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Société - guerre au liban 2026

« Les couchers de soleil étaient magiques » : des Libanais de la diaspora racontent « leur Bint Jbeil »

Les combats font rage depuis plusieurs jours entre le Hezbollah et l’armée israélienne dans cette localité symbolique du Liban-Sud.

« Les couchers de soleil étaient magiques » : des Libanais de la diaspora racontent « leur Bint Jbeil »

La ville de Bint Jbeil en 2021. Photo fournie par Suheila Amen

Dans sa maison à Bagdad, Mohammad Bazzi, journaliste de 25 ans, reste rivé à son téléphone depuis une semaine. D’Instagram à X, puis à TikTok, il suit en continu l’actualité de Bint Jbeil, sa ville natale. En pleine invasion terrestre, l’armée israélienne encercle cette localité du Liban-Sud, située à moins de quatre kilomètres de la frontière. Déjà convoitée sans succès en 2006 puis en 2024, Bint Jbeil, forte d’environ 30 000 habitants, incarne un symbole : c’est là que Hassan Nasrallah, l’ancien leader du Hezbollah, avait prononcé en 2000 son « discours de la victoire » après le retrait israélien du territoire libanais, consacrant la ville comme « capitale de la résistance ».

La maison familiale de Mohammad Bazzi à Bint Jbeil, au Liban-Sud, avant qu’elle ne soit détruite par l’armée israélienne. Photo fournie par Mohammad Bazzi
La maison familiale de Mohammad Bazzi à Bint Jbeil, au Liban-Sud, avant qu’elle ne soit détruite par l’armée israélienne. Photo fournie par Mohammad Bazzi

Né et élevé sur place jusqu’à ses 17 ans, Mohammad Bazzi s’accrochait encore à une certitude fragile : la maison familiale, dernier vestige de sa mère décédée, était toujours debout. Mardi, elle s’est effondrée. Après avoir payé 450 dollars pour consulter une carte satellite, il découvre sa destruction. « Je suis immédiatement allé à l’hôpital, où on m’a mis sous perfusion », raconte-t-il.

Un cheikh dirige la prière dans une mosquée à Bint Jbeil. Photo fournie par Mohammad Bazzi
Un cheikh dirige la prière dans une mosquée à Bint Jbeil. Photo fournie par Mohammad Bazzi

Malgré la douleur que suscite la perte de la maison de son enfance, pour Mohammad, Bint Jbeil, c’est aussi des souvenirs précieux. « Des années de prières du vendredi dans une mosquée aujourd’hui détruite ; la douceur d’un thé partagé au coucher du soleil avec des passants invités autour d’une grande théière ; les promenades dans la ville, les chèvres qui paissent… et ce sentiment de communauté », confie-t-il. « Les rires au Souk al-Khamis », ajoute-t-il, évoquant ce marché hebdomadaire qui réunissait habitants et visiteurs. « L’image de la ville d’avant restera gravée dans mon cœur. »

« Les couchers de soleil étaient magiques »

À des milliers de kilomètres, dans le Michigan, aux États-Unis, Mohammad Ali Taha suit lui aussi les nouvelles avec anxiété. Originaire de Nabatiyé, il passait ses étés à Bint Jbeil chez la famille de sa mère. Pour lui, la ville évoque avant tout « la kazdara (promenade sans but dans les rues au coucher du soleil) et les nuits de narguilé ».

Au Michigan également, Suheila Amen, consultante américano-libanaise, garde elle aussi des souvenirs précis de ses années passées sur place. « Les couchers de soleil à Bint Jbeil étaient magiques », raconte-t-elle. Elle se souvient des rues animées du souk, des commerçants, des personnes âgées qui s’arrêtaient pour prendre des nouvelles, surtout des étrangers. « Il y avait une vraie solidarité. Chacun veillait sur l’autre. »

Le coucher de soleil à Bint Jbeil. Photo fournie par Suheila Amen
Le coucher de soleil à Bint Jbeil. Photo fournie par Suheila Amen

« En longeant la route vers Yaroun ou près de l’ancienne mosquée, des habitants nous appelaient depuis leurs balcons pour partager un café. Il y avait une grande fierté dans leurs voix quand ils racontaient leur village. » Aujourd’hui, voir ces lieux détruits est pour elle « insoutenable ». « Savoir que des gens perdent tout ce qu’ils ont construit, qu’ils vivent au Liban ou qu’ils y soient attachés depuis l’étranger, c’est impossible à accepter. »

Dans sa maison à Bagdad, Mohammad Bazzi, journaliste de 25 ans, reste rivé à son téléphone depuis une semaine. D’Instagram à X, puis à TikTok, il suit en continu l’actualité de Bint Jbeil, sa ville natale. En pleine invasion terrestre, l’armée israélienne encercle cette localité du Liban-Sud, située à moins de quatre kilomètres de la frontière. Déjà convoitée sans succès en 2006 puis en 2024, Bint Jbeil, forte d’environ 30 000 habitants, incarne un symbole : c’est là que Hassan Nasrallah, l’ancien leader du Hezbollah, avait prononcé en 2000 son « discours de la victoire » après le retrait israélien du territoire libanais, consacrant la ville comme « capitale de la résistance ».La maison familiale de Mohammad Bazzi à Bint Jbeil, au Liban-Sud, avant qu’elle ne soit détruite par l’armée...
commentaires (4)

Le Liban était la perle rare implantée dans un coin du monde où il faisait bon vivre et où l’on pouvait apercevoir le coucher ou le lever du soleil, selon, depuis sa terrasse ou balcon. Depuis 75, ils ont transformé ce pays en zone bétonnée ou même les corbeaux ne s’y aventurent plus , et où les murs ont remplacé l’horizon qui devient de plus en plus restreint afin que nos politiciens se remplissent les poches. Pauvre pays, je n’arrête pas de t’imaginer tel que tu était et de te pleurer tel que tu es devenu. Mon beau pays d’amour où les criminels ont élu domicile pour te défigurer puis te tuer

Sissi zayyat

19 h 07, le 17 avril 2026

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Commentaires (4)

  • Le Liban était la perle rare implantée dans un coin du monde où il faisait bon vivre et où l’on pouvait apercevoir le coucher ou le lever du soleil, selon, depuis sa terrasse ou balcon. Depuis 75, ils ont transformé ce pays en zone bétonnée ou même les corbeaux ne s’y aventurent plus , et où les murs ont remplacé l’horizon qui devient de plus en plus restreint afin que nos politiciens se remplissent les poches. Pauvre pays, je n’arrête pas de t’imaginer tel que tu était et de te pleurer tel que tu es devenu. Mon beau pays d’amour où les criminels ont élu domicile pour te défigurer puis te tuer

    Sissi zayyat

    19 h 07, le 17 avril 2026

  • En raison de leurs mauvais choix politique, ils ont permis au Hezbollah de transformer ce bourg en "Beyt el Kharab". Avant la guerre il faisait bon vivre a Damour, Kaa, Aychiyyeh et autres villages identiques avant 1975. Pourquoi fallait il les voir être détruis, tous, du Nord au Sud, pour les beaux yeux de X ou d'Y qui n'avaient ou n'ont rien de Libanais? A présent il ne sert plus a rien de pleurer, il faut réagir et il n'est jamais trop tard pour bien faire! Il nous faut nous se débarrasser du hezbollah coûte que coûte et travailler pour que cela n'arrive plus jamais!

    Pierre Christo Hadjigeorgiou

    08 h 49, le 17 avril 2026

  • Encore une victoire divine de la fameuse résistance

    Ras le bol

    08 h 11, le 17 avril 2026

  • On a cette vie commune partout au Liban.. mais on ne veut pas de militias armées implantées (Negation de l État), et de camps de déplacés palestiniens, all time bombs here.

    Marie Claude

    07 h 42, le 17 avril 2026

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