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Nos lecteurs ont la parole

Le réalisme magique dans la littérature

Qu’est-ce que le réalisme magique ? Citons plusieurs de ses auteurs : Miguel Engel Asturias, le Carlos Fuentes, Julio Cortázar, le colombien Gabriel Garcia Marquez. Plusieurs auteurs dont Isabel Allende, Salim Barakat dans Les seigneurs de la nuit, Louis Borges, Mikhaïl Boulgakov, Faulkner, Günter Gras, Orhan Pamuck, Salman Rushdie et bien d’autres.

L’expression de « réalisme magique » donnée par le critique allemand Frank Roh pour rendre compte en peinture d’éléments perçus, dans la banalité des choses, dans le réalisme, comme « surnaturels », « fantastiques », qui « sortent » de l’ordinaire. Le réalisme magique serait une façon de poétiser le monde réaliste, de sortir de l’ordonnancement naturaliste des choses et y ajouter de la magie. Dans le réalisme magique, la magie opérerait de façon « naturelle ». Le réalisme magique existe depuis longtemps dans la peinture, comme chez De Chirico et dans la littérature comme chez Rabelais, Voltaire, Vladimir Nabokov voire Dante, Faust, Don Quichotte. Nous pensons à La métamorphose de Kafka, Les enfants de minuit et les Versets sataniques de Salman Rushdie. Les caractéristiques du mouvement du réalisme magique. C’est comme s’il y avait une introduction du « paranormal » dans la normalité

Et pourquoi le terme « réalisme magique » ? Cette expression ne serait-elle pas oxymorique ? Prenons l’exemple du livre Les seigneurs de la nuit. C’est un roman de Salim Barakat qui se déroule dans un village kurde en Syrie, mêlant réalisme et mythe pour montrer la vie intense et absurde, notamment celle de Bayas, un enfant monstrueux qui vit toute une vie en une journée, suivi par d’autres personnes tout aussi extraordinaires. Le livre abolit le temps fusionnant passé, futur et aujourd’hui, dépeint l’histoire la vie kurde avec une écriture puissante et onirique où la nature et les événements surnaturels sont des acteurs à part entière. Réalisme magique et absurde : le roman utilise des éléments fantastiques (un enfant qui grandit en une seule journée) pour explorer la réalité ou le politique. L’auteur emploie un style puissant avec des mots et des associations inattendues créant une atmosphère de cauchemar et de merveilleux.

Quant au réalisme magique libanais, il est une expression qui décrit la manière dont les romanciers et artistes libanais intègrent des éléments surnaturels dans des récits ancrés dans la réalité quotidienne. Ce genre permet de peindre l’histoire des identités libanaises, en particulier celles des minorités. Des événements surnaturels, somme toute « magiques », sont intégrés comme allant de soi sans aucune justification car il y va de soi que ces éléments surnaturels sont intégrés sans justification comme s’ils font partie de la scène. Le genre permet aux minorités de s’exprimer par des récits marginalisés et qui rompent avec les récits officiels. Le récit peint les événements passés comme faisant partie du présent. Le réalisme magique au Liban traduit une réalité où l’absurde, le tragique et le miraculeux coexistent chacun pour narrer les identités nationales et suivre les traumas successifs de la société et de la politique libanaises où il défie la rationalité mêlant poésie et épouvante.

La survie est irrationnelle et spectaculaire pour le Liban dans sa résilience, où les éléments du réalisme magique sont les suivants : une survie irrationnelle, « le Liban tient bon malgré des prédictions de disparition », un phénomène perçu comme « réalisme magique » où la survie tient du chaos et du miracle. Les thèmes en sont les superstitions les rituels, les mémoires de guerre, l’identité ou le quotidien revisités sous un angle poétique. Des auteurs explorent la réalité à travers des contes philosophiques et des récits picaresques mêlant démons du communautarisme et poésie au quotidien. Nous parlons par exemple des récits de Rami Zeyn et les écrits d’Alexandra Chreiteh. Le réalisme magique au Liban n’est pas seulement une imitation du modèle latino-américain, mais une réponse spécifique à une réalité où l’incroyable fait partie du quotidien.

Ne voit-on pas que le pays est un lieu de démesure et de contradictions où la superstition jongle avec le quotidien ?


Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Qu’est-ce que le réalisme magique ? Citons plusieurs de ses auteurs : Miguel Engel Asturias, le Carlos Fuentes, Julio Cortázar, le colombien Gabriel Garcia Marquez. Plusieurs auteurs dont Isabel Allende, Salim Barakat dans Les seigneurs de la nuit, Louis Borges, Mikhaïl Boulgakov, Faulkner, Günter Gras, Orhan Pamuck, Salman Rushdie et bien d’autres.L’expression de « réalisme magique » donnée par le critique allemand Frank Roh pour rendre compte en peinture d’éléments perçus, dans la banalité des choses, dans le réalisme, comme « surnaturels », « fantastiques », qui « sortent » de l’ordinaire. Le réalisme magique serait une façon de poétiser le monde réaliste, de sortir de l’ordonnancement naturaliste des choses et y ajouter de la magie. Dans le réalisme...
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