Un membre de la Défense civile libanaise inspecte un bâtiment endommagé après une frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth, le 9 mars 2026. Photo Stringer / Reuters

Comme en période de deuil, chacun écoute ce qui lui fait du bien. Un collègue carbure à la techno, le casque rivé aux oreilles. La rythme l’aide à tenir. Une autre connaît désormais les chansons de Julia Boutros par cœur, à force de les chanter à tue-tête dans sa voiture, la vitre baissée pour que l’on sache bien ce qu’elle en pense, de la guerre. Il y a, bien sûr, ceux qui s’en retournent à la mère de tous les Libanais, Feyrouz, comme chaque fois qu’ils ont le cœur brisé, priant avec elle pour « le retour des années passées ». D’autres encore préfèrent à tout cela le violon de Max Richter, car de toute façon « il n’y a plus de mots, plus rien à dire. »
Comme la musique, la lecture nous accompagne pendant cette période. Elle nous permet de rester informés, même de loin, mais nous aide aussi à nous évader, et peut même nous redonner un peu le sourire dans ces moments difficiles. Des chroniques, des bonnes nouvelles, des reportages, des repères… Ce week-end, notre sélection porte encore, évidemment, les traces de la guerre. Mais pas seulement.
Bonne lecture !


Sous le fracas des bombes, la fragile obstination de la scène artistique au Liban

Au Liban, à chaque nouvelle flambée de violence, une même interrogation ressurgit : comment continuer à créer dans un pays au bord du gouffre ? Où puiser la force, le souffle et l’énergie pour continuer à imaginer, à inventer, à produire quand tout s’effondre autour de soi ? Des artistes se confient à Zéna Zalzal.

La vie tranquille de Joseph Aoun au pied de l’ambassade américaine au Liban

Il n’a pas peur, se présente comme un habitué du jeu politique, et jure qu’il ne quittera sa résidence pour rien au monde. Lui, c’est Joseph Aoun. Pas le président de la République, l’autre. Retraité, ancien chef de chantier dans la construction. Installé depuis le milieu des années 1980 à Aoukar, au pied de l’ambassade américaine, Joseph Aoun est la mémoire vivante de son quartier. Stéphanie Khouri l'a rencontré.

« Tout mais pas Beyrouth » : chronique illustrée d’une expatriation libanaise mouvementée

Il aurait aimé qu’elle paraisse dans un autre contexte. Mais au Liban, l’histoire n’attend jamais longtemps. Ancien attaché pour le livre et le débat d’idées à l’Institut français du Liban, Mathieu Diez raconte les quatre années qu’il a passées dans un pays secoué par des crises successives, dans un album préfacé par Rima Abdul-Malak, directrice du groupe L’Orient-Le Jour. Julien Ricour-Brasseur vous en parle.

Avant que les bombes tombent à Dahié, Tamer dessinait

Chronique intime du quotidien, « nos petites guerres » raconte les difficultés, les échappatoires et les petites choses qui continuent d’exister au Liban en temps de guerre. Dans cet épisode, l'écrivain Sabyl Ghoussoub nous plonge dans l'avant, et l'après aussi, d'un avis d'évacuation inédit qui a vidé la banlieue sud de Beyrouth et jeté des centaines de milliers de personnes hors de chez eux.

Vous voulez aider ? Voici 20 organisations qui œuvrent auprès des déplacés au Liban

Il est commun de se sentir impuissants face à une situation telle que le Liban traverse en ce moment. Face à l’ampleur des déplacements à travers le pays, un vaste réseau d’initiatives locales, d’organisations humanitaires, de groupes communautaires se mobilise pour tenter de faciliter - dans la mesure du possible - leur quotidien. En voici une liste non exhaustive, dressée par Ghadir Hamadi.

Andrew Loutfi, le jeune patron discret qui réinvente le « fast good » libanais à Paris

Dans son petit restaurant du 8e arrondissement de Paris, Andrew Loutfi a longtemps été un fantôme. Ici, personne – ou presque – ne savait que ce jeune homme était en réalité le fondateur, le chef, le gestionnaire et l’âme de « Thyme on Time », qui a rapidement conquis le quartier. Anne Ilcinkas l'a rencontré.

« Et toi, comment ça va ? » : la bande dessinée politique de Standjofski et Berberian face à la violence du monde

C’est une BD à quatre mains que publie Casterman. Deux de ces mains sont celles de Michèle Standjofski, les deux autres appartiennent à Charles Berberian. Salons du livre, festivals, concerts dessinés, amitiés nouées au fil du temps : leurs trajectoires se sont souvent croisées. Mais aujourd’hui, c’est bien ensemble qu'ils ont pensé leur projet. Propos recueillis par Nanette Ziadé-Ritter.
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Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine