La façade de la Banque du Liban le 22 août 2025. Photo d'archives P.H.B/L'Orient-Le Jour
La Banque du Liban (BDL) a appelé mercredi les banques opérant au Liban à ne pas refuser l’ouverture de comptes de campagne électorale aux candidats aux prochaines élections législatives. La seule exception concerne les cas justifiés par les exigences en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, précise l’annonce de la BDL.
Cette mesure vise à faciliter les procédures électorales à l’approche de la date limite de dépôt des candidatures. Elle n’est toutefois pas juridiquement contraignante, ce qui signifie que les banques ne sont pas tenues de s’y conformer – et que certaines pourraient choisir de ne pas le faire – selon des sources proches du dossier.
Une source au sein d’une banque libanaise, qui s’est exprimée auprès de L’Orient-Le Jour sous couvert d’anonymat, affirme que son établissement refuse d’ouvrir ce type de comptes depuis 2021. « L’ouverture de comptes pour des responsables politiques et des personnes politiquement exposées (PEP) expose les banques à des risques importants », explique-t-elle. Ceux-ci incluent notamment des risques liés au blanchiment d’argent – en particulier dans un contexte d’économie de cash – ainsi qu’une exposition à des personnes visées par des sanctions internationales. Ces risques sont accentués en période électorale, ajoute la source, lorsque l’origine des fonds est souvent difficile à établir. « On ne sait pas qui déposera l’argent, si le candidat agira par l’intermédiaire de tiers ou si le compte sera géré par procuration. »
Dans ce contexte, la banque a adopté une politique de refus systématique de toute nouvelle ouverture de comptes liés aux campagnes électorales. Les comptes existants détenus par des responsables politiques, en revanche, resteront ouverts.
Un autre banquier interrogé sous le couvert de l’anonymat affirme, lui, que son établissement n’a jamais interrompu l’ouverture de ces comptes. « Nous les acceptons, mais cela prend plus de temps en raison des procédures de “due diligence” », a-t-elle précisé. Ces contrôles de conformité supplémentaires visent à garantir la légitimité des fonds, d’autant que le secret bancaire est levé pour les comptes de campagne électorale. Les candidats ou personnes faisant l’objet de sanctions internationales sont en revanche « catégoriquement refusés », ajoute le banquier. Il précise que « selon la pratique en vigueur, ces comptes doivent être clôturés une fois la campagne électorale terminée ». Si les prochaines élections venaient à être reportées – un scénario qui demeure incertain –, le compte resterait actif jusqu’à ce qu’une nouvelle date soit fixée, avant d’être fermé. D’ici là, tout transfert entrant ferait l’objet d’un suivi et d’une traçabilité étroits, a précisé la source.
Le Liban a été inscrit sur la « liste grise » du Groupe d’action financière (GAFI) en octobre 2024 en raison de lacunes en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.



oh qu'ils sont droles les tetes pensantes de la BdL ! "La seule exception concerne les cas justifiés par les exigences en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, précise l’annonce de la BDL."" parcequ'e ds un pays tel que le Liban il est facile/ non desole- il est POSSIBLE de tracer l'origine de l'argent de qui que ce soit !
10 h 25, le 21 février 2026