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Deux Liban, une guerre

D’abord, il y a lui. Il vient du Sud, mais pas toujours. Il est chiite, mais pas toujours. Il n’a pas dormi depuis un mois. Il est en colère contre la terre entière. Contre tous ceux qui regardent Israël détruire le Liban en toute impunité. Contre l’armée, qui a retiré ses soldats du sud du Litani face à l’avancée israélienne. Contre l’État, qui veut négocier avec l’ennemi et désarmer le Hezbollah. Contre les autres Libanais, qui lui donnent le sentiment de n’en avoir rien à faire – ni du Sud ni des chiites.

Il est en train de tout perdre : son village, sa communauté, ses souvenirs et son avenir. Alors il explose au point de voir comme des traîtres ou des ennemis tous ceux qui ne pensent pas comme lui. Tous ceux qui n’ont pas vécu l’occupation israélienne dans leur chair. Qui n’ont pas subi les humiliations à chaque check-point. Qui ne sont pas traumatisés par la prison de Khiam. Qui n’ont pas perdu leur mère, leur père, leur sœur, leur frère, leurs fils, leur fille ou leur ami dans une frappe israélienne. Tous ceux qui n’ont pas vu leur maison être détruite deux ou trois fois en 20 ans.

Il n’est pas membre du Hezbollah. Ni même un farouche partisan. Il n’a aucun lien avec la République islamique et aucune espèce d’allégeance pour le velayet-e-faqih. Il peut critiquer le parti-milice pour ses actions sur la scène interne ou ses positions sur des sujets sociétaux. Mais il ne loupait pas un discours de Hassan Nasrallah. C’était son refuge. Sa fierté. Celui qui le rendait fort. Celui qui lui a tout donné. Tout est différent depuis qu’il n’est plus là. Mais il ne peut pas pour autant tirer un trait sur la « résistance ».

Il n’a pas compris pourquoi le parti était entré en guerre pour venger la mort de Khamenei dans la nuit du 2 au 3 mars. Il lui en a voulu. Beaucoup. Puis lui a pardonné, comme on pardonne à un père qui aurait fauté.

À ses yeux, Israël veut de toute façon s’emparer du Liban-Sud et attiser les dissensions entre les Libanais. C’est l’incarnation même du mal, de la barbarie et de l’hypocrisie. Il fera du Liban le nouveau Gaza. Il trouve cela fou que les autres Libanais ne le voient pas. C’est pourtant tellement évident : soit ils sont idiots, soit ils sont complices. À ses yeux, le Hezbollah est le dernier rempart contre l’impérialisme et le colonialisme israéliens. S’il perd, l’ennemi occupera définitivement le Liban-Sud et peut-être même plus encore. Si le Hezbollah pose les armes, c’en est fini de son Liban.

Et puis, il y a elle. Elle vient de Beyrouth, du Nord ou de la Montagne, mais pas toujours. Elle est sunnite, chrétienne ou druze, mais pas toujours. Elle n’a pas dormi depuis un mois. Elle est en colère contre la terre entière. Contre tous ceux qui regardent le Hezbollah entraîner le Liban dans son suicide sans réagir. Contre l’armée qui devait désarmer le parti et qui n’a quasiment rien fait en plus d’un an. Contre l’État qui est soit complice, soit passif face à un parti qui a détruit le Liban de l’intérieur. Contre ces Libanais qui, à ses yeux, sont prêts à tout sacrifier, y compris sa vie à elle, pour la survie du Hezbollah et du régime iranien. Elle était horrifiée par ce qu’Israël a fait à Gaza. Elle n’a aucune espèce de sympathie pour l’État hebreu. Mais n’en peut plus de lui faire la guerre. Des guerres pour les autres qui n’ont mené à rien, y compris pour les Palestiniens, et lui ont pourri toute sa vie. Elle veut bien croire qu’Israël est une menace pour le Liban. Mais elle n’oublie pas qu’ils ont été nombreux, au Sud, à accueillir ses soldats en leur lançant du riz, trop contents de se débarrasser de l’Organisation de libération de la Palestine, en 1982. Elle constate que l’armée israélienne a occupé le Sud pendant plus de 20 ans sans l’annexer ni installer des colonies. Elle note aussi que depuis que celle-ci a quitté la région, en 2000, le Hezbollah a provoqué trois guerres contre Israël qui ont fait le malheur du Liban et avant tout de la communauté chiite. Et que c’est bien la « résistance » qui est en train de provoquer l’invasion qu’elle est censée empêcher.

À ses yeux, le Hezbollah a assassiné les esprits les plus libres du Liban, mené un coup d’État en 2008, commis les pires horreurs en Syrie, stocké le nitrate dans le port de Beyrouth et menacé mille fois les autres Libanais de déclencher une guerre civile. À ses yeux, il est bien plus menaçant qu’Israël. S’il gagne cette guerre, c’en est fini de son Liban.

Elle et lui sont les versions les plus modérées de leurs camps respectifs. Dans son entourage à elle, on espère qu’Israël en finira avec le Hezbollah, on estime que les chiites n’ont que ce qu’ils méritent et on se prépare pour la bataille d’après en reprenant les armes. Dans son entourage à lui, on crache sur les traîtres et on menace de s’occuper d’eux une fois qu’on en aura fini avec Israël.

Entre eux, le dialogue est impossible. Le conflit, par les mots ou par les armes, inévitable. Comment faire un pays avec cela ? Comment faire nation ? Comment ne pas se déchirer durant et à l’issue de cette guerre quand on a des visions si diamétralement opposées de ses causes et des attentes qui le sont tout autant sur ses potentielles conséquences ?

La haine est partout. Au sein de chaque communauté, chaque ville, chaque quartier, chaque famille et chaque Libanais. Ce n’est pas nouveau, et l’on ne sait que trop bien vers quoi cet engrenage va nous mener.

Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Une milice armée, un pays divisé, un État passif, un voisin belliqueux : tous les ingrédients sont réunis pour un nouveau voyage vers l’abîme.

La guerre civile est dans toutes les têtes. Tout comme l’idée que l’on ne peut plus vivre ensemble. Que le divorce est moins coûteux qu’une relation de plus en plus forcée. Alors qu’est-ce qu’on fait ? On renonce au Liban ? À ce « pays plus grand que lui-même » qui aurait pu – qui aurait dû – être un monde en soi. Ou bien l’on continue de se battre pour que l’idée du Liban survive à un monde et à une époque qui lui est fondamentalement antagoniste ?

Mais avec quelles armes ? Comment réconcilier son récit à lui et son récit à elle ? On peut essayer de réconcilier les douleurs, et c’est déjà beaucoup. Parler à tous les Libanais dans un même discours, à celui qui dort sous une tente tout comme à celui qui a peur d’accueillir une famille chiite et d’être la cible d’une frappe israélienne, à celui qui a tant souffert d’Israël tout comme à celui qui a tant souffert du Hezbollah.

C’est un point de départ essentiel, mais malheureusement insuffisant. Toutes les douleurs sont légitimes mais tous les discours qui les accompagnent ne le sont pas.

Entre 1969 et 1975, l’État libanais n’a pas agi pour désarmer l’OLP, qui voulait libérer la Palestine depuis le Liban. Le pays était divisé, l’État trop faible, et le risque de guerre civile dans tous les esprits. Alors on n’a rien fait, pour éviter le pire. Et l’on a eu pour résultat le pire du pire : quinze ans de guerre civile et une double occupation syrienne et israélienne. Mais à quoi sert de dire tout cela, si l’on ne peut l’en convaincre ? 

D’abord, il y a lui. Il vient du Sud, mais pas toujours. Il est chiite, mais pas toujours. Il n’a pas dormi depuis un mois. Il est en colère contre la terre entière. Contre tous ceux qui regardent Israël détruire le Liban en toute impunité. Contre l’armée, qui a retiré ses soldats du sud du Litani face à l’avancée israélienne. Contre l’État, qui veut négocier avec l’ennemi et désarmer le Hezbollah. Contre les autres Libanais, qui lui donnent le sentiment de n’en avoir rien à faire – ni du Sud ni des chiites. Il est en train de tout perdre : son village, sa communauté, ses souvenirs et son avenir. Alors il explose au point de voir comme des traîtres ou des ennemis tous ceux qui ne pensent pas comme lui. Tous ceux qui n’ont pas vécu l’occupation israélienne dans leur chair. Qui n’ont pas subi...
commentaires (37)

On peut avoir deux ennemis, et il n’y a aucune contradiction à le dire. Je ne sais pas ce qui est pire : être massacrés par Israël ou voir le Liban anéanti par le Hezbollah. Ces deux projets n’ont rien à voir avec le Liban que je veux. Personnellement, je ne veux ni d’un Liban sous la coupe du Hezbollah, ni d’un Liban occupé par Israël.

Mickael Joseph

10 h 32, le 13 avril 2026

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Commentaires (37)

  • On peut avoir deux ennemis, et il n’y a aucune contradiction à le dire. Je ne sais pas ce qui est pire : être massacrés par Israël ou voir le Liban anéanti par le Hezbollah. Ces deux projets n’ont rien à voir avec le Liban que je veux. Personnellement, je ne veux ni d’un Liban sous la coupe du Hezbollah, ni d’un Liban occupé par Israël.

    Mickael Joseph

    10 h 32, le 13 avril 2026

  • Séparations? découpages? Facile!! Et comment va-t-on le découper ce pays? Avec des murs de 10 mètres de ciment qui suivent les routes les vallées, les rues des quartiers, les rotondes routières et les rattacher à des barrages, des points de passage barbelés, des caméras et des snipers des deux côtés? C'est un moment difficile, ok. L'écoute est à l'onde la moins audible,.. d'accord! mais on a déjà connu pire. Holà ! Les re-constructeurs des ponts bombardés !!! S’il vous plaît, SORTEZ!! Faut tout refaire!!!

    Achikbache Dia

    23 h 38, le 06 avril 2026

  • C'est Israel qui attise peurs, haines et divisions parmi nous. Il faut bien le comprendre. Tous les prétextes sont bons pour détruire le pays. Israel ne cherche pas la paix mais la guerre et le chaos pour dominer la région, et pouvoir chasser et exterminer tous les palestiniens des Territoires occupés. A nous, de ne pas tomber dans le panneau et rester unis malgré nos différences.

    MeK

    08 h 40, le 01 avril 2026

  • Plus de vivre ensemble. Après plus de 50 ans de guerres interminables, une partie des libanais ne comprends toujours pas que l’autre partie ne partagera jamais la même vision d’un Liban libre, souverain, et independent du monde arabe et islamique.

    Cedrus Fidelis

    05 h 35, le 01 avril 2026

  • Malgré ce que les colères, beaucoup de liens existent entre libanais de tous bords. Apres la débacle en cours, est-ce que le besoin d’Etat de droit et de justice n’est pas ce qui unira les 2 camps, y compris les 10452 km2 ? La 3 eme voie qui peut sauver le Liban: la neutralité totale, le retrait d’Israel avec un traite de paix, une application intégrale de Taef ,decentralisation effective… Une période transitoire pourrait être gérée par un pilotage extérieur type ONU chapitre 7, au titre du devoir d’ingérence humanitaire / peuple en danger, accompagné par une garantie de sécurité.

    Sam

    08 h 39, le 31 mars 2026

  • Quel est le drapeau qui flotte sur chacun de ces deux Liban?

    nada boustany

    20 h 11, le 30 mars 2026

  • arretez de nous imposer "le vivre ensemble".C'est à CAUSE DE VOUS (pas vous personnellement mais toutes ces personnes qui prônent de tendre la joue gauche à celui qui vous frappe sur la joue droite) que nous subissons ceci.LE VIVRE ENSEMBLE n'existe plus !!! OUI un liban UNI mais chacun chez soi,selon,son mode de vie, ses croyances,ses convictions.A cause de ce vivre ensemble "cassé" depuis 1975 que les libanais sont frustrés : chaque communauté étant frustré et au final,ce qui semble être imposé au liban; Un liban islamiste à l'image de la Syrie OU de L'IRAN. NON à ce LIBAN pour nos enfants

    LE FRANCOPHONE

    19 h 37, le 30 mars 2026

  • arretez de nous imposer "le vivre ensemble".C'est à CAUSE DE VOUS (pas vous personnellement mais toutes ces personnes qui prônent de tendre la joue gauche à celui qui vous frappe sur la joue droite) que nous subissons ceci.LE VIVRE ENSEMBLE n'existe plus !!! OUI un liban UNI mais chacun chez soi,selon,son mode de vie, ses croyances,ses convictions.A cause de ce vivre ensemble "cassé" depuis 1975 que les libanais sont frustrés : chaque communauté étant frustré et au final,ce qui semble être imposé au liban; Un liban islamiste à l'image de la Syrie OU de L'IRAN. NON à ce LIBAN pour nos enfants

    LE FRANCOPHONE

    19 h 36, le 30 mars 2026

  • Cette guerre confirme s’il y’avait encore le moindre doute que le Liban en tant que NATION est un mythe.

    Giraco Grégoire

    19 h 13, le 30 mars 2026

  • Cette guerre est la confirmation définitive que la « Nation » Liban est un mythe.

    Giraco Grégoire

    17 h 18, le 30 mars 2026

  • Un excellent récit, bravo! C’est très difficile mais il faut toujours travailler pour la paix, le dialogue, le vivre ensemble, l’unité du Liban. Peut être les Libanais ne sont pas meilleurs des autres mais sûrement il ne sont pas pire. Giuseppe Morabito

    Morabito Giuseppe

    16 h 28, le 30 mars 2026

  • Mes deux commentaires ne se contredisent pas mais se completent. Faut bien lire et bien comprendre. Merci.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    15 h 54, le 30 mars 2026

  • Excellent résumé et Appel à lʼaction Cʼest un deja-vu malheureux avec une fin tragédienne si lʼetat ne va pas prendre parti cette fois çi

    Melhem Ghaleb

    15 h 39, le 30 mars 2026

  • suite... Monsieur Samrani, personne ne peut eradiquer NOTRE COMMUNAUTE CHIITE ni meme le HEZBO de notre COMMUN SOL. Nous sommes condamnes a vivre ensemble dans un Liban pays de DROIT. QUAND ? Ca viendra un jour. Il ne peut y avoir deux Libans car non viables et sinon soumis chacun a un pays pour assurer sa survie. Qu,aurons nous fait ? Tous les deux, les uns certes de loin les plus responsables, offert a l,invasion des genocidaires et non fiables voisins des parties de notre terre irrecuperables. Et sur les restes nous vivrons toujours avec nos Freres Chiites + HEZBO. Rien de change !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    15 h 33, le 30 mars 2026

  • Vous revez Monsieur Samrani meme sous la lumiere du soleil. Diogene le cynique de Synope se trimballait en plein jour ensoleille dans les rues d,Athenes avec un falot allume a la main cherchant l,homme et la VERITE. Malheureusement nos Freres Chiites, avec de tres rares exceptions, sont TOUS des membres, des Fans et de FANATISES religieusement du Hezbo iranien et du Faqih. Il n,y a pas DEUX LIBANS. Il y a UN SEUL LIBAN et un dit etat cree par l,Iran a l,image du mini etat cree a Chypre par les turcs et que seuls les turcs reconnaissent. L,etat hezbo-berriote n,est reconnu que par l,Iran SEUL.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    14 h 54, le 30 mars 2026

  • Très beau texte. Merci M. Samrani.

    Sami Farhat

    14 h 17, le 30 mars 2026

  • D’après certains Israël voulait s’emparer de toute façon du Liban. Oui, comme tous les pays qui louchent sur leurs voisins. Cependant il n’y a pas eu un seul qui leur a facilité la tâche en les provoquant pour venir assouvir leurs rêves. Le HB lui fait de tout depuis des décennies pour aboutir à cette dernière guerre de laquelle notre pays ne s’en sortirait que si nos dirigeants s’allient avec les ennemis de nos ennemis pour mériter ce pays qui leur a toujours échappé. Il est grand temps de tout faire pour le sauver si n veut le récupérer . Un pays ça se mérite et l’honneur sera sauf.

    Sissi zayyat

    14 h 00, le 30 mars 2026

  • Pour les rêves de laicité.Ca ne marche jamais avec des populations issues de la religion musulmane malheureusement.Voyez l'Europe dont la laicité est mise à mal par les islamistes qui essaient et testent à chaque fois cette laicité pour la percer.Voyez les voisins qui se radicalisent (la syrie et d'autres pays) sans oublier Israel.La laicité ne fonctionnera JAMAIS parce que le "mode de vie" de nombreux musulmans doit absolument être "à l'image de la religion musulmane".La laicité au liban signifie "noyer les chrétiens" dans la masse musulmane et seront identiques aux coptes egyptiens. c pire.

    LE FRANCOPHONE

    11 h 39, le 30 mars 2026

  • Ce vivre ensemble n'est pas une mascarade mais plutôt un crime envers les générations futures -s'il en restera quelqu'un dans ce pays-

    Oscar

    11 h 30, le 30 mars 2026

  • Tellement juste. Et tellement terrible que ce soit juste !

    Selim Nassib

    11 h 28, le 30 mars 2026

  • Comme toujours avec Anthony, un excellent article, d’une grande lucidité. Malheureusement, la conclusion est simple. Il est devenu impossible pour les partisans, meme modérés, du Hezbollah, et les autres composantes de la société libanaise de vivre ensemble. La solution - la séparation - est bien plus compliquée, bien plus douloureuse, mais, à terme, inévitable.

    Akote De Laplak

    11 h 24, le 30 mars 2026

  • Bravo pour cet article A. Samrani. Vous prenez la position de médiateur en mesure d’écouter et de reformuler les 2 récits des pro et anti Hezbollah. La polarisation des positions est aujourd’hui telle que le fossé creusé entre les libanais paraît totalement impossible à combler. Et pourtant, même si vraisemblablement le Liban finira amputé de cette guerre et en sera le plus grand perdant, le Nouveau Liban d’après ne pourra se construire qu’à la condition de formuler un 3 eme récit capable de réconcilier les 2 autres. Pacifier les esprits, une lourde tâche, mais il faut garder l’espoir.

    Ghazal Michel

    10 h 50, le 30 mars 2026

  • Le texte si j'ose dire, place de nouveau l'église au milieu du village comme le dit le proverbe. Combien de fois nous avons vu les mains se tenir du nord au sud et les voix s'élever pour dire, plus jamais ça ? Combien de fois nos hommes politiques ont failli dans leur mission entrainant le Liban dans des guerres de chapelles et de mosquées. Aujourd'hui notre avenir est plus que sombre et la fin semble encore pire que ce qu'on pouvait imaginer ou espérer. Nous n'avons qu'une solution pour bâtir un pays, un vrai état laïque. Est-ce une utopie? On peut toujours rêver de l'humain vertueux...

    Zeidan

    09 h 54, le 30 mars 2026

  • Lorsque nous parlons de la mascarade du »vivre ensemble », l’OLJ nous censure. Il est GRAND TEMPS de laisser nos complexes de côté. De réaliser qu’il existe plusieurs identités libanaises.Le liban uni: regroupant les régions « druzes/ chrétiennes et sunnites les chiites libres qui le veulent »( donc Le Mont Liban et le Nord Zahlé et Saida »( chaque communauté gérera sa région au sein des Liban Unis) comme les USA ou même la Suisse. Et en face les adeptes du Hezbollah notamment les chiites et sympathisants) m. Chacun paiera ce qu’il cassera et sera en harmonie avec ses idées / convictions

    LE FRANCOPHONE

    09 h 50, le 30 mars 2026

  • Excellente idée de se mettre, en l’espace d’un moment, dans la peau et dans l’esprit de lui et elle politiquement aux antipodes. Entre temps, la guerre se poursuit inexorablement pendant qu’Israël semble déterminé à élargir le champ de son occupation pour réaliser son vieux rêve d’annexer le sud, voire bien au delà. En attendant les deux enfants de chœur Aoun et Salam élaborent soigneusement une plainte contre Israël au conseil de sécurité qu’ils savent pertinemment qu’elle finira comme ses précédentes dans un vieux tiroir du C de sécurité. . Plus triste et désolant, on n’en trouve pas.

    Hitti arlette

    09 h 19, le 30 mars 2026

  • Quoi de nouveau? L'occident a joué la carte de division entre même peuples et toute la région est en ébullition. Ne pensez pas qu'un autre arabe au fond n'est pas divisé . La seule raison pourquoi au Liban la division est plus évidente c'est que le pays est plus démocratique des autres pays arabe autoritaires ou les gouverneurs sont imposé par l'occident pour dominer leur peuples. Aussi le Liban est plus occidental que d'autres pays arabes donc le problème se manifieste plus.

    Ma Realite

    08 h 57, le 30 mars 2026

  • Wow tout a été dit Merci anthony

    Maya B.

    08 h 54, le 30 mars 2026

  • Merci d’avoir si bien décrit la situation actuelle au Liban. Je pense que le principal obstacle au dialogue est la pensée binaire et simpliste. Il faut dépasser cela pour se concentrer sur une cause plus large : notre cher pays, ancré dans l’humanité.

    Harb Mona

    08 h 41, le 30 mars 2026

  • Excellent article… Malheureusement ca decrit parfaitement combien les libanais sont divisés! ça decrit Mon newsfeed Instagram, mon entourage….. Comment un peuple pourrait avoir 2 visions si differentes de leur pays? Ce qui me rend malade plus que la guerre, c’est le desespoir de ne jamais vivre en paix au Liban, de ne jamais avoir un pays “normal”….

    Feriale du Liban

    08 h 22, le 30 mars 2026

  • Pourquoi s’entêter à vouloir vivre ensemble alors que nous n’avons à ce point rien en commun avec ces gens - rien ! Peut-être qu’il faut se rendre à l’évidence et se séparer en effet. C’est un échec pour le « vivre ensemble » bien sûr, mais parfois il faut savoir se séparer dignement plutôt que de se battre indéfiniment - et tant pis pour le « Liban message » !

    Fadi Chebli

    08 h 20, le 30 mars 2026

  • Je viens de lire un bijou de texte sur le Liban, d’une de nos grandes écrivaines où elle fait parler, par imagination débordante, son mari qui se plaint d’une "chierie permanente" et de se "noyer dans une chasse d’eau continue" ! De l’absurde, faut-il en rire ou en pleurer ? C’est exactement la situation décrite dans votre "analyse". Depuis les premières rafales palestiniennes contre l’armée, l’État s’est affaibli, ne pouvant plus supporter tous les candidats au martyr. C’était le mode d’action depuis les années soixante des mouvements de libération, et la lutte armée pour les causes perdues.

    nabil

    07 h 42, le 30 mars 2026

  • Toute cette narration, c'est du déjà lu, du vécu, du constaté. C'est la description de l'"absurdistan". La "pasdaranisation" du Hezbolah, comme la "palestinisation" des Libanais, opinion publique, medias compris, tout cela au nom de la libération de la "Palestine occupée". En 2026, La spoliation de la Palestine, est plus grave que le holdup sur la Crimée, ou une bonne partie de l’Ukraine. La cause palestinienne est-elle plus importante que celle du Liban ? Ouf, c’est la grenouille qui se prend pour un bœuf, en important les conflits du monde entier, contre monnaie sonnante et trébuchante.

    nabil

    07 h 15, le 30 mars 2026

  • En ce qui concerne le Pacte national , georges naccache disait que deux négations ne font pas une nation. Ni pro -arabe ni pro-occident. Une forme de neutalité , mais ça n’a pas été respecté malheureusement. A contrario, on pourrait dire que des haines durables font bien une séparation. On a eu cent ans pour régler le problème, avec un résultat désolant. La formule n’est plus viable, il faut sincèrement le reconnaìtre, sinon nos arrières petits-enfants se poseront toujours la même question. Reste à savoir sous quels régime et forme se fera la distanciation. Le penser n’est pas un crime.

    NG

    06 h 32, le 30 mars 2026

  • L’OLP n’est pas venue toute seule. Les accords du Caire de 1969 ont été le début de la fin. Nous avons au fil du temps prêté flanc à des acteurs externes qui n’avaient que faire de l’intérêt supérieur du Liban. Nous n’avons pas su nous forger une identité commune, ni même nous rallier autour d’un projet commun. La corruptibilité, la gabegie et le clientélisme n’ont pas aidé, chacun pensant en termes de secte, au lieu de nation. Comment espérer créer un pays, dans ces conditions. Comment faire table rase, pour repartir sur de nouvelles bases.

    AA

    04 h 12, le 30 mars 2026

  • Texte magnifique ! Tout mon respect M. Samrani.

    f.girod@hotmail.com

    02 h 21, le 30 mars 2026

  • Touit ce que j'entends, tout ce que je lis, ce sont des arguments politiques, militaires, sociaux , parfois patriotiques, et le probleme reste le meme, . Le retour a la guerre , implacable comme une caroussel, n'epargne point le material, . mais cest a l'esprit qu'il faut parler. Et au Liban, on a l'impression qu'on n'ose pas. On a peur de l'offense, mais on oublie les victimes mortes pour rien. Il est grand temps d'etaler au grand jour le fanatisme ignorant et iinstitutionnalise qui a envenime la raison durant plus qu'un demi-siecle.

    M.J. Kojack

    02 h 14, le 30 mars 2026

  • Le Liban d'autrefois n'existe plus malheureusement. Aujourd'hui c'est une mosaïque de religions et de cultures

    Charles Sebbag

    00 h 25, le 30 mars 2026

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