Plus d’un mois a passé, mais sur le fond, rien n’a changé : il n’y a toujours aucune « bonne option » pour résoudre la question iranienne. Pas d’opération chirurgicale susceptible de changer la donne, pas de « scénario vénézuélien », pas d’accord diplomatique incluant toutes les composantes du problème et pas de changement de régime à moindre coût. Officiellement, les négociations se poursuivent. Mais elles donnent le sentiment de servir à gagner du temps pour les deux parties plutôt que d’aboutir à un véritable accord. Le fossé est trop grand… à moins que cet accord ne concerne uniquement le dossier nucléaire.
Sur ce point, tant Washington que Téhéran montrent une forme de flexibilité. Le premier en acceptant que l’Iran ne renonce pas complètement à son droit d’enrichir de l’uranium ; le second en comprenant qu’il ne pourrait plus le faire comme avant, même dans un cadre très limité. Les frappes militaires américaines en juin dernier sur les sites de Fordow, Natanz et Ispahan ont rebattu les cartes, même si l’Iran dispose encore de 400 kilogrammes d’uranium enrichi.
À court et moyen terme, la République islamique n’a plus aucune chance de devenir une puissance nucléaire. Même Ali Khamenei semble finir par le comprendre, ce qui facilite forcément les négociations à ce sujet.
Sortir de la crise par un accord solide sur le nucléaire semble ainsi être l’option la plus raisonnable. Non seulement c’est la plus réaliste, mais c’est aussi celle qui est plébiscitée par une majorité de pays de la région – Turquie, Qatar et dans une moindre mesure Arabie saoudite.
Ce serait toutefois une très mauvaise nouvelle, pour les Iraniens et pour le Moyen-Orient. Cela renforcerait le régime sans rien obtenir de concret en échange, puisque la question nucléaire est déjà quasiment réglée. Cela lui permettrait, surtout en cas de levée des sanctions, de se refaire une santé, de renforcer son programme balistique et son soutien aux milices étrangères. Ce serait ainsi une bouée de sauvetage inespérée pour un régime qui vient de massacrer sa propre population.
Pour des questions internes, pour préserver la face et pour satisfaire ses partenaires régionaux, Donald Trump pourrait-il se contenter d’un tel accord ? Le président américain continue de privilégier l’option diplomatique et donne l’impression d’être pris à son propre piège : la présence de l’armada au large des côtes iraniennes ne suffit pas à faire plier le régime et ne permet pas non plus de mener une opération efficace et limitée comme il les aime.
Mais, dans le même temps, si un second porte-avions, le USS Gerald Ford, est en route pour le Golfe, ce n’est probablement pas pour obtenir un accord limité au nucléaire. Dans le même sens, si Donald Trump a passé trois heures avec Benjamin Netanyahu la semaine dernière, ce n’est certainement pas pour discuter des contours d’un tel accord. La presse américaine évoque déjà deux scénarios : soit une opération militaire américaine de plusieurs semaines ; soit une opération israélienne soutenue par les États-Unis.
Il est évident que le chaos généralisé ou la guerre régionale demeurent la pire des options. Il l’est tout autant que les objectifs doivent demeurer réalistes (milices et missiles) et qu’aucun scénario ne permettra de libérer la population iranienne d’un régime particulièrement résilient, malgré son extrême fragilité, par le biais de frappes aériennes. Mais entre un « regime change » à l’irakienne et un mauvais accord qui renforcerait le régime, il y a un monde de possibilités.


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21 h 22, le 17 février 2026