous resterons en état de guerre, il y aura toujours des prisonniers et nous serons toujours obligés de supplier pour la reconstruction », a encore déclaré Samir Geagea, samedi après-midi, lors d'un discours de commémoration des martyrs des Forces libanaises à Zahlé et dans la Békaa. « Certains au Liban sont déterminés jusqu’à la mort à ignorer tout ce qui touche à la réalité ou à la logique, et les voilà, au milieu des ruines, de la mort et de la destruction, en train de célébrer la victoire », a ajouté le chef des FL, en référence au Hezbollah, tout en disant appuyer les déclarations, la veille, du président Joseph Aoun.
De son côté, le leader druze et ancien dirigeant du Parti socialiste progressiste (PSP), Walid Joumblatt, a estimé qu'il est possible de négocier avec le Hezbollah au sujet du désarmement, soulignant que « les rencontres directes avec Israël devraient avoir lieu à la fin des négociations ».
Enfin, le député de Beyrouth Ibrahim Mneimné a estimé que le Hezbollah « ne veut pas reconnaître que les équilibres de force ne sont plus les mêmes, ce qui le pousse à insulter et menacer les autres en raison de son impuissance à faire face aux changements ».




Le HB durcit le ton. Ah la bonne blague! C’est une habitude chez lui que de jouer au gagnant et au dur des fois que ça marche. Les libanais ne sont inquiets ni par son ton ni par sa stature de traître. On sait comment finissent les traitres de son pays. Il n’a qu’à attendre. Qu’il ne vienne surtout pas demander a l’état de réparer les destructions ni de trouver un logement pour ses partisans. L,état devrait préparer des charters afin de transporter les adorateurs des mollahs, pour lesquels ils veulent mourir, les mettre sous leur autorité et leur générosité. Un pays, on l’aime ou on le quitte
18 h 14, le 19 avril 2026