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Moyen-Orient - frappes contre l'iran

Riyad avertit Téhéran qu’une poursuite des attaques pourrait entraîner des représailles

Cette escalade menace de faire voler en éclats le rapprochement diplomatique engagé ces dernières années entre l’Iran et ses voisins du Golfe.

Riyad avertit Téhéran qu’une poursuite des attaques pourrait entraîner des représailles

L’ambassadeur d’Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, s’exprime lors d’un entretien avec l’AFP à l’ambassade d’Iran à Riyad, le 5 mars 2026. Photo Fayez Nureldine / AFP

L’Arabie saoudite a averti l’Iran que, bien qu’elle privilégie une solution diplomatique au conflit opposant Téhéran aux États-Unis, la poursuite des attaques contre le royaume et son secteur énergétique pourrait la contraindre à riposter, ont indiqué à Reuters quatre sources proches du dossier. Le message aurait été transmis avant un discours prononcé samedi par le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a présenté des excuses aux États du Golfe pour les frappes iraniennes ayant touché des cibles civiles dans la région, dans ce qui semble être une tentative d’apaiser les tensions. Deux jours plus tôt, le ministre saoudien des Affaires étrangères, Fayçal ben Farhane, s’était entretenu avec son homologue iranien Abbas Araghchi, exposant clairement la position de Riyad, selon ces sources.

L’Arabie saoudite se dit ouverte à toute médiation visant à désamorcer l’escalade et parvenir à un règlement négocié, tout en soulignant que ni elle ni les autres États du Golfe n’avaient autorisé les États-Unis à utiliser leur territoire ou leur espace aérien pour lancer des frappes contre l’Iran. Mais Riyad a également averti que si les attaques iraniennes se poursuivaient contre le territoire saoudien ou ses infrastructures énergétiques, le royaume pourrait autoriser les forces américaines à utiliser leurs bases pour des opérations militaires et répondre directement à toute nouvelle attaque contre ses installations stratégiques.

Selon ces sources, l’Arabie saoudite est restée en contact régulier avec Téhéran par l’intermédiaire de son ambassadeur depuis le début de la campagne militaire menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février, après l’échec des négociations sur le programme nucléaire iranien.

Frappes de drones et de missiles contre les États du Golfe

Au cours de la semaine écoulée, les Émirats arabes unis, le Koweït, le Qatar, Bahreïn et l’Arabie saoudite ont été visés par des attaques de drones et de missiles attribuées à l’Iran. Le guide suprême iranien Ali Khamenei a été tué le premier jour de la guerre. En représailles, Téhéran a frappé Israël ainsi que des États arabes du Golfe accueillant des bases militaires américaines, tandis qu’Israël a intensifié ses attaques contre le Hezbollah au Liban.

Dans une interview samedi, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a affirmé être en contact permanent avec son homologue saoudien, ajoutant que Riyad lui avait assuré qu’il ne permettrait pas que son territoire, ses eaux ou son espace aérien soient utilisés pour des attaques contre l’Iran. Le président iranien Massoud Pezeshkian a de son côté déclaré que le conseil intérimaire dirigeant l’Iran avait approuvé la suspension des attaques contre les pays voisins, sauf si une attaque contre l’Iran provenait de leur territoire. « Je présente personnellement mes excuses aux pays voisins affectés par les actions de l’Iran », a-t-il déclaré.

Tensions et divisions possibles au sein du pouvoir iranien

Malgré ces propos conciliants, des frappes visant les États du Golfe ont encore été signalées samedi, laissant planer le doute sur un véritable changement de stratégie. Dans un signe de possible division au sein de la direction iranienne, le quartier général central Khatam al-Anbiya, qui coordonne les forces armées iraniennes, a affirmé que les bases et intérêts américains et israéliens dans la région resteraient des cibles. Dans un communiqué, le commandement a assuré que l’Iran respectait la souveraineté des États voisins, tout en avertissant que les bases et installations militaires américaines et israéliennes dans la région seraient considérées comme des cibles prioritaires et pourraient faire l’objet de frappes « puissantes et massives ».

De son côté, le président américain Donald Trump a affirmé sur les réseaux sociaux que l’Iran avait « présenté ses excuses et capitulé devant ses voisins du Moyen-Orient », promettant de ne plus les viser, selon lui en raison des frappes « incessantes » menées par les États-Unis et Israël. Des sources iraniennes ont confirmé l’existence d’un échange entre Riyad et Téhéran : l’Arabie saoudite y aurait exigé l’arrêt des attaques contre le royaume et les États du Golfe, tandis que l’Iran aurait réaffirmé que ses frappes visaient les intérêts et bases militaires américains présents dans ces pays, et non ces États eux-mêmes. Téhéran aurait également demandé la fermeture des bases américaines dans la région et l’arrêt du partage de renseignements avec Washington par certains pays du Golfe.

Certaines voix au sein de l’appareil militaire iranien plaideraient toutefois pour la poursuite des frappes, accusant les États-Unis d’utiliser les bases et l’espace aérien des pays du Golfe pour mener des opérations contre l’Iran. Cette escalade menace de faire voler en éclats le rapprochement diplomatique engagé ces dernières années entre l’Iran et ses voisins du Golfe, notamment l’Arabie saoudite, mis à mal par la vague de frappes de drones et de missiles lancée par les Gardiens de la révolution au cours de la semaine écoulée.

Cette information est une traduction de l'agence Reuters.

L’Arabie saoudite a averti l’Iran que, bien qu’elle privilégie une solution diplomatique au conflit opposant Téhéran aux États-Unis, la poursuite des attaques contre le royaume et son secteur énergétique pourrait la contraindre à riposter, ont indiqué à Reuters quatre sources proches du dossier. Le message aurait été transmis avant un discours prononcé samedi par le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a présenté des excuses aux États du Golfe pour les frappes iraniennes ayant touché des cibles civiles dans la région, dans ce qui semble être une tentative d’apaiser les tensions. Deux jours plus tôt, le ministre saoudien des Affaires étrangères, Fayçal ben Farhane, s’était entretenu avec son homologue iranien Abbas Araghchi, exposant clairement la position de Riyad, selon ces sources.L’Arabie...
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