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Lifestyle - nos petites guerres

Haïssam, le gardien du bus du 13 avril 1975, la chronique de Sabyl Ghoussoub


Haïssam, le gardien du bus du 13 avril 1975, la chronique de Sabyl Ghoussoub

Illustration Charles Berberian et Michèle Standjofski issue de la bande dessinée « Et toi, comment ça va ? »

La scène est digne d’un film d’Elia Suleiman, de Jim Jarmusch ou Wim Wenders. On voit un gardien assis dans une petite loge face à un bus rouillé, tordu et criblé de balles, cette carcasse étant celle qui a mené son pays à une guerre civile de quinze ans. Haïssam passe chaque jour de la semaine, huit heures par jour, face au bus du 13 avril 1975. Il est l’homme de la sécurité du musée privé Nabu. Ce centre d’art a été construit face à la mer, à Heri, une petite station balnéaire où s’étend une longue plage de sable. Déserté en hiver, ce village reprend vie au printemps grâce aux nombreuses plages privées. Haïssam scrolle des vidéos sur les réseaux sociaux ou écoute Oum Kalthoum des heures pour tuer le temps. Son activité professionnelle peut se résumer à appuyer sur un bouton pour ouvrir la barrière et laisser entrer les visiteurs. Si...
La scène est digne d’un film d’Elia Suleiman, de Jim Jarmusch ou Wim Wenders. On voit un gardien assis dans une petite loge face à un bus rouillé, tordu et criblé de balles, cette carcasse étant celle qui a mené son pays à une guerre civile de quinze ans. Haïssam passe chaque jour de la semaine, huit heures par jour, face au bus du 13 avril 1975. Il est l’homme de la sécurité du musée privé Nabu. Ce centre d’art a été construit face à la mer, à Heri, une petite station balnéaire où s’étend une longue plage de sable. Déserté en hiver, ce village reprend vie au printemps grâce aux nombreuses plages privées. Haïssam scrolle des vidéos sur les réseaux sociaux ou écoute Oum Kalthoum des heures pour tuer le temps. Son activité professionnelle peut se résumer à appuyer sur un bouton pour ouvrir la...
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