De la fumée blanche s'échappe après une frappe israélienne sur la Békaa, le 20 février 2026. Photo relayée par notre correspondante dans la région, Sarah Abdallah.
Des frappes israéliennes sur la Békaa et le camp de Aïn el-Heloué ont fait plus de 12 morts au Liban vendredi. Dans la région de Baalbeck, l'on compte parmi les personnes tuées un commandant du Hezbollah, Hussein Mohammad Yaghi, fils d'un fondateur du parti. L'armée israélienne a dit avoir visé dans cette région des « quartiers généraux » du Hezbollah, tandis que certains médias israéliens, dont le Maariv, évoquent des tirs menés depuis des navires.
Dans la soirée, l’aviation israélienne s’est déchaînée sur la Békaa en menant six frappes en quelques minutes : trois sur la région de Chaara et trois sur Bednayel, Temnine et un bâtiment sur la route de Rayak-Baalbeck, selon notre correspondante dans la région, Sarah Abdallah.
Ces bombardements ont fait, selon le ministère de la Santé, 10 morts et 24 blessés, parmi lesquels trois enfants. De lourds dégâts ont été constatés sur les sites des frappes, où sont mobilisées des équipes de la défense civile à la recherche de survivants. L’armée israélienne a pour sa part dit avoir visé des « quartiers généraux » du Hezbollah.
Parmi les victimes, Hussein Yaghi, fils de l’ancien responsable du Hezbollah, Mohammad Hassan Yaghi, a été tué dans les frappes. Mohammad Hassan Yaghi, connu sous le nom de « Abou Salim », était l'un des fondateurs du Hezbollah en 1982 et l'assistant exécutif de Hassan Nasrallah, l’ancien chef du Hezbollah, tué en septembre 2024. « Abou Salim » avait également siégé au Parlement libanais. Ali Zeid Moussaoui, membre du Hezbollah, a également été tué dans les frappes, selon les informations de notre correspondante.
Selon le média israélien Maariv, les frappes sur la région de Baalbeck ont été menées avec des missiles mer-sol, de manière à démontrer que « l'armée israélienne est capable de frapper dans tout le Moyen-Orient et pas seulement avec son bras stratégique qu'est l'armée de l'air. » Un message clair, alors que les tensions sont toujours plus vives entre d'un côté l'Iran, parrain du Hezbollah, et de l'autre les États-Unis et Israël.
« Éléments » du Hamas
Plus tôt dans la journée, c'était le camp de Aïn el-Héloué qui était pris pour cible par l'aviation israélienne, dans une frappe de drone qui a fait deux morts. Un drone a frappé un bâtiment du camp en plein après-midi dans le quartier de Hittine, près de Darb el-Sim, selon notre correspondant au Liban-Sud. La maison ciblée était auparavant un bureau de la force conjointe de sécurité palestinienne — chargée d’assurer la sécurité et la stabilité dans le camp de Aïn el-Héloué — dans le quartier de Hittine. Le lieu est activement fréquenté par le Hamas, avec en plus la présence du Jihad islamique et d’autres organisations.
Les trois frappes ont tué au moins deux personnes, un bilan confirmé plus tard par le ministère de la Santé. L’armée israélienne a revendiqué la frappe, affirmant avoir attaqué un « poste de commandement où se trouvaient des éléments » du Hamas à Aïn el-Héloué, dans un message publié sur la plateforme X par son ex-porte-parole arabophone, Avichay Adraee. Le Hamas et le Fateh ont tous les deux condamné, dans des communiqués distincts, la frappe, qui a eu lieu une heure avant l’iftar, en plein début de ramadan.
« Nous appelons à l’unité et à la solidarité dans les camps palestiniens au Liban pour contrecarrer les plans de l’occupant », a déclaré Riyad Abou el-Aïnain, secrétaire général de l’antenne locale du Fateh. « Où sont les garants de l’accord de cessez-le-feu ? Où est la communauté internationale ? Pourquoi reste-t-elle silencieuse ? », a pour sa part interrogé Abdallah el-Danan, un responsable du Front populaire pour la libération de la Palestine au Liban (FPLP), devant notre correspondant dans le Sud, Mountasser Abdallah. Le Hamas a dévoilé le nom des deux tués, Bilal Dib al-Khatib et Mohammad Tarek al-Saoui.
La dernière frappe israélienne contre le plus grand camp de réfugiés palestiniens date du 18 novembre dernier. Elle avait tué 13 jeunes de 16 et 17 ans.
Avant ces deux attaques, un autre drone de l’armée israélienne avait tiré deux missiles à l’aube sur une carrière de roche à la périphérie de Markaba (caza de Marjeyoun), provoquant des dégâts matériels. Un autre engin volant de l’armée israélienne avait largué une grenade assourdissante aux abords de Houla, dans le même caza. À l’est du village, un char Merkava s’est avancé jusqu’au secteur de Dawawir, où il a pris position. Les soldats israéliens ont également ouvert le feu à la mitrailleuse en direction de Yaroun (caza de Bint Jbeil).
Malgré le cessez-le-feu, Israël continue de mener des frappes quasi quotidiennes, notamment au Liban-Sud et dans la Békaa. Parallèlement, l’armée libanaise poursuit son plan visant à désarmer les milices, principalement le Hezbollah.



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00 h 07, le 22 février 2026