Les attaques américaines et israéliennes contre l’Iran se poursuivent depuis plusieurs semaines, bouleversant les équilibres géopolitiques au Moyen-Orient et provoquant une flambée des prix du pétrole qui secoue l’économie mondiale. Alors que les frappes atteignent leurs objectifs stratégiques, la question se pose : quand cette guerre prendra-t-elle fin et quelles en seront les répercussions pour l’Iran et la région ?
Depuis le 28 février dernier, l’Iran vit sous un feu intense et continu. Les opérations militaires combinées des États-Unis et d’Israël – bombardements ciblés, raids de précision et éliminations de hauts responsables militaires – ont plongé le pays dans une situation sans précédent. Parallèlement, Téhéran tente de projeter son influence sur les pays du Golfe et de manipuler les marchés pétroliers mondiaux, provoquant une hausse spectaculaire des prix de l’énergie et alimentant une inflation globale. Tous les regards se tournent désormais vers une seule question : quand la guerre prendra-t-elle fin et quelle sera son issue ?
Dès les premières heures du conflit, les analyses se sont succédé : certains parlaient de combats limités à quelques jours, d’autres prévoyaient une guerre longue, pouvant durer des mois, voire jusqu’à l’effondrement du régime iranien. Aujourd’hui, les données militaires et les évaluations stratégiques convergent vers une hypothèse réaliste : la fin des hostilités pourrait survenir à la fin du mois de mars, avec un écart de quelques jours. La majorité des experts s’accordent sur un horizon de deux à trois semaines maximum à compter d’aujourd’hui pour la suspension des frappes.
La cessation des opérations dépendra de l’atteinte de plusieurs objectifs militaires stratégiques.
– Neutralisation de l’arsenal balistique et aérien iranien : les frappes visent à détruire la majeure partie des missiles à longue portée et leurs plateformes de lancement, limitant la capacité offensive de Téhéran à une fraction insignifiante.
– Destruction des infrastructures de production d’armes et de drones : les sites de fabrication et d’assemblage de missiles et de drones sont systématiquement visés, empêchant une reconstruction rapide des capacités offensives et réduisant la possibilité pour l’Iran de soutenir ses alliés régionaux.
– Affaiblissement du commandement du Corps des gardiens de la révolution : les quartiers généraux, bases et centres de commandement sont frappés pour désorganiser la chaîne de contrôle et limiter l’efficacité opérationnelle des forces armées.
– Neutralisation partielle des forces aériennes et navales : avions de chasse, hélicoptères, frégates et vedettes de combat sont détruits, tandis que les infrastructures portuaires et aéroportuaires subissent des dommages sévères, entravant la projection de force de l’Iran.
– Mise hors service des radars et systèmes de défense aérienne : cette opération permet le contrôle total de l’espace aérien iranien et offre la possibilité de nouvelles frappes ciblées si nécessaire.
– Paralysie du système de gouvernance et des infrastructures essentielles : les bâtiments gouvernementaux, ministères et centres de services publics sont touchés, limitant la capacité administrative du régime à coordonner ses opérations et à gérer le pays.
– Élimination de cadres et neutralisation des forces armées : des milliers de combattants ont été tués ou blessés, et une part significative des armes conventionnelles, comme les chars et l’artillerie, a été détruite.
À ce stade, il est probable que d’ici à la fin du mois, le président américain puisse annoncer la fin de la campagne, revendiquant une victoire stratégique. Cette victoire ne se limite pas à la destruction militaire : elle transforme l’Iran en un État affaibli, incapable de restaurer rapidement son arsenal offensif. Selon les chiffres disponibles, plus de 7 500 missiles ont déjà atteint leur cible avec précision, et ce chiffre pourrait atteindre 10 000 d’ici à la fin mars. Toute résistance iranienne pourrait immédiatement déclencher de nouvelles frappes jusqu’à l’obtention de la soumission du régime.
Mais la guerre dépasse le cadre militaire. Sur le plan géopolitique, Washington et Tel-Aviv encourageront probablement la population iranienne à se mobiliser, créant des troubles internes et des mouvements de contestation destinés à distraire le régime. Les frappes contre les forces de sécurité et les unités du Bassidji ont déjà affaibli le contrôle du régime, préparant le terrain à une potentielle insurrection post-conflit.
Sur le plan économique, les conséquences sont majeures. Les revenus pétroliers, essentiels pour financer la reconstruction et les activités régionales de l’Iran, seront insuffisants pour compenser les pertes massives, estimées à plus de 20 milliards de dollars à ce stade. La capacité de Téhéran à soutenir ses alliés régionaux sera sévèrement réduite, modifiant durablement l’équilibre stratégique au Moyen-Orient. Les pays du Golfe, frappés par les missiles iraniens, renforceront leurs stocks d’armes et investiront massivement dans des systèmes de défense, accentuant la militarisation régionale.
Certains analystes préviennent toutefois qu’une suspension prématurée des frappes pourrait permettre à l’Iran de reprendre rapidement ses programmes balistique et de drones, annulant les gains militaires acquis. Cette option plaide pour une poursuite des frappes jusqu’au changement effectif du régime ou au moins jusqu’à ce que l’opposition interne puisse engager des actions armées substantielles. Cette décision reste au centre des débats stratégiques américains, sous influence israélienne, et déterminera la durée réelle du conflit.
En conclusion, cette guerre n’est pas seulement un affrontement régional. Elle bouleverse les équilibres stratégiques au Moyen-Orient, perturbe les marchés énergétiques mondiaux et menace l’économie globale. Qu’elle se termine dans les semaines à venir ou s’inscrive dans la durée, ses répercussions seront profondes et durables. L’Iran tel qu’il émergera de ce conflit ne sera plus le même.
Wadih EL-KHAZEN
Ancien ministre
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