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Politique - cessez le feu au liban 2026

Macron met en cause le Hezbollah dans la mort d’un Casque bleu français, le parti chiite dément

Le Sergent-chef Florian Montorio a été victime d’une « embuscade », selon la ministre française des Armées.

Macron met en cause le Hezbollah dans la mort d’un Casque bleu français, le parti chiite dément

Des Casques bleus français à Tyr, le 8 juillet 2025. Photo Matthieu Karam/L'Orient-Le Jour

La Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) a été victime d’une nouvelle attaque au Liban-Sud samedi, dont a résulté un bilan humain lourd : un Casque bleu français tué et trois autres blessés et hospitalisés, selon la force internationale. Le président français Emmanuel Macron a mis en cause le Hezbollah dans les tirs contre les soldats.

Selon le communiqué de la Finul, publié sur son compte X, « une patrouille chargée de déminer une route dans le village de Ghandouriyé (caza de Bint Jbeil) afin de rétablir la liaison avec des positions isolées de la Finul, a essuyé des tirs d'armes légères provenant d'acteurs non étatiques ». « Malheureusement, un Casque bleu a succombé à ses blessures et trois autres ont été blessés, dont deux gravement », a-t-elle ajouté.

La Finul a condamné « cette attaque délibérée contre des soldats de la paix qui s'acquittaient des tâches qui leur avaient été confiées » et déclaré avoir ouvert une enquête « afin de déterminer les circonstances de ce tragique incident ». « Selon les premières conclusions, les tirs proviendraient d'acteurs non étatiques (vraisemblablement le Hezbollah) ».

Une « embuscade »

Le président Emmanuel Macron a annoncé la mort du Casque bleu français samedi au Liban-Sud, pointant du doigt lui aussi la possible responsabilité du Hezbollah. « Le Sergent-chef Florian Montorio du 17e régiment du génie parachutiste de Montauban est tombé ce matin au sud-Liban lors d’une attaque contre la Finul. Trois de ses frères d’armes sont blessés et ont été évacués. La Nation s’incline avec respect et adresse son soutien aux familles de nos soldats et à tous nos militaires engagés pour la paix au Liban », a écrit le président français sur son compte X. Pour lui, « tout laisse à penser que la responsabilité de cette attaque incombe au Hezbollah ». « La France exige des autorités libanaises qu’elles arrêtent immédiatement les coupables et prennent leurs responsabilités aux côtés de la Finul », a-t-il ajouté.

La ministre française des Armées, Catherine Vautrin, elle aussi, a annoncé la mort du Casque bleu français, qui « était en mission d’ouverture d’itinéraire vers un poste de la Finul isolé depuis plusieurs jours par les combats dans la zone, (quand) il a été pris dans une embuscade par un groupe armé à très courte distance ». Elle a ajouté sur son compte X : « Touché immédiatement par un tir direct à l’arme légère, il est relevé sous le feu par ses camarades, qui ne parviennent pas à le réanimer ».

De son côté, l’armée libanaise a rapporté « des échanges de tirs avec des individus armés » à l'origine de l'incident avec la Finul. « Le commandement de l'armée condamne l'incident survenu avec une patrouille de la Finul dans la région de Ghandouriyé, Bint Jbeil, à la suite d'un échange de tirs avec des hommes armés qui a fait des blessés parmi les membres de la patrouille », lit-on dans le communiqué.

Coup de fil entre Macron et Aoun

Du côté des dirigeants libanais, le président de la République Joseph Aoun a soulevé le sujet de la mort du sous-officier français dans un entretien avec le président Macron, qui l’a appelé samedi midi, selon un communiqué de la présidence. M. Aoun a affirmé à son homologue français « avoir donné ses directives aux services compétents en vue d’une enquête immédiate afin de déterminer les responsabilités dans cet incident », assurant que « le Liban ne ménagerait pas ses efforts dans la poursuite des personnes impliquées, en vue de les traduire en justice ».

Le Premier ministre Nawaf Salam a lui aussi ordonné une enquête.

Le ministre libanais des Affaires étrangères, Joe Raggi, a pour sa part adressé un message de condoléances à son homologue français, Jean-Noël Barrot, suite au décès du Sergent-chef Florian Montorio, tué « dans l’exercice de ses fonctions au service de la paix », tout en souhaitant un prompt rétablissement aux blessés. M. Raggi a fermement condamné ces « actes criminels et lâches » et a affirmé que l’État libanais veillera à ce que les auteurs soient poursuivis et punis.

Le Hezbollah nie toute implication

Dans un communiqué publié samedi après-midi, le Hezbollah a démenti, de son côté, « toute implication » dans l'incident qui a coûté la vie au Casque bleu français à Ghandouriyé. Le parti-milice a prôné « la prudence avant de porter des accusations et de formuler des jugements, dans l'attente des conclusions de l'enquête menée par l'armée libanaise, afin d'établir les circonstances exactes de ce qui s'est passé ».

« Le Hezbollah souligne également la coopération continue entre la population locale, la Finul et l'armée libanaise, insistant sur l'importance de la coordination entre ces deux entités dans leurs opérations, en particulier dans ce contexte sensible », poursuit le texte. « Dans ce contexte, le Hezbollah se dit surpris des accusations hâtives portées contre lui, surtout au vu du silence de ces mêmes parties lorsque l'ennemi israélien attaque les forces de la Finul ».

Cette attaque directe contre la Finul est loin d’être la première au Liban-Sud. Rien qu’en mars-avril 2026, des Casques bleus indonésiens sont tués dans plusieurs explosions le 29 et le 30 mars 2026. Le 3 avril, une nouvelle explosion a blessé trois soldats, dont deux grièvement. Ces incidents ont été attribués soit aux tirs israéliens soit aux tirs du Hezbollah, mais ils avaient eu lieu dans le cadre d’affrontements entre Israël et le Hezbollah dans le conflit qui durait depuis le 2 mars, ce qui n’est pas le cas de l’incident du 18 avril qui est survenu après le cessez-le-feu entré en vigueur le 16 avril. Cet incident-là rappelle la mort du soldat irlandais Sean Rooney le 14 décembre 2022, pris pour cible par des tirs d’armes légères lors de son passage dans le village de Aqibiyé, au Sud.

Ce nouvel incident avec la Finul au Liban-Sud intervient à un moment où le Hezbollah paraît isolé sur la scène libanaise, et où ses relations sont tendues avec les autorités qui ont décrété que ses activités militaires sont illégales et ont engagé des pourparlers directs avec Israël, en dépit de son refus. Samedi matin, en parallèle avec ce tragique incident au Sud, deux figures du Hezbollah, dont un député s’exprimant de la localité de Tebnine, Hassan Fadlallah, ont tiré à boulets rouges contre le président Joseph Aoun. Celui-ci avait prononcé la veille un message à la nation au ton particulièrement ferme, dans lequel il confirme une fois de plus la détermination de l’État libanais d’étendre sa souveraineté sur tout son territoire, entre autres par le désarmement du Hezbollah.

Condamnations libanaises

Le ministre de la Défense, Michel Menassa, a condamné l'attaque, affirmant que « la Finul apporte son soutien et son assistance depuis 48 ans au maintien de la sécurité et de la stabilité au Liban-Sud, et toute attaque à son encontre est inacceptable et condamnée ». Il a souligné que « la situation actuelle exige la plus grande vigilance et une responsabilité nationale maximale, ainsi qu'une attention particulière face au risque d'escalade et à la nécessité pour Israël de justifier son non-respect du cessez-le-feu ».

À cet égard, M. Menassa a contacté la ministre française des Armées, Catherine Vautrin, et l'ambassadeur de France au Liban, Hervé Magro, pour leur présenter ses condoléances et souhaiter un prompt rétablissement aux blessés. Il a salué les efforts de la Finul et le rôle du contingent français, soulignant « l'amitié franco-libanaise profondément enracinée, que de tels incidents ne feront que renforcer et consolider ».

Le ministre de l'Énergie et de l'Eau, Joe Saddi, a également présenté ses « sincères condoléances à la France, à son gouvernement et à son peuple, qui ont toujours été aux côtés du Liban et de son peuple en toutes circonstances », dans une publication sur X. « Il est impératif que tous les responsables de ce crime soient rapidement arrêtés et traduits en justice afin de mettre fin à l'anarchie », a-t-il ajouté.

Le ministre de l'Intérieur, Ahmad Hajjar, a fermement condamné l'attaque, réaffirmant la pleine solidarité du Liban avec la France face à ce tragique événement. Lors d'un entretien téléphonique avec l'ambassadeur Hervé Magro, le ministre Hajjar a présenté ses condoléances et a souhaité un prompt rétablissement aux blessés. Il a salué les sacrifices consentis par les forces de la Finul ainsi que leur rôle dans le maintien de la sécurité et de la stabilité au Liban-Sud.

Par ailleurs, le ministère saoudien des Affaires étrangères a condamné l'attaque qui a visé les Casques bleus, suivi par le Qatar. De même pour les Emirats arabes unis qui ont condamné cet incident et fait part de leur « solidarité avec les pays faisant part de la Finul ». Les Emirats ont appelé les autorités libanaises à « effectuer leur devoir en matière de protection des Casques bleus, à mener l’enquête et à prendre les mesures juridiques nécessaires ». Les Emirats ont en outre réitéré leur soutien au Liban « dans ces circonstances délicates », ainsi que leur appui au monopole des armes.

La Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) a été victime d’une nouvelle attaque au Liban-Sud samedi, dont a résulté un bilan humain lourd : un Casque bleu français tué et trois autres blessés et hospitalisés, selon la force internationale. Le président français Emmanuel Macron a mis en cause le Hezbollah dans les tirs contre les soldats.Selon le communiqué de la Finul, publié sur son compte X, « une patrouille chargée de déminer une route dans le village de Ghandouriyé (caza de Bint Jbeil) afin de rétablir la liaison avec des positions isolées de la Finul, a essuyé des tirs d'armes légères provenant d'acteurs non étatiques ». « Malheureusement, un Casque bleu a succombé à ses blessures et trois autres ont été blessés, dont deux gravement », a-t-elle ajouté.La Finul a condamné «...
commentaires (14)

Oui bien sûr, il y aura une enquête pour dédouaner le Hezbollah comme d’habitude. Je ne serai pas surprise que des dommages et intérêts soient versés aux personnes arrêtées pour interrogatoire injustifiée. J’espère que je ne serai pas censurée encore.

Saliba Patricia

23 h 24, le 19 avril 2026

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Commentaires (14)

  • Oui bien sûr, il y aura une enquête pour dédouaner le Hezbollah comme d’habitude. Je ne serai pas surprise que des dommages et intérêts soient versés aux personnes arrêtées pour interrogatoire injustifiée. J’espère que je ne serai pas censurée encore.

    Saliba Patricia

    23 h 24, le 19 avril 2026

  • D’après Macron, c’est le HB politique ou le HB militaire qui est respond le de la mort de ce soldat qui n’a eu de tort que de venir dans un pays étranger pour instaurer la paix et éviter des massacres. A un moment il faut que M. Macron comprenne que cette organisation terroriste ne reconnaît ni ami ni complice. Elle est là pour terroriser en exécutant les ordres des plus grands terroristes du monde à savoir les mollahs déguisés en dignitaires.

    Sissi zayyat

    15 h 38, le 19 avril 2026

  • Le crime profite à l’Iran… en assassinant un membre de la Finul, le jour même où l’Iran tire des missiles sur des navires sur le détroit D’Ormuz. Message à la France qui organisait le jour même une réunion pour REFUSER l’instauration d’une taxe Iranienne pour chaque passage de navire. IDEM, pour rattacher le dossier libanais au dossier iranien et que l’Iran puisse gérer le dossier Libanais comme une carte entre ses mains. ET avorter la visite de AOUN à Washington. Voyez-vous à qui profite le crime ??? Merci de publier SVP

    LE FRANCOPHONE

    12 h 27, le 19 avril 2026

  • Le jour où le HB reconnaîtrait un de ses crimes. Il est tellement lâche qu’il n’a jamais reconnu avoir commis des crimes perpétrés par lui aussi évidents qu’un nez au milieu du visage. Le comble c’est que les victimes de ses crimes font toujours semblant de le croire, d’où son recommencement dans l’horreur. Cette milice ne connaît que le langage de la force. La France a le droit de répondre aux provocations de ces vendus et personne ne viendrait le lui reprocher. Encore faut il qu’elle ait la volonté et le courage pour montrer à ces mercenaires que tout n’est pas permis et qu’ils ont dépassé

    Sissi zayyat

    12 h 25, le 19 avril 2026

  • "Le Hezbollah bie toute inapplication". Et puis quoi encore? Qui d'autre que luii peut, dans cette zone, avoir planifié cette embuscade? Cela s’ajoute au lourd contentieux entre la France et la milice iranienne . Je ne citerai ici que l'attentat contre le Drakkar (50 morts). Cela devrait inciter Macron à un peu moins de complaisance envers l'organisation que la France refuse toujours de classer"terroriste". Quant aux coupables, ne nous faisons pas d'illusions, même s'ils sont arrêtés, étant du Hezbollah, ils seront sûrement relâchés comme les assassins de Samer Hanna ou du soldat irlandais.

    Yves Prevost

    09 h 14, le 19 avril 2026

  • ‘Friendly fire’…

    Mago1

    06 h 55, le 19 avril 2026

  • Et demain M Le président Macron va replacer le Hezbollah sur l’échiquier comme une composante de la république libanaise alors que le Hezbollah n’est autre que les représentants de la république islamique d’iran.. M MACRON , pourriez-vous svp vous départir de cette politique équilibriste qui mélange CHIITES et HEZBOLLAH ? Négocier avec le Hezbollah c’est négocier avec des assassins… assassins du DRAKAR, de l’ambassadeur Louis Delamare, assassins de M HARIRI et des élites libanaises et tout dernièrement : assassins du sous officier FRANÇAIS de la FINUL…RÉVEILLEZ-VOUS M MACRON !!!!

    LE FRANCOPHONE

    02 h 54, le 19 avril 2026

  • A qui le crime profite ? Le Hzb n'a aucun intérêt dans cet attentat. Bien entendu, israel y gagnerait doublement, d1 part pour éliminer la FINUL du sud qui dérange et accuser le Hzb de commettre des actes terroristes. De toute manière, avant une enquête, il serait trop tôt pour accuser un camp ou l'autre mais je vois plus la main d'Israel que du Hzb; ça me paraît l'évidence même.

    MeK

    23 h 31, le 18 avril 2026

  • "... et le parti chiite dément" ... MDR !

    Remy Martin

    21 h 59, le 18 avril 2026

  • Une enquête est en effet nécessaire, entre temps, par contre, RIEN ne justifie la présence d'armes entre les mains de non militaires. Que les autres soient membres du Hezbollah ou de simples partisans n'a aucune importance, il faut tout le monde soit désarmé !Et puis, quelle lacheté, de s'en prendre au membres du FINUL qui sont entrain justement de deminer vos villages. Tfeh

    Ata

    21 h 13, le 18 avril 2026

  • Voilà le résultat de poltrons en charge. Ni le président a nommé le hezb par son nom dans son long discours et voilà que l’armée parle d’une enquête!

    Cedrus Fidelis

    19 h 00, le 18 avril 2026

  • RIP. Le hezballah est dans la phase 2 de sa communication: Le déni. L'ETAT PROFOND mettra en scène un simulacre d'arrestation. Et le Tribunal militaire relachera les comediens payés par le hezb pour participer au simulacre. Le temps que la France se rende compte qu'elle est menée en bateau, les vrais assassins et les comédiens complices auront disparu dans la nature.

    Moi

    18 h 10, le 18 avril 2026

  • BON SANG.. VIREZ HAYKAL !!!! L’armée qui parle « D’HOMMES ARMÉS » sans oser accuser le HEZBOLLAH !!!!!€ ils sont prompts à accuser Israel sans enquête !!! Mais lorsqu’il s’agit du HEZBOLLAH , la version de l’armée accuse « des hommes armés »… VIREZ HAYKAL .. URGENT, il y va de la crédibilité de l’armée !!!! NE PAS CENSURER SVP !!!

    LE FRANCOPHONE

    17 h 46, le 18 avril 2026

  • BON SANG.. VIREZ HAYKAL !!!! L’armée qui parle « D’HOMMES ARMÉS » sans oser accuser le HEZBOLLAH !!!!! ils sont prompts à accuser Israel sans enquête !!! Mais lorsqu’il s’agit du HEZBOLLAH , la version de l’armée accuse « des hommes armés »… VIREZ HAYKAL .. URGENT, il y va de la crédibilité de l’armée !!!!

    LE FRANCOPHONE

    17 h 45, le 18 avril 2026

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