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Politique - guerre au liban 2026

Un mois de guerre au Liban : les autorités « intensifient leurs efforts » pour un arrêt des hostilités, affirme Salam

Le Premier ministre s'est exprimé après un Conseil des ministres sur la situation dans le pays, au cours duquel les questions polémiques de l'expulsion de l'ambassadeur iranien et d'une tutelle internationale sur le Liban n'ont pas été évoquées.

 Un mois de guerre au Liban : les autorités « intensifient leurs efforts » pour un arrêt des hostilités, affirme Salam

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, prononçant un discours depuis le Grand Sérail, le 2 avril 2026. Photo X / @grandserail

Un mois après la reprise de la guerre ouverte entre le Hezbollah et l'armée israélienne, sur fond de conflit régional, le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a affirmé jeudi que les autorités « intensifient » leurs efforts politiques et diplomatiques pour mettre un terme aux attaques, critiquant celles lancées par le parti-milice « en coordination » avec le régime iranien et mettant en garde contre les divisions internes.

M. Salam s'est exprimé à l'issue d'un Conseil des ministres, au cours duquel plusieurs dossiers potentiellement explosifs, comme la question d'une tutelle internationale sur le Liban, n'ont pas été évoqués, selon les informations de L'Orient-Le Jour.

« Un mois s’est écoulé depuis une guerre dévastatrice, contre laquelle nous avions mis en garde et dont la plupart des Libanais redoutaient l’éclatement, estimant qu’elle a été imposée à notre pays », a rappelé M. Salam, dans un discours. Le front au Liban s'est ouvert après des tirs de roquettes du Hezbollah en direction d'Israël le 2 mars, trois jours après le début du conflit entre l'Iran d'un côté, les États-Unis et Israël de l'autre côté. Depuis, comme l'a dit le Premier ministre, le gouvernement a rendu illégale toute action militaire du mouvement chiite, qui poursuit toutefois ses attaques quotidiennes contre l'État hébreu, à partir de positions au Liban-Sud. Ces attaques sont parfois revendiquées comme menées sous la forme d'opérations « militaires conjointes et simultanées avec les gardiens de la révolution » iraniens, ce qui, selon le président du Conseil, « consacre davantage l’imbrication du conflit sur notre sol avec les guerres des autres, dans lesquelles nous n’avons aucun intérêt national » .

Le gouvernement a également pris des mesures contre les gardiens de la révolution et les diplomates iraniens au Liban, après que plusieurs ont été éliminés par Israël dans des frappes sur le territoire libanais. L’ultimatum lancé contre l’ambassadeur iranien Mohammad Ali Reza Chibani, qui devait normalement quitter le pays le 29 mars, est toutefois resté lettre morte. Selon les informations de L’OLJ, l’affaire Chibani n’a pas été abordée en Conseil des ministres. Le ministre du Travail Mohammad Haïdar (Hezbollah) a dans ce cadre indiqué à notre publication que la participation du tandem chiite Amal-Hezbollah au Conseil des ministres de jeudi découle de sa « volonté de permettre au gouvernement de poursuivre son action normalement ». « Nous nous étions opposés à une décision bien précise », a-t-il dit en allusion à l’affaire de l’ambassadeur iranien, laissant entendre qu’après l’expiration du délai dimanche, l’affaire ne devrait plus susciter de tensions politiques.

Hommage aux habitants des villages du Sud

M. Salam a en outre réaffirmé la volonté des autorités « d'épargner au Liban davantage de tragédies et de pertes résultant des atteintes à sa souveraineté, à ses villes et à ses villages ». Revenant sur les déclarations des responsables israéliens ces derniers jours, il a estimé qu'elles révèlent des velléités israéliennes d'une « expansion significative de l’occupation de territoires libanais ». « Le Liban est devenu la victime d’une guerre dont nul ne peut prévoir l’issue ni la fin. Cela nous pousse à intensifier nos efforts politiques et diplomatiques pour mettre un terme aux violations continues de notre souveraineté et de l’intégrité de notre territoire, et pour condamner les infractions flagrantes au droit international et au droit international humanitaire », a-t-il insisté. En plus de son invasion du Sud, l'armée israélienne mène régulièrement des frappes sur des infrastructures civiles et bombarde sans distinction des secouristes, des ambulances ou encore des journalistes. Le Premier ministre a encore rendu hommage à ceux qui sont en première ligne de ces attaques et des combats dans le Sud, les habitants « qui tiennent bon » dans leurs villages. « Nous sommes tous à leurs côtés et nous n’épargnerons aucun effort pour leur garantir les moyens de résilience », a-t-il déclaré, deux jours après que l'armée libanaise a annoncé un « redéploiement » et donc le retrait du gros de ses forces d'une série de villages encore habités, notamment Rmeich, Aïn Ebel ou Debel, coupés du reste du pays. Lors de la séance, le ministre de la Justice, Adel Nassar, a notamment souligné la détresse des habitants des villages du Liban-Sud, appelant à la mise en place d'un corridor humanitaire afin de répondre aux besoins des habitants.

Mise en garde contre les divisions internes

Evoquant par ailleurs l'accueil de plus d'un million de personnes déplacées des zones bombardées et menacées par l'État hébreu, le président du Conseil a affirmé que les autorités poursuivent également leurs efforts pour « obtenir un soutien accru » permettant de répondre « à leurs besoins, voire leur protection, ainsi qu’à celle de leurs hôtes dans toutes les régions du Liban ». Le déplacement de près d'un cinquième de la population du pays a créé ces dernières semaines des tensions entre les différentes communautés, poussant M. Salam à appeler à « faire primer l’esprit de solidarité nationale et de fraternité humaine sur tout sentiment de méfiance ou de mécontentement ». Il a ainsi mis en garde contre les « risques de division interne », qui peuvent être selon lui évités en rejetant les « logiques d’accusations, de revanche et les discours de peur et de haine ».

Dans le même ordre d'idées, une source ministérielle a indiqué à L'Orient-Le Jour que, contrairement aux informations ayant circulé avant la séance, le Conseil des ministres n'a pas évoqué le dossier d'une éventuelle tutelle internationale sur le Liban à la faveur du chapitre VII de la Charte des Nations unies. « Les conditions d'une telle démarche ne semblent pas réunies à l'heure actuelle. Il faut d'abord que l'État libanais formule une demande officielle à l'ONU à ce sujet, et que la décision ne se heurte pas au veto de l'un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité », explique la source. Et d'ajouter : « Le plus important, c'est qu'aucun pays n'est disposé aujourd'hui à envoyer des troupes au Liban ».

Le Conseil des ministres a en outre décidé de charger la Commission du droit international humanitaire, présidée par le vice-Premier ministre Tarek Mitri, d’examiner la question des attaques israéliennes sur les secouristes et les journalistes, a annoncé le ministre de l'Information, Paul Morcos, à la fin de la réunion. Le gouvernement a également approuvé un prêt de 200 millions de dollars de la Banque mondiale pour renforcer les filets de sécurité sociale et l'octroi d’une aide financière mensuelle aux militaires en service et aux retraités.

M. Morcos a également indiqué que les ministres de l'Économie et des Finances ont présenté des bilans de la situation du pays devant leurs collègues. Yassine Jaber (Finances) a évoqué la baisse des aides internationales en raison de la contraction de l'économie mondiale, soulignant toutefois qu'il est hors de question d'envisager une suspension de versement des salaires des fonctionnaires. Il a en outre annoncé une réunion prochaine à Washington pour des discussions avec la Banque mondiale sur la conversion de certains prêts en aides humanitaires. Son collègue de l'Économie Amer Bsat a, lui, évoqué un recul de tous les indicateurs économiques, soulignant cependant que la situation « reste jusqu'à présent sous contrôle ».

Selon nos informations, les ministres du Hezbollah ont évoqué la question du document récemment envoyé par Beyrouth à l’ONU, relatif à la décision gouvernementale de considérer « illégales » les activités militaires du parti. Toutefois, le ministre des Affaires étrangères, Joe Raggi, a expliqué qu’il s’agissait d’une démarche routinière.

Un mois après la reprise de la guerre ouverte entre le Hezbollah et l'armée israélienne, sur fond de conflit régional, le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a affirmé jeudi que les autorités « intensifient » leurs efforts politiques et diplomatiques pour mettre un terme aux attaques, critiquant celles lancées par le parti-milice « en coordination » avec le régime iranien et mettant en garde contre les divisions internes.M. Salam s'est exprimé à l'issue d'un Conseil des ministres, au cours duquel plusieurs dossiers potentiellement explosifs, comme la question d'une tutelle internationale sur le Liban, n'ont pas été évoqués, selon les informations de L'Orient-Le Jour.« Un mois s’est écoulé depuis une guerre dévastatrice, contre laquelle nous avions mis en garde et dont la plupart des...
commentaires (4)

Nos autorités ont peur que cela dégénère en division interne? Laquelle? Les libanais sont déjà divisés depuis des décennies et leurs responsables politiques font mine de ne pas le savoir. Queldes libanais cautionne les actes de ces vendus qui ont usurpé le pouvoir et ont détruit leur pays? Une minorité qui veut jouer à la victime en prétextant défendre notre pays alors qu’il ne cesse de subir les pires atrocités à cause de leur entêtement à sauver un régime assassin à des milliers de km de nos frontières. Le divorce est prononcé et il faudrait le consommer. Suffit l’hypocrisie à peine feint

Sissi zayyat

13 h 27, le 03 avril 2026

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Commentaires (4)

  • Nos autorités ont peur que cela dégénère en division interne? Laquelle? Les libanais sont déjà divisés depuis des décennies et leurs responsables politiques font mine de ne pas le savoir. Queldes libanais cautionne les actes de ces vendus qui ont usurpé le pouvoir et ont détruit leur pays? Une minorité qui veut jouer à la victime en prétextant défendre notre pays alors qu’il ne cesse de subir les pires atrocités à cause de leur entêtement à sauver un régime assassin à des milliers de km de nos frontières. Le divorce est prononcé et il faudrait le consommer. Suffit l’hypocrisie à peine feint

    Sissi zayyat

    13 h 27, le 03 avril 2026

  • Cher M. Salam, si votre enfant en jouant avec des alumettes manque de mettre la maison en feu, une première fois vous le grondez, deux fois vous le grondez, la troisième fois votre maison brule et toute la famille est à la rue. Vous réalisez que votre enfant est pyromane. Vous dezvez reconstruire la maison mais votre enfant refuse d'arreter de jouer avec les alumettes. Soit vous lui prenez les alumettes, soit vous l'envoyez se faire soigner. Rodolphe Haykal a refusé de désarmer le hezballah: On est dans une tragédie de Corneille à tous points de vue

    Moi

    10 h 45, le 03 avril 2026

  • Malgré les efforts louables du juge Salam, nous sommes laissés à nous-mêmes. On a eu une occasion en or d’en finir, mais on l’a ratée. Maintenant le monde est occupé ailleurs. Et pour être réalistes, Isarël est devenu le seul décideur chez nous. “On” l’a tellement invité à l’être qu’il a accepté l’invitation. Triste à dire mais les faits le prouvent. On voulait “libérer” chebaa, puis soutenir le hamas, puis envahir la galilée et on est là réduits à déguerpir du Sud.

    NG

    05 h 40, le 03 avril 2026

  • Il n'est pas fatigué le premier ministre de dire toujours la même chose?

    Moi

    00 h 28, le 03 avril 2026

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