Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, lors d'une interview accordée le 8 mars à L'Orient-Le Jour. Photo Mohammad Yassine/L’Orient-Le Jour
Interviewé par la chaîne saoudienne al-Hadath ce dimanche soir, le Premier ministre libanais Nawaf Salam s’est longuement exprimé sur les conséquences de la nouvelle guerre que subit le Liban, sur la responsabilité du Hezbollah dans ce conflit et sur l'initiative du président Joseph Aoun pour des négociations directes avec Israël afin de mettre fin au conflit.
« La guerre nous a été imposée », a déclaré le Premier ministre libanais. « Chacune des six roquettes tirées par le Hezbollah (dans la nuit du 1er au 2 mars, début de l’ouverture du front de soutien à l’Iran, ndlr), a un coût sur les vies de 10 000 déplacés ».
Nawaf Salam a également assuré que ce sont des membres des Gardiens de la révolution iraniens qui commandent les opérations du Hezbollah dans la guerre en cours contre Israël. Évoquant l’incident au cours duquel un drone de fabrication iranienne a frappé une base britannique à Chypre plus tôt ce mois-ci, le Premier ministre a déclaré : « Ce sont les Gardiens de la révolution qui sont présents et qui, malheureusement, dirigent l’opération militaire au Liban. » « Ces personnes ont falsifié des passeports et sont entrées illégalement dans le pays », a-t-il ajouté. Un drone de fabrication iranienne a frappé une base britannique à Chypre plus tôt ce mois-ci, Nicosie estimant qu’il avait probablement été lancé par le Hezbollah soutenu par Téhéran depuis le Liban, et non depuis l’Iran lui-même. M. Salam a également évoqué l’annonce par les Gardiens de la révolution d’opérations conjointes avec le Hezbollah contre Israël comme preuve de leur rôle de commandement dans la guerre au Liban. Le gouvernement libanais a décidé ce mois-ci d’interdire toute activité des Gardiens de la révolution iraniens dans le pays.
« La guerre des autres sur notre sol»
Dans ses réponses aux questions, le Premier ministre s’est montré très critique du Hezbollah. Il a notamment réfuté l'argument du parti chiite selon lequel Israël allait attaquer le Liban même sans tirs de roquettes. « Est-ce notre rôle d'aller le provoquer ou de venger la mort d'Ali Khamenei ? Ce n'est pas le rôle des Libanais. Cette guerre est par excellence la guerre des autres sur notre sol », a-t-il martelé. Le 2 mars, le gouvernement libanais prenait la décision de décréter comme illégales les opérations militaires et sécuritaires du Hezbollah. Mais jusqu'à présent, l'armée n'est pas intervenue pour faire cesser les opérations militaires du parti chiite.
« Je n'appelle pas à une confrontation avec le Hezbollah, au contraire, je veux éviter une telle confrontation, mais je n'accepte pas de céder au chantage du Hezbollah et je lui demande de respecter les décisions du gouvernement », a-t-il martelé.
Réaffirmant la légitimité de son gouvernement qui « a obtenu la confiance du Parlement deux fois plutôt qu'une, et avec le vote du Hezbollah », le Premier ministre a répété plus d’une fois qu’« aucun Etat ne peut vivre s'il y a plusieurs centres de décisions et deux armées », et que « l’Etat est le seul garant pour tous les Libanais ». Et d’ajouter : « Le monopole des armes aux mains de l'Etat est de plus en plus urgent face au prix payé depuis ce nouveau front de soutien. »
En réponse aux critiques des Libanais sur la lenteur à appliquer les décisions gouvernementales, il a répondu : « J'aurais aimé appliquer les décisions plus rapidement mais nous avons hérité de longues années d'inaction et nous avons commencé à arrêter des membres du Hezbollah en possession d’armes illégales ».
Les négociations directes avec Israël « toujours d’actualité »
Interrogé sur l’initiative libanaise pour des négociations directes avec Israël en vue de mettre fin au conflit actuellement en cours, M. Salam a assuré que « cette initiative est toujours d’actualité de notre côté », sans nier les obstacles qui continuent de l’entraver.
Cette initiative a été lancée par le président de la République Joseph Aoun aux premiers jours de la guerre, en accord avec le Premier ministre, mais se heurte toujours à un refus israélien et une tiédeur américaine, ainsi qu’à un rejet total du Hezbollah et de son allié, le mouvement Amal. Le président de ce mouvement, Nabih Berry, également président du Parlement, refuse jusque-là de nommer une personnalité chiite dans la future délégation libanaise qui devra mener ces négociations.
M. Salam a assuré au cours de l’interview qu’une telle délégation « doit rassembler toutes les parties ». « Nos exigences sont claires, nous voulons un retrait israélien total des territoires libanais et le retour de nos détenus dans les geôles israéliennes », a-t-il précisé. Ces détenus ont été faits prisonniers au cours du précédent conflit avec Israël, en 2024.
Déplacés : « Ceux qui nous critiquent fuient leurs propres responsabilités »
Sur la question des déplacés des régions libanaises bombardées, qui ont dépassé 1,1 million de personnes, M. Salam s’est défendu d’une quelconque négligence, en réponse aux critiques. « Les déplacements de population sont catastrophiques, nous avons aménagé 644 centres d'accueil sur tout le territoire », a-t-il précisé. « Nous ne fuyons pas nos responsabilités et ceux qui nous accusent de le faire cherchent à fuir leurs propres responsabilités dans le déclenchement de cette guerre », a-t-il affirmé, dans une claire allusion au Hezbollah.
Réseau du Hezbollah au Koweït et aux Emirats
Le Premier ministre a également été interrogé sur l’arrestation, au Koweït et aux Emirats arabes unis cette semaine, de réseaux partisans du Hezbollah qui projetaient, selon les autorités de ces deux pays, de mener des opérations visant à déstabiliser les régimes en place et à semer le chaos. Ces deux pays font partie des Etats du Golfe qui sont régulièrement attaqués par l’Iran depuis que ce pays est en guerre avec Israël et les Etats-Unis.
« J’ai contacté les autorités koweitiennes et émiraties pour leur dire que nous ferons notre possible pour les aider à arrêter ces réseaux qui sévissent dans leurs pays », a répondu M. Salam, rappelant que le Liban a fortement dénoncé les attaques iraniennes sur leur sol.
« Mettre un terme à ce conflit aujourd'hui au Liban est notre priorité absolue et nous déployons tous les efforts diplomatiques nécessaires pour cela, d'où notre proposition de négociations directes », a également assuré M. Salam. Il a nié qu’un quelconque remaniement ministériel, notamment pour remplacer les ministres du Hezbollah et d’Amal, ne soit en cours. « Je n’ai pas peur pour ma vie et j’ai la conscience tranquille », a conclu le Premier ministre.




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Nous allons nous plaindre auprès de nos autorités afin de les renvoyer d’où ils viennent, ou les juger. Demandez donc à notre armée et aux président d’empêcher que des mercenaires foulent notre sol sans demander la permission ni s’inquiéter de ce qu’ils pourraient courir comme risque s’ils dérogeaient aux lois locales? Pour beaucoup moins que cela, les mollahs pendent tout être soupçonné de comploter contre leur régime assassin pendant qu’ils exportent leurs barbares afin de semer la mort dans un pays qui ne leur a rien demandé.
10 h 24, le 24 mars 2026