Le président français Emmanuel Macron (2e à gauche) se tient aux côtés de l’ambassadeur du Liban en France, Rabih Chaer (centre), et de la directrice du site archéologique de Byblos et commissaire scientifique de l’exposition, Tania Zaven (à gauche), lors de sa visite de l’exposition « Byblos, cité millénaire du Liban », à l’Institut du monde arabe (IMA) à Paris, le 23 mars 2026. Photo AFP
En écho au fracas des bombardements, c’est une autre voix — venue des profondeurs du temps — qui s’est élevée cet après-midi à l’Institut du monde arabe, lors du vernissage de l’exposition Byblos, cité millénaire du Liban. La nouvelle présidente, Anne-Claire Legendre, y a accueilli un public nombreux et attentif, saluant la détermination des équipes et la profondeur de l’amitié franco-libanaise qui ont rendu possible ce projet d’envergure. Elle a évoqué un véritable « cri de résistance » face aux menaces qui pèsent sur le patrimoine libanais sous les frappes massives, annonçant une aide de 50 000 euros, via l’Aliph, destinée à la restauration des sites endommagés.
Dans la salle, la présence de nombreuses figures politiques et diplomatiques souligne la portée de l’événement : députés libanais, ambassadeurs et gouverneur de la Banque du Liban assistent à la prise de parole d’Emmanuel Macron, dont les mots sont particulièrement attendus. Le président français découvre l’exposition aux côtés d’Anne-Claire Legendre, du ministre libanais de la Culture, Ghassan Salamé, du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, ainsi que de la ministre française de la Culture, Catherine Pégard.
Prenant la parole, Emmanuel Macron a salué une exposition qui « dit beaucoup de ce qu’est le destin du Liban dans cette région et de son destin à résister face à la brutalité des empires. Face à la brutalité, le Liban propose la force des civilisations ». Il a poursuivi : « Rien ne peut arrêter ce que le Liban va continuer de dire. Cette exposition raconte la résistance. Dans l’histoire de ce pays, quelque chose correspond à l’universalisme français. Nous devons tout faire pour que cessent les bombes, pour que l’intégralité du territoire libanais soit retrouvée. » Le chef de l’État a également averti qu’aucune « occupation » ne saurait garantir la « sécurité de qui que ce soit » : « Aucune occupation, aucune forme de colonisation, ni ici, ni en Cisjordanie, ni ailleurs, ne saurait assurer la sécurité de qui que ce soit. »
Sarkis el-Khoury, directeur des Antiquités, exprime d’une voix vibrante ses inquiétudes face à la destruction en cours de l’héritage matériel et immatériel, notamment dans le sud du Liban, où une quarantaine de villages ont été anéantis, emportant avec eux une part précieuse de la richesse archéologique du pays.
Les commissaires Tania Zaven et Élodie Bouffart soulignent avec émotion, quant à elles, les défis logistiques liés à l’acheminement des quelque 400 pièces exposées, regrettant que sept d’entre elles aient dû rester au Liban, faute de conditions de transport sécurisées.
Au fil du parcours, ancres de l’âge du bronze, statuettes emblématiques et mosaïque d’Europe déploient, à travers les millénaires, le récit pluriel et toujours vivant de Byblos.
Byblos, cité millénaire, qui ouvre mardi et se tient jusqu’au 23 août, plonge dans l’histoire de cette ville méditerranéenne considérée comme « le plus vieux port du monde », habitée depuis 6 900 ans avant Jésus-Christ.



Trump juge « totalement inacceptable » la réponse de l'Iran pour mettre fin à la guerre
J'ai eu exactement la même remarque ! Si c'est le cas, ça mérite rectification car ça fait un peu mesquin.
11 h 40, le 24 mars 2026