Sir Bryn Terfel, au centre, lors de « Gianni Schicchi », à l’auditorium Emile Bustani dimanche 1er mars. Photo Joya Simon
Opéra en un acte, Gianni Schicchi constitue le troisième volet du Il Trittico, triptyque de Puccini qui comprend également Il Tabarro et Suor Angelica.
Gianni Schicchi est un personnage historique cité dans le 30e chant de l’Enfer de Dante. Florence, au beau matin d’avril, est ici présentée grisante, portée par le chant enthousiaste de Moufarrej et par la convoitise presque sensuelle des héritiers. On a chanté, presque dansé, ce commentaire gourmand et cérémonieux, du travestissement de Schicchi aux chevets d’une belle accouchée.
Cette qualité voluptueuse, ce goût du jeu – malgré une version donnée en opéra-concert, avec une scénographie soignée – ont permis de savourer le jeu des mimes autant que la richesse du livret. Le texte est savoureux ; la musique est céleste. Réussir une telle intensité sans véritable mise en scène ni décors relève de la prouesse.
Douceur grisante que le chef Gianluca Marcianò a su rendre compatible avec l’animation dramatique. Le grand baryton-basse Bryn Terfel, certes, n’a plus vingt ans, mais son autorité, son abattage et son ton à la fois matois et menaçant demeurent uniques. Quel acteur, quel chanteur ! On se souvient de lui dans le rôle de Wotan, dans la Tétralogie de Wagner, ou encore dans celui de Scarpia dans Tosca.

Laura Fortino s’est révélée absolument délicieuse dans l’aria O mio babbino caro, presque une prière suspendue. Autour d’elle, des comparses impeccables : Bella Amaryan, Sanlin Wang, Maria Zapata, Gianpiero delle Grazie, Alessandro Abis, Gabriel Alonso, Forooz Razavi et, bien sûr, Fady Jeanbart.
Toujours enthousiaste, l’Orchestre des Jeunes de Yerevan a offert une excellente qualité de son.
La représentation - placée sous le patronage de l’Ambassade d’Italie à Beyrouth, en collaboration avec l’Institut culturel italien, le British Council au Liban et l’Ambassade d’Espagne - eu lieu dimanche soir, quelques heures à peine avant la nouvelle escalade des tensions au Liban, conférant à cette soirée lyrique une résonance particulière.
Le prochain rendez-vous du Festival al-Bustan doit se tenir vendredi, sans que la direction n’ait encore confirmé son maintien, dans l’attente de l’évolution de la situation.


Bahreïn soutient Joseph Aoun et rejette toute ingérence étrangère au Liban