Un couple s'enlace face à la mer, à Beyrouth, le 22 mars 2026. Photo Dimitar Dilkoff / AFP

C’était un jour de 2021. Un réalisateur libanais me parlait de la guerre qu’il avait vécue - et à cette époque, « la guerre » voulait encore dire celle de 2006, ou la guerre civile. Alors que je m’attendais à des histoires de checkpoints, d’attentats, d’espionnage, il m’avait parlé d’amour. Autour de lui, tout le monde tombait amoureux, c’est du moins le souvenir qu’il en gardait, et ce monsieur me l'expliquait à l’aide d’une simple équation : « Plus la mort rôde, plus la vie s’accroche ».
Je repense à lui alors que, tout autour de moi, on s’efforce encore de produire du beau sur les ruines du Liban. De faire de la musique sur les décombres. D’écrire les histoires vraies du quotidien. De déclamer des poèmes devant des inconnus dans un bar. D’aider, de cuisiner. Cela aussi, ce doit être le rappel de la vie, une manière pour chacun de faire la guerre à la guerre.
Ces initiatives, nous les rapportons au quotidien dans nos colonnes et vous invitons à les lire en cette fin de semaine.
Bonne lecture !


Danyeal Zaiter, le coiffeur qui donne de la joie sur la Corniche de Beyrouth

Un modeste siège en plastique, un petit miroir appuyé sur un palmier, un tabouret, et bien sûr, une tondeuse... Il n'en faut pas plus à Danyeal Zeaiter pour improviser un salon de coiffure à ciel ouvert sur la corniche de Beyrouth. Chaque jour, il vient jusque-là depuis Saïda, et y reste jusqu’au soir, pour offrir aux déplacés une coupe et un bref moment de répit. Rayanne Tawil vous y emmène.

Dans la banlieue sud de Beyrouth, les sanglots longs du violoncelle de Mahdi el-Sahili

Mahdi a choisi de s'y rendre à l'aube. Rue Nour, à Haret Hreik, dans la banlieue sud de Beyrouth. Il s'est assis sur les décombres, a posé son violoncelle et s'est mis à jouer de cet instrument qui « crie notre douleur ». Une manière pour lui d'informer, alors que depuis, la vidéo fait le tour des réseaux. Il s'est confié à Nanette Ziadé-Ritter.

Dahié mon amour, la chronique de Sabyl Ghoussoub

Devinette : Si Maya, une jeune chrétienne veut coucher avec Ali, un jeune chiite, mais qu’ils habitent encore chez leurs parents, comment font-ils ? Ali vient chercher Maya, il monte dans les hauteurs de Beyrouth, se gare sur le bas-côté [...] Quelques jours plus tard, au même endroit, une vingtaine de reporters sont serrés les uns contre les autres. Autour d’eux, de jeunes garçons de la banlieue sud s’agitent. Ils viennent en groupe regarder leurs quartiers se faire détruire... La chronique de Sabyl Ghoussoub.

La dernière impératrice d’Iran Farah Pahlavi à « L’OLJ » : La disparition de Khamenei ne suffira pas à mettre fin au régime

Exilée depuis la révolution islamique de 1979, la veuve du dernier chah s’exprime longuement, en exclusivité pour L’Orient‑Le Jour. Figure emblématique du faste de la couronne jugée répressive, elle plaide aujourd’hui pour une transition pacifique et démocratique, dans ce Téhéran qu’elle espère encore revoir. Propos recueillis par Karl Richa.

Pour ces chefs libanais, la cuisine est aussi un acte de résistance culturelle dans un Liban en guerre

Pour eux, la cuisine est une activité professionnelle, mais aussi une passion pour laquelle ils ont investi de l’énergie, du temps, de l’argent et beaucoup d’amour. Dans le contexte particulièrement lourd et compliqué qui sévit au Liban, leur vocation prend une autre dimension, se fait message. Plusieurs chefs libanais se sont confiés à Carla Henoud.

Abou Ali, le boucher qui ne veut pas quitter la banlieue sud de Beyrouth

Abou Ali n'est pas né dans la banlieue sud. Il n’y a pas grandi. Non, son entêtement ne doit rien à l’amour des pierres. Mais beaucoup à sa foi dans le groupe. Ici, on fait passer la communauté avant l’individu. On prend soin les uns des autres. La mentalité du Sud, « comme s’il y était ». Alors, il préfère protéger son « âme » en y restant. La chronique de Stéphanie Khouri.

À Beyrouth, deux expositions interrogent sur ce que les images font au temps et à la guerre

Dans la capitale, deux propositions artistiques réunissant Fouad Elkoury, avec « Le Cerf-Volant », et Rania Stephan, avec « Isn’t It About Time ». Ils explorent la photographie comme espace de mémoire, entre Gaza et Beyrouth, dans un présent traversé par la violence. Jim Quilty vous en parle.

La poésie comme abri, un soir à Beyrouth

Un soir à Mar Mikhaël, un bar devient lieu de confidences. Avec ou sans préparation, inconnus et habitués se succèdent au micro, partagent textes et silences, et collectent des dons pour des familles déplacées. Rayanne Tawil s'y est rendue.
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