Le président du Parlement libanais, Nabih Berry, lors d'une séance législative, le 9 mars 2026. Photo Parlement libanais
Le président du Parlement libanais, Nabih Berry, a insisté lundi sur le maintien des modalités du cessez-le-feu de novembre 2024 pour un retour au calme entre le Hezbollah et l'armée israélienne, y compris sur le recours au « Mécanisme », le comité de surveillance de la trêve établi alors, comme cadre de négociation. M. Berry, allié du Hezbollah mais qui a été pris de court par l'entrée du parti-milice dans le conflit régional, a tenu ces propos à l'issue d'une réunion avec l'ambassadeur de France au Liban, Hervé Magro. Il s'est également entretenu avec le représentant de Washington, Michel Issa, dans le cadre d'un ballet de rencontres diplomatiques à Aïn el-Tiné.
Après son entretien avec M. Magro, Nabih Berry a salué « les efforts et les initiatives déployés par la France et son président Emmanuel Macron pour mettre fin à la guerre israélienne contre le Liban et permettre le retour des déplacés dans leurs villages. » Alors que certains médias avaient fait état au cours du week-end d'une initiative française, qui inclurait une normalisation des relations du Liban avec Israël, pour ouvrir la voie à un cessez-le-feu, Paris avait démenti mener une initiative diplomatique. À sa sortie de Aïn el-Tiné, l'ambassadeur français a évoqué « des idées » de la France, plutôt qu'une initiative en tant que telle. Paris « poursuit (ses) efforts et (son) travail pour résoudre la question » du conflit en cours, a-t-il déclaré.
Nabih Berry a en outre souligné « l’importance de s’en tenir au respect de l’accord de novembre 2024 », qui avait mis fin à 13 mois de guerre entre le Hezbollah et Israël, dont deux mois d'offensive élargie. Malgré ce texte, Israël a poursuivi ses violations quinze mois durant et frappé quotidiennement le Liban-Sud, faisant plus de 400 morts malgré la trêve, continuant d'occuper au moins cinq positions dans le Sud. Tel-Aviv accusait en outre le Hezbollah de ne pas respecter l'accord en gardant une présence armée au sud du Litani. Le chef du Législatif a martelé que le « Mécanisme » devait rester le « cadre pratique et de négociation » pour la mise en oeuvre de l'accord de cessez-le-feu. Ce comité, comprenant des représentants des armées libanaise et israélienne, de l'ONU et des militaires américain et français, avait élargi le champ de ses discussions en novembre 2025, en incluant des représentants civils.
Nabih Berry avait majoritairement négocié, au nom du Hezbollah, avec Washington en 2024, pour parvenir à la trêve entrée en vigueur le 27 novembre. Un statut d'interlocuteur unique qu'il semble toutefois avoir perdu cette fois-ci, alors qu'il n'y a plus de vacance de l'exécutif au Liban, qui n'avait en 2024 ni président ni gouvernement en exercice. Le président Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam sont en outre considérés comme des partenaires plus fiables pour la communauté internationale. Dos au mur, M. Berry s'est mobilisé ces derniers jours en menant des contacts tous azimuts et semble se montrer flexible par rapport aux différentes propositions évoquées dernièrement pour mettre un terme à la guerre, à l'instar d'un déploiement de l'armée libanaise dans la banlieue sud de Beyrouth.


Berry en est resté à l'accord de cessez-le-feu. Sur quelle planète vit-il? Il me semble qu'il est en retard d'une guerre. Cet accord qui n'a jamais été respecté, ni d'un côté, ni de l'autre e, est évidemment devenu caduc. Israël avait continué à occuper des positions au Sud-Liban, mais le Hezbollah aussi, comme il l'a récemment montré.
07 h 46, le 17 mars 2026