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Politique - guerre au liban 2026

Beyrouth déclare l’ambassadeur iranien persona non grata et lui donne jusqu'à dimanche pour quitter le territoire

Tel-Aviv a « salué » une décision « justifiée et nécessaire », appelant le gouvernement libanais à prendre des mesures concrètes et significatives contre le Hezbollah et ses ministres.

Beyrouth déclare l’ambassadeur iranien persona non grata et lui donne jusqu'à dimanche pour quitter le territoire

L’ambassadeur d’Iran au Liban, Mohammad Reza Shibani, montre son doigt marqué d’encre après avoir voté lors du premier tour de l’élection présidentielle iranienne, le 14 juin 2013, à l’ambassade d’Iran à Damas. AFP

Le ministère libanais des Affaires étrangères a convoqué à Beyrouth le chargé d’affaires iranien, Toufic Samadi Khoshkhou, pour lui notifier que le Liban avait retiré l’accréditation de l’ambassadeur iranien, Mohammad Reza Shibani. Déclaré persona non grata, le diplomate doit quitter le territoire au plus tard dimanche prochain, le 29 mars 2026, selon une information confirmée par le ministère à L’Orient-Le Jour.

Cette mesure intervient à l'heure où l'État libanais tente de se distancier autant que possible de l'Iran et des gardiens de la révolution, afin de se tenir à l'écart de la guerre opposant l'Iran et le Hezbollah aux États-Unis et à Israël. Elle intervient également au lendemain d'une frappe ciblée israélienne à Hazmieh, une banlieue de Beyrouth, visant un membre « de la force al-Qods » des gardiens de la révolution iraniens, son unité d'élite.
Début mars, le gouvernement libanais avait déjà interdit toute activité des Gardiens iraniens au Liban et a considéré les activités militaires du Hezbollah comme illégales. Malgré ces décisions, le Hezbollah et l'Iran ont cosigné l'opération « Paille mâchée ». Ce qui a fait dire, dimanche soir, au Premier ministre Nawaf Salam, que ce sont des membres des gardiens de la révolution iraniens qui commandent les opérations du Hezbollah dans la guerre en cours contre Israël. Après le lancement de « Paille mâchée », le ministre des Affaires étrangères, Joe Raggi, avait convoqué le chargé d’affaires iranien sur demande du Conseil des ministres.

Selon nos informations, Joe Raggi a accéléré le processus, craignant la « présence massive » des gardiens iraniens au Liban. Une source au sein du ministère des AE précise que la démarche a été coordonnée avec le Premier ministre Salam et le président de la République, Joseph Aoun. Une information que L'Orient-Le Jour a pu confirmer, même si, dans les cercles proches du pouvoir, on confie que l'on s'attendait à ce que le Conseil des ministres - qui doit se réunir jeudi - prenne, dans son ensemble, une telle décision. La source affirme, elle, que l'entrée en vigueur de la décision ne nécessite pas l'approbation du Conseil des ministres. Celui-ci devrait, en revanche, se prononcer sur une éventuelle rupture des relations diplomatiques entre les deux pays.

Dans son communiqué, la diplomatie libanaise a d'ailleurs précisé que cette décision est une mesure concernant l'ambassadeur lui-même, et ne constitue pas une rupture des relations diplomatiques. Les lettres de créance de Mohammad Reza Shibani avaient déjà été acceptées, et le diplomate était arrivé à Beyrouth le 26 février, deux jours avant le début de la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël contre l'Iran. Il n'avait cependant pas encore pris rendez-vous avec le ministre Raggi. Mohammad Reza Shibani avait déjà occupé le poste d'ambassadeur au Liban dans les années 2000. Le ministère a également rappelé l’ambassadeur du Liban en Iran, Ahmad Soueidan, pour consultations, suite à ce que l’État libanais a qualifié de violation par Téhéran des usages et règles diplomatiques établies entre les deux pays.

Tel-Aviv et Paris saluent

Réagissant à l'annonce de Beyrouth, le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a « salué » une décision « justifiée et nécessaire ». « Nous appelons le gouvernement libanais à prendre des mesures concrètes et significatives contre le Hezbollah, dont des ministres siègent encore en son sein », a déclaré le ministre dans un message sur X. Un rare clin d’œil de la part d'un responsable israélien à l'égard de l'État libanais, constamment accusé par Tel-Aviv de ne pas faire assez contre le parti-milice. S’exprimant à partir du site d’une frappe iranienne à Tel-Aviv, le président israélien Isaac Herzog a lui aussi salué une décision « audacieuse » et estimé que « cette mesure décisive s’inscrit dans le cadre des changements majeurs qui pourraient se produire dans la région si le régime iranien et ses mandataires étaient écartés ».

De son côté, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué une décision « courageuse ». « Je veux saluer les déclarations et les actes du gouvernement libanais (…) qui vient ce matin de prendre une décision courageuse en décidant de renvoyer l’ambassadeur d’Iran », a-t-il indiqué dans un entretien à l'AFP.

Au niveau local, le chef des Forces libanaises, Samir Geagea (dont Joe Raggi est proche), a affirmé à la chaîne MTV que « le gouvernement a bien fait de décider d’expulser l’ambassadeur iranien ». « Cette décision aurait dû être prise depuis longtemps, en raison de l’ingérence iranienne. Les récents événements ont prouvé, de manière indiscutable, que les gardiens de la révolution sont présents au Liban, au moins à hauteur de plusieurs centaines de personnes, et qu’ils dirigent directement les opérations » du Hezbollah, ajoute le leader chrétien. Le bureau politique des Kataëb a de son coté salué « l’expulsion de l’ambassadeur iranien, qui a violé toutes les conventions internationales régissant les relations diplomatiques », estimant qu’il s’agissait d’« une étape dans la bonne direction pour affirmer la souveraineté de l’État ».

Le tandem Hezbollah-Amal monte au créneau

Toutefois, de l'autre côté de l'échiquier politique, la démarche est décriée. Dans un communiqué, le Hezbollah a « condamné et rejeté catégoriquement » la décision de la diplomatie libanaise, estimant qu’elle est « dépourvue de tout fondement légal ». Il a appelé le président de la République et le Premier ministre « à demander au ministre des Affaires étrangères (..) de revenir immédiatement sur cette décision qui a des conséquences dangereuses ». « Cette mesure, précipitée et condamnable, ne sert ni les intérêts supérieurs du Liban, ni sa souveraineté, ni son unité nationale. Elle constitue au contraire un renversement de ces principes, une soumission manifeste à des pressions et diktats extérieurs, ainsi qu’une atteinte flagrante aux prérogatives du président de la République », ajoute le communiqué. Le texte qualifie de « fallacieuse » les accusations d’ingérence à l’encontre de l’Iran et pointe du doigt « les ingérences américaines ». « Le ministre des Affaires étrangères choisit de s’aligner sur une position qui, par ses propos et ses actes, ne sert que l’ennemi sioniste. Il œuvre, consciemment ou non, à partir d’une logique partisane étroite (…) dans le but de préparer le terrain à une mise sous tutelle complète du Liban par les États-Unis et Israël », ajoute le texte.

Dans les milieux proches de Aïn el-Tiné, on estime aussi que « la décision de Joe Raggi va à l'encontre des intérêts du Liban ». Ces milieux affirment également que le président de la Chambre — qui s'était rendu à Baabda lundi — n'avait pas connaissance de la démarche. « Il va sans dire que la décision ne devrait pas être exécutée », commente un proche de Nabih Berry sous couvert d'anonymat.

De même, Amine Cherry, député Hezbollah de Beyrouth, a fustigé, dans une déclaration à L'OLJ, « une provocation à l'encontre de la base populaire du Hezbollah à l'heure où des mesures devraient être prises pour renforcer la cohésion sociale et politique en période de guerre ». Selon ce député, « l'État adopte une mauvaise approche : il se précipite pour négocier avec l'ennemi israélien qui occupe notre territoire et expulse l'ambassadeur d'un pays qui s'est toujours tenu aux côtés du Liban. Et cela est déplorable ». Il exclut toutefois - pour le moment - l'éventualité d'une démission des ministres du Hezbollah du gouvernement. Allant plus loin, le mufti jaafarite et porte-parole officieux du Hezbollah, Ahmad Kabalan, a appelé l'ambassadeur iranien à ne pas quitter le Liban.

Le ministère libanais des Affaires étrangères a convoqué à Beyrouth le chargé d’affaires iranien, Toufic Samadi Khoshkhou, pour lui notifier que le Liban avait retiré l’accréditation de l’ambassadeur iranien, Mohammad Reza Shibani. Déclaré persona non grata, le diplomate doit quitter le territoire au plus tard dimanche prochain, le 29 mars 2026, selon une information confirmée par le ministère à L’Orient-Le Jour.Cette mesure intervient à l'heure où l'État libanais tente de se distancier autant que possible de l'Iran et des gardiens de la révolution, afin de se tenir à l'écart de la guerre opposant l'Iran et le Hezbollah aux États-Unis et à Israël. Elle intervient également au lendemain d'une frappe ciblée israélienne à Hazmieh, une banlieue de Beyrouth, visant un membre « de la...
commentaires (25)

A y bien réfléchir, nous vivons - nous lecteurs francophones de l'OLJ - sur une autre planète... tous présents quand il s'agit de condamner l'Iran et son vassal libanais, mais tous retranchés derrière l'anonymat bien confortable (et tout relatif) de nos pseudos. C'est un peu comme faire la guerre en pantoufles depuis son lit. A quoi cela sert-il ? Pas à grand chose, si ce n'est de se sentir moins seul.

Ca va mieux en le disant

15 h 52, le 27 mars 2026

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Commentaires (25)

  • A y bien réfléchir, nous vivons - nous lecteurs francophones de l'OLJ - sur une autre planète... tous présents quand il s'agit de condamner l'Iran et son vassal libanais, mais tous retranchés derrière l'anonymat bien confortable (et tout relatif) de nos pseudos. C'est un peu comme faire la guerre en pantoufles depuis son lit. A quoi cela sert-il ? Pas à grand chose, si ce n'est de se sentir moins seul.

    Ca va mieux en le disant

    15 h 52, le 27 mars 2026

  • L’arrogance des voix pro-Hezbollah n’a pas de limites. La décision d’expulser le soi-disant ambassadeur iranien est non seulement sage mais constitue une nécessité diplomatique minimale à ce stade. Le Liban dispose enfin d’un ministre des Affaires étrangères véritablement souverainiste qui a le courage d’AGIR dans l’intérêt du pays. Félicitations au ministre Joe Raggi !

    Tony BASSILA

    12 h 18, le 25 mars 2026

  • Maintenant, il ne lui reste plus qu'à lever fièrement le majeur, sans l'encre au doigt, ce qu'il fera sûrement dans l'avion du retour. Aciao Byebye. Bon débarras.

    Ca va mieux en le disant

    09 h 26, le 25 mars 2026

  • Si ce Pasdaran déguisé en ambassadeur décide de rester malgré tout, ça en fera un hors-la-loi…mais fort du support d’Amal, du Hezbollah et SURTOUT du clergé Chiite. Les choses sont claires. LAKOM LOUBNANOUKOM WA LANA LOUBNANOUNA.

    Lebinlon

    07 h 31, le 25 mars 2026

  • A souligner, le hezbollah invoque le manque de “fondement légal” au coup de pied donné à l’Iranien. Tien tiens il parle de légalité, lui qui est officiellement illégal ! La milice s’est habituée à traiter avec des pions , bien connus de tous, lâches, corrompus et vendus. On comprend donc son immense rage ( sans jeu de mot ! ) face à ce qui arrive au patron. Ça fait plaisir de voir enfin un Libanais patriote, courageux et inflexible dire tout haut ce qui devait être dit il y a longtemps. Le juge Salam doit être aussi content que nous. A bas la tyrannie des barbus.

    NG

    06 h 09, le 25 mars 2026

  • Pourquoi jusqu'à dimanche? Pourquoi pas ce matin même...

    Wlek Sanferlou

    02 h 41, le 25 mars 2026

  • Cela fait longtemps que nous n'avons pas eu une si bonne nouvelle. Quelle joie de savoir que cette décision contrarie les projets du hezbollah et Amal et surtout de notre momie nationale Berry.

    Saliba Patricia

    00 h 33, le 25 mars 2026

  • Ahlan. Yalla. ByeBye ?

    Ca va mieux en le disant

    23 h 27, le 24 mars 2026

  • Alléluia!

    Apple User

    21 h 19, le 24 mars 2026

  • Dégage toi et ta .... ( auto censuré)

    LE FRANCOPHONE

    19 h 51, le 24 mars 2026

  • Je ne sais pas si c’est une démarche cohérente que d’expulser l’ambassadeur iranien mais les propos du mufti Kabalan appelant ce diplomate à rester à Beyrouth sont choquants et témoignent d’un total irrespect pour la souveraineté nationale.

    Marionet

    19 h 51, le 24 mars 2026

  • Le toupet et l'hégémonie des clans Hezbollah-Amal, n'ont pas de limite. il fallait que le Liban soit enfin doté d'un ministre des Affaires Étrangères souverainiste et patriote, pour prendre une telle mesure. Ce n'est que le début car la rupture des relations diplomatiques avec la République Islamique, n'est qu'une question de quelques jours, peut-être moins, et tant mieux.

    Tony BASSILA

    18 h 42, le 24 mars 2026

  • Lorsqu’on ordonne à un ambassadeur de quitter un territoire parce que le pays hôte ne souhaite plus sa présence, l’ambassadeur en question n’a pas son mot à dire et encore moins les vendus de notre pays qui voient les ingérences étrangères quand cela les dérange dans leur sale besogne. Ce ne sont pas les américains qui nous ont déclaré la guerre mais bien les mercenaires iraniens pour faire envahir notre pays. Si les vendus ne peuvent pas se séparer des représentants iraniens, ils n’ont qu’à partir avec eux pour sauver les mollahs sur place. Nous faisons confiance à nos sauveurs et non à ceux

    Sissi zayyat

    18 h 40, le 24 mars 2026

  • Certains parlent de résistance armée. Il serait normal que, le pays étant attaqué, une résistance se fasse. Mais si les clauses du cessez le feu, fin des hostilités et désarmement du hezbollah etait appliqués, nous n'en serions pas là. Provoquer israel au profit de l'Iran, ouvrir un deuxième front sans avoir les moyens et la puissance militaire de faire face était suicidaire. Résultat 1 million de déplacés, des milliers de vies et de futurs détruits. Résister? Comment? Avec quoi?

    C.D.R

    18 h 09, le 24 mars 2026

  • A sa place je quitterai le Liban, de peur de me faire descendre par un obus israélien !

    LH

    18 h 01, le 24 mars 2026

  • CV'est la moindre des choses, et elle vient bien tard. Il est totalement invraisemblable que le Liban entretienne des relations diplomatiques avec un pays qui fait fi de son autorité et mène une guerre à partir de son territoire.

    Yves Prevost

    17 h 24, le 24 mars 2026

  • Espérons que la nouille va se réveiller !!!!!

    LE FRANCOPHONE

    17 h 22, le 24 mars 2026

  • Wow che Bella notizia une belle nouvelle

    Eleni Caridopoulou

    16 h 52, le 24 mars 2026

  • Il était temps et il est temps de rompre les relations diplomatiques avec ces assassins qui ne respectent même pas la souveraineté du Liban. Quand à l'étouffement du échtiz nabeuh on s'en fiche royalement.

    Zeidan

    16 h 45, le 24 mars 2026

  • S il refuse de quitter a l instigation du hezbo et de Amal , il faudrait le renvoyer Manu. Militari.

    Robert Moumdjian

    15 h 49, le 24 mars 2026

  • La mascarade continue

    Abdallah Barakat

    14 h 49, le 24 mars 2026

  • Bravo! Allez oust!

    angeles.d.r

    14 h 47, le 24 mars 2026

  • Ces décisions sont trop lentes… ç’aurait dû être le 2 mars!

    Ralph Stephan

    14 h 27, le 24 mars 2026

  • C'est que l'Iran s'oppose catégoriquement à l'idée de notre président et de son gouvernement à proposer des négociations libano-israéliennes directes avec l'ennemi . Et cette nouvelle tombe juste au moment où lç'Iran se dit prêt à participer militairement à l'endiguement des avancées de Tsahal sur le terrain libanais ! Notre gouvernement, par conséquent, démontre qu'il croit encore que la diplomatie et non la résistance armée sauvera le pays d'une prochaine et inexorable occupation israélienne de notre Sud ! Mais peut-on avoir confiance en ces yankees prosionistes sans foi ni loi ?

    Chucri Abboud

    14 h 07, le 24 mars 2026

  • C'est pas trop tôt !

    Remy Martin

    14 h 05, le 24 mars 2026

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